• Rendez vous des coureurs des bois - 5 et 6 juillet 2008

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    Le 5 et 6 juillet 2008

    Le 19 juin 2008, la conférence de presse nous dévoilait la programmation complète de la neuvième édition du rendez-vous des coureurs des bois dans le secteur de Pointe du Lac. Les animations de cette année, étaient donc axées sur la thématique " les habits traditionnels de la Nouvelle-France "

     

     Karine Perreault, coordinatrice de cet événement, insuffle son énergie à tous, afin que ces journées se passent au mieux pour tous les intervenants.



    L’événement offre une multitude d’activités qui permettent d’apprendre sur l’histoire des coureurs des bois à l’époque de la Nouvelle-France de façon interactive.  

    Pendant ces deux journées se sont déroulés, des reconstitutions historiques, des échanges de fourrures entre les français et les sauvages (terme de l’époque), des démonstrations militaires du XIII siècle, des contes, légendes, ateliers de bricolage pour enfants et plusieurs autres activités pour tous les groupes d’âge… 

    La veille du 5 juillet, des groupes scolaires se sont succédés dans le parc à la recherche du passé. Ce sont les meilleurs professeurs qu’ils puissent trouver, des passionnés d’histoire, ils se retrouvent plongés dans l’atmosphère et l’ambiance de l’époque, " mieux " que sur les bancs de l’école, ils parcourent les ateliers, et découvrent les mœurs et coutumes de leurs ancêtres



     QUESTIONS A GILLES ROBERGE
    UN DES INTERVENANTS AUTOCHTONES

     

    gilles (mohawk-mi'k maq)

    Patricia : Qu’as tu pensé des groupes avec lesquels tu travailles ?

    Gilles : Les groupes avec lesquels nous travaillons sont constitués de personnes passionnées par l’histoire. Elles racontent notre passé, car quelque part, ce que nous avons appris à l’école n’est pas vraiment la vérité. 

    Là, nous montrons les échanges qui se faisaient à l’époque, les discordes qui existaient entre les premières nations et les blancs, les réconciliations après les différents traités établis… 

    Il faut bien voir aussi qu’il faut être passionné d’histoire pour faire ce que l’on fait. Tout le monde ne la connaît pas et il faut mettre le nez dans les livres comme on dit, se documenter. Cette façon de narrer est beaucoup plus ludique et intéressante, que lorsqu’on l’apprend à l’école, les vérités sortent. 

    Tant bien que mal, on essaye de se retrouver pendant les mois d’été, car il y a une demande pour les reconstitutions, beaucoup de personnes veulent savoir ce qui s’est vraiment passé.  

    Et " nous, nous sommes une gagne de chums, on a bien du fun ensemble ", nous nous rencontrons toutes les années à Pointe du lac, fort ….., terre bonne, le bas de Québec, dans des places avec des châteaux, où il y avait des seigneurs. Nous choisissons où nous voulons nous déplacer pour faire revivre l’histoire. 

    Patricia : Qu’as tu pensé des groupes scolaires ?

    Gilles : à l’école, les professeurs donnent les infos et c’est un atout pour nous de leur faire connaître les premières nations, de leur faire découvrir ce qu’il apprendront certainement plus tard, l’histoire canadienne. C’est la génération montante, et quand tu ne sais pas d’où tu viens, tu ne sais pas où tu t’en vas ! ! Ce qui est bien c’est que l’on peut s’exprimer à notre façon avec notre langage, sans déroger à l’histoire, si l’on dit qu’à l’époque un sauvage est un sauvage et non un autochtone, c’est une bonne chose, c’est un apprentissage pour les enfants qui est intéressant.

    Patricia : Changes-tu ta façon de parler suivant l’âge des enfants ?

    Gilles : Pas nécessairement, on leur parle comme à des enfants, cela ne sert à rien de sortir des mots compliqués. Il faut bien leur faire comprendre les choses, comme par exemple " tomahawk " qui est en réalité un casse-tête car anglicisé. Bien évidemment , il y a des choses qui faut dire et d’autres à ne pas dire à des enfants. On peut parler des riguilias que portaient les sauvages, ainsi que les armées françaises et britanniques, ce sont les uniformes. Pour les sauvages c’était plutôt du cuir, sinon du " matériel " pour les autres, des habits d’époque. Quand les blancs sont arrivés en terre d’Amérique, ils ont apportés également le fer, et on a commencé à le travailler, en faire des couteaux, des haches.. C’est comme un poste de traite, on échangeait des peaux pour avoir des chaudrons, des fusils, de la poudre… c’est l’évolution du temps.

    Patricia : Arrives-tu à passer le message pour les générations futures ?

    Gilles : Le message a passer n’est pas si compliqué, comme je disais, si tu ne sais pas d’où tu viens, tu ne sais pas où tu vas ! Que les 1ères nations se prennent en main, c’est une chose, et ce sont des personnes comme nous qui transmettons l’éducation et la parole. Il faut que tout le monde travaille la main dans la main, il y a eu des ceintures de wampum faites dans les années 1600 – 1700, il faut les continuer, respecter les traités et ce n’est pas toujours le cas. Les 1ères nations qui se battent aujourd’hui pour avoir un coin de territoire, c’est une chose qu’il faut prendre en considération, les gouvernements nous on attribué des territoires de plus en plus restreints, une façon polie de nous inciter à nous intégrer à la population blanche. Je n’ai rien contre, j’ai été élevé parmi elle, sauf que quelque part, les territoires qui nous ont été donnés à l’époque devraient nous être rendus en l’état, histoire de respecter les traités signés, et de là à continuer à ignorer des populations en les laissant de côté, je pense que ce n’est pas la meilleure chose. Les gouvernements doivent se prendre en main, et nous considérer comme une population, un peuple, une nation à part entière. Nous devons nous entraider, et ne pas tirer chacun la couverture, sinon nous n’arriverons à rien de positif.

    Patricia : Les enfants sont-ils intéressés par ce que tu racontes ? 

    Gilles : Les enfants sont intéressés, mais cela dépend des groupes d’âges. Des jeunes un peu après le niveau maternel, sont plus ou moins attentifs et le fait de voir, de toucher les objet que l’on possède les rend plus conscients. Un enfant dans le fond, c’est l’innocence, et il va à la découverte de l’histoire, il est plus touché lorsqu’il vient des classes de 5 et 6ème. L’histoire autochtone et du Canada est apprise au secondaire, donc quelques élèves écoutent, mais pas tous. 

    Patricia : Qu’est ce qui est le plus intéressant pour toi, de t’adresser à des enfants ou des adultes ?

    Gilles : Les enfants, c’est plaisant car ils sont attentifs, plus attentifs à partir de la 5ème année. En dessous ce sont des jeunes qui bougent, ils posent des questions, parfois il faut que tu lises entre les lignes, et il reste quand même qu’un enfant est plus intelligent que l’on pense. 

    Les adultes sont intéressants, bien que parfois certains posent des questions beaucoup moins subtiles que celles des enfants. Il y en a qui vont tourner autour du sujet au lieu d’aller directement au but, et ils arrêtent quand ils voient qu’ils n’obtiennent qu’une même réponse. D’autres pensent que tu ne connais pas ta culture et il faut presque deviner les questions qu’ils vont poser. Tu dois pouvoir argumenter en aillant suffisamment de connaissances, tu ne peux pas répondre n’importe quoi. Quand ils viennent en te demandant de quelle tribu tu es, là il faut bien expliquer que ce terme n’existe pas, c’est une " nation ". Quand les blancs sont arrivés en terre d’Amérique, ils parlaient de " tribu " et de " réserve ". Nous ne sommes pas dans des réserves mais une communauté, et là nous avons du souci à leur faire comprendre que nous ne sommes pas des loups, des coyotes….. Vous dites la communauté latino, haïtienne, noire, donc nous sommes, nous aussi une communauté….autochtone. Le mot " réserve " devrait être banni complètement, je n’ai jamais été capable de l’accepter, je n’ai pas l’air d’un animal, je suis un humain au même titre que tout le monde, j’ai du sang comme les autres et quand je me pince, je crie.

     Patricia : Quelle pourrait être ta conclusion ?

    Gilles : En fait, je tiens à remercier Patricia qui est venue passer un mois avec nous, cela a été pour elle, je pense une bonne expérience de voir comment vivaient ses ancêtres qui sont probablement venus au Canada. Cela fait plaisir, elle a rencontré des personnes, tout c’est bien passé, et j’espère que dans deux ans ce sera à notre tour de venir en Europe.

     Patricia : Bon, et bien moi, ma conclusion sera la suivante : et bien oui, j’ai passé de grands moments, c’était une merveilleuse expérience et je veux que le projet d’un voyage " retour " en Europe dans deux ans pour parler de leur culture, aboutisse.
     

     Les coureurs des bois :

    En NOUVELLE-FRANCE, les coureurs de bois sont des commerçants de fourrures itinérants non autorisés appelés " wood-runners " par les Anglais de la baie d'Hudson et " bush-lopers " par les Anglais et Hollandais d'Albany (New York). Peu de colons français s'aventurent à l'ouest de la rivière des Outaouais avant le milieu des années 1660, au moment où la chute soudaine du prix du castor, l'arrivée de quelque 3000 engagés et soldats et la paix avec les Iroquois, rendent de telles expéditions nécessaires et réalisables.

    Dès 1680, et en dépit des interdictions lancées à la fois par l'Église et les autorités coloniales, quelque 500 coureurs de bois fréquentent déjà la région du lac Supérieur dans le but de devancer les intermédiaires autochtones. Par conséquent, le nombre d'Amérindiens qui livrent leurs fourrures à Montréal et à Trois-Rivières diminue, ce qui force les marchands de la colonie à engager des coureurs de bois afin de permettre la poursuite des affaires.

    Afin de contrôler cet exode saisonnier vers l'arrière-pays, les autorités finissent par octroyer des permis, créant une classe de VOYAGEURS professionnels " respectables ", généralement attachés à des postes particuliers de l'intérieur. Mais les commerçants illégaux demeurent, devenant les principaux porteurs du nom " coureurs de bois " quand la Nouvelle-Orléans devient un nouveau centre de traite des fourrures au XVIIIe siècle. Les coureurs de bois autonomes ont joué un rôle important dans l'exploration européenne du continent et dans l'établissement de liens commerciaux avec les Amérindiens.

    Auteur TOM WIEN (encyclopédie canadienne)

    Petits faits historiques

    Poste de traite Radisson
    Beau-frère de Desgroseilliers, on les considère tous les deux, comme les découvreurs de la baie d’Hudson. Suite à la saisie de leurs peaux de castor par des fonctionnaires et après le recours en justice infructueux, ils décident de partir pour la nouvelle Angleterre. Ils forment une société en 1670 que l’on connaît depuis sous le nom de Hudson’s Bay Compagny. HBC est donc le plus ancien détaillant de marchandises générales diversifiées au Canada.

    Place Antoine Gauthier
    Le coureur des bois s’est fait ordonner par les américains de les conduire à 3 rivières pour prendre d’assaut les français. Antoine Gauthier a envoyé sa femme prévenir la milice de 3 rivières pendant que lui embarquait les américains sur des détours. Ces derniers furent donc victimes d’une embuscade qui se déroula dans la fameuse côte des deux fesses (côte Plouffe)

    Fort des 3 rivières
    Comme le 1er fort érigé par Laviolette en 1634 tomba en ruine, une nouvelle palissade de bois fut construite par Pierre Boucher au milieu du 17ème siècle. Elle avait pour but de protéger la ville des iroquois qui l’appelaient la Table. Le fort s’étendait de la rue St Pierre au fleuve et du platon au ravin situé en face du couvent des ursulines

    Champ de mars
    C’est l’endroit où s’entraîne les miliciens pour les manœuvres militaires. Ce lieu est habituellement situé près d’une chapelle ou d’une église comme c’est le cas ici et bien évidemment près d’une auberge, afin que les hommes puissent prendre des rafraîchissement après l’entraînement.

    Auberge Jeanne Enard
    Cette dame était la belle-mère de Pierre Boucher, gouverneur de 3 rivières. Elle fut accusée de trafic d’eau de vie avec les amérindiens et de tenir une maison de débauche dans son auberge située au Cap de la Madeleine. Sa fonction obligeant Pierre Boucher à la juger, il préféra donner sa démission et partit pour Boucherville.

    Place de Tonnancour
    Godefroy de Tonnancour fut seigneur de Pointe du Lac. Propriétaire du moulin de Tonnancour et colonel de milice en 1775. Il chercha a vaincre la volonté de neutralité des habitants de 3 rivières, et tenta d’établir un village pour indiens errants.


     1er poste de traite

    Arrivée des coureurs des bois et des sauvages en canoë.



     Pour une communication plus claire, il était très fréquent d’utiliser un " truchement ". Le truchement n’était ni plus ni moins qu’un traducteur des divers langages, donc ici, amérindiens et français. Il n’était pas rare que le Truchement prenne une commission sur le commerce des fourrures. Si on partait sur 5 fourrures, il demandait aux sauvages 6 fourrures, il s’en gardait une qu’il revendait plus tard aux français.

    En ce moment le chef amérindien discute avec son truchement afin de remettre ce que l’on appelle des wampums.

    Le wampum est un collier ou ceinture amérindienne faite pour afficher l’alliance avec une nation, on pourrait l’apparenter à une carte de visite, ou si vous préférez une sorte de passeport. Plus on en remet, et plus le lien que l’on veut créer avec les seigneurs est important. Ici, on va voir si l’on est apprécié par nos chefs amérindiens suivant la quantité de wampums qu’on voudra bien nous offrir. Habituellement cela va de deux à quatre. Et lors de la cérémonie de la grande paix en 1701, les chefs Mohawk remettront jusqu’à 8 wampums et 6 seront remis par le gouvernement français aux chefs Mohawk.

    Une cérémonie de ce type pouvait s’étendre sur plusieurs jours, normalement le chef amérindien donnait le wampum, le chef français prenait le temps de réfléchir puis leur répondait. Cela pouvait s’étendre sur 1 ou 2 journée selon les demandes.

    Les amérindiens voudront obtenir beaucoup des français, mais essayeront de faire de même avec les anglais. Ils resteront du côté des plus offrants pour les prochaines batailles.

    Suite à cet échange qui s’est avéré concluant, les deux nations, française et amérindienne, devraient faire une petite cérémonie d’échange de wampum et d’alliance pour affilier leur nouvelle entente. Nous allons procéder par un feu de joie pour la célébrer.

     Nous allons laisser la parole à Mr Michel Veillette représentant de la ville de 3 rivières


     

    " Je vous remercie de votre présence, c’était apprécié. J’ai appris une chose aujourd’hui c’est que le capitalisme existe depuis longtemps. Merci beaucoup et bonne journée. Demain aussi, d’autres activités seront au programme, entres autres, la messe de Mr le curé. Je vous remercie chaleureusement ? c’est grâce à des gens comme vous que nous avons le courage de continuer à faire grossir ce festival. Merci "

     2ème poste de traite

    Vous allez assister comme si vous y étiez à un échange, à un poste de traite, entre sauvages (terme de l’époque) et français. Tous les intervenants sont passionnés d’histoire. Aucun d’eux n’est acteur de théâtre, et à part une trame de départ et quelques bases pour l’évolution de ce jeu de rôles, il n’y a que de l’improvisation. C’est un petit chef d’œuvre ; certains des personnages comme le lieutenant va aller de surprise en surprise, car il ne sait pas ce que lui ont concocté les sauvages.

    Et sans plus attendre, plongeons nous en 1750

    Les personnages

    Le lieutenant : Mathieu LALONDE
    Truchement : Claude MARTIN
    Laclé : André CHARTIER 
    La captive : France MARTIN

    Les sauvages
    : Gilles ROBERGE (Algonquin - mik'maq), Jacques BLOUIN (mik'maq), Rita VALIERE (abenakis), Larry BELANGER (malecite), Serge GRENIER (algonquin)

    Le lieutenant : Faites place aux soldats de sa majesté !
    Soldats halte !
    Soldats à droite !
    Reposez vous sur le fusil !

     
     Truchement : Lieutenant, ils sont près et vous accueillent dans leur demeure pour la traite.

     Le lieutenant : Quel est cette argenterie et ces pacotilles ?

     Truchement : Mon lieutenant , je les ai offert en signe de gage et de fraternité

     

    Le lieutenant : Fort bien ! Ma chaise, où est ma chaise ?

    Ha ! madame vous serez aux premières loges.

    Je suis le chevalier De JOBERT, lieutenant au régiment de Béarn, gentilhomme à la cour de Navarre.

    Messieurs je vous salue.

    Pouvons nous commencer cette traite ?

    Truchement : C’est bon Monsieur le Lieutenant ils sont prêts 

    Le lieutenant : Allons y !

    Voici, chers frères, en conformité avec les arrangements pris hier, les diverses marchandises que nous vous apportons aujourd’hui.
    Nous vous avons amené les commodités habituelles qui sauront agrémenter et améliorer votre quotidien.
    Voici, cruchons en céramique, porcelaines de Sainte Ange, assiettes, cuillères, bols pour apprêter et consommer votre nourriture, ainsi que du thé d’Orient que vous pourrez boire à votre aise comme breuvage.

    Prenez ceci ! En échange, je vous demanderai toutes vos peaux de castor, je vois que vous en avez fort peu.

    Est ce que ces termes vous satisfont ?

    Truchement : Monsieur, ils demandent pour le castor : le thé, une couverte et une hache

    Le lieutenant : Et bien écoutez, je ne puis me permettre de faire " du sur pièce", ni du " sur demande ".

    Nous allons échanger, si je puis me proposer de la sorte, espèce par espèce, marchandise par marchandise, cela vous convient-il ?

    Truchement, vient ici !

    Truchement : Monsieur

    Le lieutenant : Pour le thé et la céramique, je vous demande les castors. Acceptez vous ces conditions ?

    Truchement : Monsieur le lieutenant, le grand chef ne veut pas faire espèce par espèce, mais peaux et fourrures contre plusieurs marchandises.

    Le lieutenant : Fort bien ! Donc voici ce dont nous aurons besoin.

    Laclé, identifie moi tout ce qui est peau de castor, loutre, ours.

    Ours qui servira pour nos couches, le castor pour les chapeaux, s’il y a des hermines pour les manteaux de sa majesté, même chose.

    Messieurs avez vous de la loutre ?

    Laclé : Non Monsieur

    Trois peaux de castor

    Le lieutenant : Combien d’ours ?
    Laclé, Est ce que ce sont des peaux de qualité, à votre avis ?

    Laclé : Oui, ce sont de belles peaux, Monsieur, ce sont même de fort belles peaux.
    Combien ?
    3 peaux
    D’accord, 3 peaux d’ours pour 3 couvertures !

    Le lieutenant : Truchement, truchement ! 3 peaux d’ours pour 3 couvertures ?

    Truchement : Monsieur le lieutenant, ici nous avons une peau de femelle ours qui vaut beaucoup plus cher que les autres peaux de mâle d’ours. Il faut au moins 3 fusils pour la peau de femelle.

    Le lieutenant : Toi et Lajeunesse je sais que ton fusil t’es très cher, soldat Labrosse amène moi ton fusil je te prie, tu en recevras un nouveau des magasins du Roi à notre retour aux 3 rivières.

    Nous aurons vraiment besoin de ces peaux pour le prochain hiver. Les campagnes sont très rudes et nos officiers en ont continuellement besoin.

    Puisque Monsieur veut fonctionner par lot, je lui soumet dans ce cas, le castor contre tout ce qui est de métal.

    Truchement : Monsieur le lieutenant, l’échange pour le chaudron et la bassine contre les peaux de castor. Cela convient-il ?

     Le lieutenant : oui

    Laclé, que pouvons nous obtenir en échange des couvertures que nous avons apportés, je ne veux point les rapporter.

    Voici la partie de mon travail que je n’apprécie vraiment pas.
    Monsieur que me vaut cette surprise ?

    Truchement : Monsieur, il a été trouvé dans les bois une dame française

    Le lieutenant : Trouvée dans les bois et attachés comme des animaux ! ! ! ! C’est une honte.

    Truchement : il dit qu’il peut la ramener dans les bois et s’en occuper

    Le lieutenant : hors de question

    Les enfants : aidez là ! aidez là ! elle est comme une mère pour nous

    Le lieutenant : pourquoi nous ramenez vous ces captives ? puis je vous compenser ?

    Truchement : Que vous reste t-il Monsieur le lieutenant pour ces captives ?

    Le lieutenant : Et bien, ceci est inadmissible, il faudra ce qu’il faudra. Si Monsieur veut prouver sa gloire, ce sera par des objets et non par des humains. C’est scandaleux ! Voici des pièces, j’offre de l’argenterie. Je veux les 3 pour ceci. Avec ceci, Monsieur pourra aller à Montreal, aux divers comptoirs et fortifications, il aura gîte, il pourra payer tout ce qu’il veut. Et il ne repartira point avec ces 3 femmes.

    La captive (en pleure) : Monsieur le marquiiiiiiiiiisss ! ! ! ! ! ! ! j’étais allée cueillir des fraises pour vooouuuuuuusssss et ils m’ont prissssssss.

    Truchement : il dit qu’il donne les enfants et garde la femme

    La captive : Monsieur faites pas çàààààààà

    Le lieutenant : allons, allons petite. Cela conviendrait-il à Monsieur, un excellent fusil français ? ok pour les enfants, les enfants venez ! ! ! Puis je vous proposer mon rosecol en signe de reconnaissance pour votre grande valeur de guerrier ?

    La captive : Monsieur le marquiiiiiiissssss

    Le lieutenant : un instant ! Madame pourriez vous, vous occuper de ces petites ? adoptez les, je vous prie. Seriez vous apte à le faire ?

    La dame : En ma qualité de seigneuresse de la baronnie de Port Neuf et au nom de sa majesté notre bon roi Louis XIV. C’est un honneur pour moi de recueillir ses enfants et de les prendre à mon service. Venez mes enfants.

    Truchement : Monsieur le lieutenant, le sauvage voudrait marier la française

    La captive : nonnnnnnnnnnnn, nnoooooooooonnnnnn, Monssssiiiiieeeeeurrrrr,

    Le lieutenant : Lequel serait prêt à faire ceci ? De quel nation êtes vous Monsieur ?

    Truchement : Monsieur, il est de la nation des Algonquins

    Le lieutenant : AAAHHHH ! Algonquin, si ceci puis apaiser nos amis pour sceller cette entente, soit ! ! ! Je suis prêt à faire cette concession malgré le désir de Madame de retourner chez elle.

    La captive : nnnnoooooooooonnnnnnnn, ne faites pas çà, monsieur
    le marqquuuuuuuuiiiiisssssssssss ! ! ! ! ! !

    je vous ai toujours servi moi, Monssssssssiieeuuuuuuurrrrrrrr

    Le lieutenant : Moi ? ? ? ? mais vous ne m’avez jamais servi, je ne sais même pas qui vous êtes ?

    La captive : Je peux vous servir toute ma vie, monsieur, si vous me sauvez !

    Le lieutenant : Madame, je n’ai malheureusement rien à ajouter, ni à renchérir. Je crois qu’en attendant, ceci serait des plus " accommodant " dois je, heu ….

    Truchement : Monsieur, pour prouver votre loyauté envers nos amis, pour leur signifier votre bonne volonté, il voudrait avoir votre grand couteau et votre vareuse.


    Le lieutenant : mais il existe des soldats morts pour cela ! ! ! En échange de ceci et par souci de loyauté, je voudrais cependant les peaux de renard et de loup. Cela vous convient il ?

    La captive : moi, monsieur et moi ? ? ? ? ? ?

    Truchement : Monsieur le lieutenant, ils veulent un cadeau pour leur prouver votre bonne volonté.

    Le lieutenant : Et bien les cadeaux ont déjà été faits ! hier nous avons conclu une paix, non ? ? ?

    Truchement : Mon lieutenant, il dit que c’est moi qui leur ait donné les cadeaux, pour ouvrir la traite, mais pas vous.

    Le lieutenant : Mais ce sont mes cadeaux tout de même

    Truchement : non, il dit que vous n’avez rien prouvé

    Le lieutenant : Et bien, soit ! Voici mon épée, elle m’a été donnée par mon père, ceci dit, voici mon jute au corps que vous pourrez arborer et porter fièrement, j’espère qu’avec pareil artifice vous ne les retournerez jamais point contre des français

     

     La captive : Monsieur le marquis, monsieur mon lieutenant….

    Le lieutenant : Ho ! Emportez là ! Cela apaise-t-il vos demandes, soulage-t-il vos exigences

    Truchement : cela va très bien monsieur

    Le lieutenant : Puis apporter du moins ces peaux ?

    Truchement : Il semble y avoir une mésentente.

    Le lieutenant : Puisqu’il faut traiter avec les diverses nations, qu’il en soit ainsi. Nous avons toute la journée.

    Truchement : Monsieur le lieutenant

    Le lieutenant : oui, truchement, oui.

    Truchement : Votre pot d’eau de vie semble pouvoir les intéresser énormément, monsieur.

    Le lieutenant : Qui a apporté çà ? ? ?

    Lajeunesse : C’est le milicien Martin, C’est un soldat de Montreal je pense, c’est pour çà

    Truchement : Ils veulent traiter l’eau de vie contre la peau de loup

    Le lieutenant : La peau de loup n’a pas été donnée contre le juste au corps et l’épée ? ?

    Truchement : non, c’est un cadeau, monsieur.

    Le lieutenant : Et bien, toutes les peaux de loup, toutes les peaux de renard et toutes les peaux de coyote, si coyote il y a ! vous aurez le peu d’eau de vie que j’ai.

    Truchement : seulement la peau de loup

    Le lieutenant : Dois je comprendre...
    un instant ??

    monsieur le marquis de Montcalm s’est clairement opposé, et je suis prêt aujourd’hui à vous offrir cette concession, mais n’abusez point de ma patience. C’est la dernière ration et rasade d’eau de vie que je puis vous donner, c’est tout.

    Truchement : la peau de loup

    La captive : Et, moi ? ? ? ?

    Le lieutenant : Et bien, messieurs, être frigorifié l’hiver prochain, ne point bénéficier de ces pelleteries, que de devoir me soumettre à pareil exigence de votre part.

    La captive : pis moi ? ? ?

    Le lieutenant : Et bien, justement

    Truchement : Monsieur, ils vont aller discuter et prendre une décision.

    Le lieutenant : Et bien qu’ils discutent, nous avons toute la journée.

    La captive : Pis moi, monsieur

    Le lieutenant : C’est la française ! !

    Truchement : Monsieur le lieutenant, il ramène tout si vous ne leur laissez pas l’eau de vie.

    Le lieutenant : Ce sera l’eau de vie contre toutes les pelleteries mentionnées. Laclé, combien cela totalise t-il en terme de peaux ? ?Et qu’est ce que ceci, cette petite bestiole rousse, un renard ? Messieurs je m’estime très généreux dans mes offres. Avons nous une entente ? Truchement, avons nous une entente ? Je m’impatiente. J’ai perdu mon épée aujourd’hui je vous le rappelle.

     La plume instruite : Une épée vous pouvez vous en payer une autre

    Le lieutenant : Madame, c’est ce que vous croyez, nous sommes au fin fond des bois, il faudrait retourner à Paris encore, çà coûte une véritable fortune. Je suis bien gentilhomme, mais je ne suis point riche.

    Truchement : Monsieur le lieutenant, ce sera le même discours

    Le lieutenant : Et bien, se sera refusé. Lajeunesse, l’eau de vie, Ramassez, Messieurs je devrais vous saluer.

    Truchement : un instant, monsieur.

    Le lieutenant : Ramassez, allez, ramassez

    Truchement : Monsieur le lieutenant, l’eau de vie : la peau et la fille du chef

    Le lieutenant : la peau seulement ?

    Truchement : çà va monsieur le lieutenant ? le loup, la fille du chef que vous pourriez utiliser à votre service.

    Le lieutenant : D’accord je suis prêt à oublier renards et coyotes si cela puis satisfaire messieurs. Qu’on amène la fille du chef, qu’on l’amène vous l’avez attachée comme un animal.

    Sauvage : fille du chef


    Le lieutenant : Ahhh ! ! ! ! la fille du chef, çà se complique, çà se complique vraiment. Laclé, avec ta sagesse qu’est ce que l’on fait ? ? ? ?

    Truchement : Mon lieutenant, il dit qu’elle est très bonne tailleuse.. de pipe

    Le lieutenant : Et bien moi qui ne fume pas le tabac, refusez pareille offre serait un affront. Votre fille chez madame. Madame !

    La dame : oui, monsieur

    Le lieutenant : Madame, seriez vous prêtes à accueillir, une dame de chef ?

    La dame : la dame sait elle faire la lessive à l’européenne et parler français ?

    Le captive : Moi, oui, moi, oui…

    Le lieutenant : Madame, nous devrons vous compenser forcément pour cette chose

    La dame : Si ces messieurs acceptent de me donner la jeune dame qui est attachée à la tente je veux bien prendre la jeune sauvage à mon service.

    Truchement : on me fait comprendre monsieur le lieutenant qu’il ne veut pas remettre la française, elle est meilleure tailleuse de pipe, apparemment


    Le lieutenant : Et bien, j’accepterai, madame, avec nous. (soupir) Laclé, as tu un peu d’espace à la maison ? Il y a toujours ce banc sur le côté quand on rentre chez vous. D’accord nous prendrons soin de madame. Nous prendrons cependant la peau ici présente, cette immense peau de loup. Ajoutez là aux bagages, Emportez également ceci, remettez les dans les sacs. Nous allons repartir avec. Cela vous convient-il messieurs ?

    Truchement : Cela va très bien, monsieur le lieutenant. Nous aurons la remise du wampum à la fin

    Le lieutenant : Fort bien, pouvons nous procéder maintenant ?

    La captive : Non, vous pouvez pas procéder, pis moi ? ?

    Truchement : monsieur le lieutenant, c’est un wampum qui signifie un traité de paix avec les français, puisqu’ils ont cessé de faire la paix avec les hollandais.

    Le lieutenant : Fort bien, j’accepte, je vous remercie, monsieur. Je vous remercie, messieurs de vouloir continuer de faire commerce avec nous, cela me témoigne votre affection pour nous français.

    Truchement : Nous vous remettons le papier qui signifie que le traité est scellé et que l’entente est conclue.

    Le lieutenant : Merci, soldats : vive " le roi ", vive " le roi ", vive " le roi "…

    La captive : Mort pour le roi !


     Les transactions conclues, il est de coutume de fumer la pipe.

    Gilles : Ce que vous venez de voir, raconte le troc entre les premières nations et les français ou britanniques….Comme vous avez pu le voir, nous avons amené des prisonnières. C’est ce qui se passait à l’époque.Il arrivait souvent que des nations travaillent en partenariat. J’appartiens à la nation Algonquine et Mik’maq, mais il nous arrivait de travailler avec les anglais ou les français, on trichait soit d’un côté, soit de l’autre, pour obtenir satisfaction et essayer d’obtenir par, exemple, des fusils. Dans ce commerce d’échange, les militaires souhaitaient acquérir prioritairement les fourrures. Il existait des ententes signées entre les populations blanches et celles des premières nations.

    Maintenant, voici les explications de Mathieu pour le côté français

    Mathieu : Les français n’étaient pas très nombreux, l’alliance avec les nations amérindiennes assuraient une bonne entente, et une maîtrise sur les territoires. Pour y parvenir, il convenait d’importer des objets d’Europe pour les nations jusque dans les territoires très reculés, on parle même du Manitoba et du Mississipi. On allait très loin à la rencontre de toutes ces nations afin de tenter de les rallier à nous en les " achetant ". Ceux que vous avez vu aujourd’hui, sont ceux que l’on aurait troqué, de l’argenterie pour les chefs, des marmites de fonte…. Les amérindiens n’avaient pas de métal, il ne l’avaient pas encore découvert, tout comme les fusils que les français espéraient voir utilisés contre les anglais.

     Voilà c’était l’atelier de trocs

    Ces deux reconstitutions historiques vous ont été offertes par les compagnons de la Nouvelle France
     

    UN PEU D'ACTION





     


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     REPORTAGE DE   

     

     

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