• Une boutique qui met l'art amérindien en valeur

    Le Nouvelliste

    Une boutique qui met l'art amérindien en valeurL'ébéniste Luc Laramée vient d'ouvrir une boutique café... (Photo: François Gervais)

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    L'ébéniste Luc Laramée vient d'ouvrir une boutique café à Saint-Séverin-de-Prouxville qui met l'art amérindien en vedette.

    Louise Plante Photo: François Gervais

     

     

    (Saint-Séverin-de-Prouxville) Les résidents de Saint-Séverin-de-Prouxville peuvent maintenant compter sur un nouveau café boutique ou boutique café, selon le point de vue, pour discuter et relaxer.

    Lors du passage du Nouvelliste, Luc Laramée, le propriétaire de la nouvelle boutique-café «Forêt d'avirons», était très affecté par le contenu de l'actualité. Lui qui met l'art amérindien en valeur, celui de ses amis montagnais de Mashteuiatsh, n'en revenait pas de découvrir les conditions de vie dramatiques de la communauté amérindienne d'Attawapiskat.

    Il faut dire que l'ébéniste bien connu de la région a vécu, enfant, dans la communauté montagnaise avec qui il est toujours resté en contact, ce qui lui a permis de développer une sensibilité envers les valeurs autochtones. Une sensibilité qui ne l'a jamais quitté

    C'est d'ailleurs un peu pour partager ces valeurs qu'il a décidé d'ouvrir une boutique café en plein coeur du village de Saint-Séverin, le dernier endroit où on s'attend à trouver ce genre de commerce.

    Bien et bellement installé dans ce qui fut autrefois le magasin général Prosper Jacob (qu'il achève de rénover), l'artiste y présente ses avirons de bois, conçus à partir d'une ancestrale technique amérindienne, de même qu'un bel assortiment d'art autochtone (bijoux, objets, fourrures) qui feront se pâmer de plaisir les touristes de passage, ainsi que les amateurs de belles choses. Sur un écran plat accroché sur le mur de pierre, on peut aussi lire des informations sur plusieurs communautés autochtones du Québec et du Canada.

    «Les gens, même les Québécois connaissent très peu les nations amérindiennes qui vivent autour. Ici, ils vont trouver de l'information. Je pense d'ailleurs ajouter de l'art atikamekw, une nation qui vit près de nous en Mauricie. J'espère ainsi contribuer à rapprocher les nations. Les Amérindiens cherchent à conserver leurs traditions comme les Québécois veulent conserver leur langue. Ils devraient se comprendre.» 

    Et pour être certain que les visiteurs prennent bien le temps d'admirer les objets de la boutique, Luc Laramé leur a préparé un petit café enrobé d'une ambiance dont il a le secret. Belles boiseries, fauteuils de cuir, viennoiseries et macarons, excellent café, feu de bois.

    «C'est une boutique, mais c'est aussi un café. Personne n'est obligé d'acheter quoi que ce soit», insiste-il. D'ailleurs, l'ébéniste achève de rénover une grande salle qu'il pourra louer pour des réunions d'affaires ou des fêtes

    Mais cela dit, les gens de Saint-Séverin se font un peu tirer l'oreille, et ne passent pas facilement sa porte, sans doute un peu impressionnés par l'aspect feutré de l'endroit très différent de l'autre petit café aménagé dans l'épicerie du village où on se rencontre pour placoter de tout et de rien.

    «C'est un commerce particulier comme on n'en trouve pas partout», commente le maire Michel Champagne, très fier de cette nouvelle acquisition pour sa municipalité.

    Il est vrai que Saint-Séverin a fait d'une pierre trois coups en encourageant M. Laramée à s'installer au coeur du village, juste en face de l'église. Ce faisant, il gagnait une maison rénovée (elle en avait grand besoin) un commerce unique et un nouveau lieu de rencontre.

    «Quand je parle de ce commerce, j'en parle surtout comme une boutique d'art amérindien, poursuit M. Champagne. Accessoirement, c'est aussi un café, mais qui s'adresse à une clientèle particulière. Son créneau, c'est l'art amérindien. Il met beaucoup d'efforts là-dessus. Mais c'est brillant d'avoir ce beau petit café que les gens de la place vont sans doute finir par adopter même si c'est une ambiance «plus exotique» que ce qu'on s'attend à trouver dans un village. Je pense qu'il va réussir, c'est un beau créneau. Il n'a rien copié, c'est unique et il faut y faire attention. On est content à Saint-Séverin», de conclure le maire Champagne.

    Quant à Luc Laramée, il reste confiant de charmer ses voisins. «Je suis patient», laisse-t-il tomber avec une placidité tout amérindienne

     

     

     

     

     


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