• Premières Nations : « On peut appeler ça un génocide culturel », reconnaît Couillard

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    Premières Nations : « On peut appeler ça un génocide culturel », reconnaît Couillard

    Mise à jour le jeudi 4 juin 2015 à 11 h 54 HAE
     
    Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
    Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
     

    Contrairement au premier ministre canadien, le premier ministre du Québec n'hésite pas à reconnaître que les Premières Nations ont été victimes d'un génocide culturel, comme l'a conclu la Commission de vérité et réconciliation dans son rapport final déposé mardi.

    « On peut appeler ça un génocide culturel, certainement », a-t-il admis jeudi, en spécifiant qu'il ne fallait pas assimiler cette situation aux « génocides physiques » qui ont eu lieu à l'encontre d'autres peuples du monde. « Mais ça ne diminue pas la gravité de ces années-là. »

    « Il faut le reconnaître, qu'il y a eu certainement une tentative organisée, à une certaine époque malheureuse, d'effacer l'identité, la culture et même la langue des communautés des Premières Nations dans notre pays. Il faut avoir la maturité de dire ça. » — Philippe Couillard, premier ministre du Québec

    Enchaînant sur l'aspect « réconciliation » des relations avec les Premières Nations, le premier ministre a soutenu que le Québec a une « contribution importante » à offrir tant aux Premières Nations qu'aux autres provinces canadiennes.

    « On a quand même quelques succès qu'il faut souligner à notre actif : l'entente sur la Baie-James a profondément changé la relation entre l'État et les Premières Nations, en sortant littéralement les Premières Nations de la Loi sur les Indiens, en abordant la question sous un angle totalement différent », a notamment mentionné M. Couillard, en évoquant aussi les efforts en matière de gouvernance régionale commune et l'approche collective négociée avec les Innus.

    « Les Indiens, c'est une loi fédérale »

    Le premier ministre est demeuré prudent lorsqu'il a été invité à commenter la réaction du gouvernement fédéral au rapport de la Commission. « Il me semble qu'il y aurait lieu d'avoir une mobilisation de l'ensemble du pays sur cette question un peu plus forte que ce qu'on a vu jusqu'à maintenant », s'est-il contenté de dire aux journalistes qui le pressaient de questions à ce sujet.

    « Je pense qu'il faut reprendre toute cette relation entre les gouvernements et les Premières Nations. Il y a une élection fédérale qui s'en vient. Les Indiens, c'est une loi fédérale », avait-il dit précédemment. « Le gouvernement fédéral se gouvernera comme il le souhaite. [...] Moi, je me borne à parler de moi, de notre situation au Québec », a-t-il ajouté, en disant croire qu'une « bonne majorité des Québécois et des Québécoises » partagent son analyse de la situation.

    D'ici là, Philippe Couillard anticipe que la question autochtone rebondira lors de la prochaine rencontre qu'il aura avec ses homologues provinciaux. « Il y aura, au Conseil de la fédération, des discussions spécifiques avec les peuples des Premières Nations. Je suis certain qu'ils vont vouloir aborder cette question-là avec les premiers ministres des provinces et territoires. »

    « Il m'apparaît nécessaire qu'il y ait une prise de conscience à travers le pays de cette question. Il faut aborder cette question de façon très franche et très ouverte. C'est une réalité qui est peu connue, méconnue, et souvent, quand les choses ne sont pas très jolies, on n'aime pas les montrer, mais parfois, il faut montrer ces choses-là pour aller plus loin. » — Philippe Couillard, premier ministre du Québec

    Le rapport de la Commission de vérité et réconciliation a été accueilli pour le moins sobrement à Ottawa. Le premier ministre Stephen Harper n'a pas endossé publiquement le terme « génocide culturel » utilisé par la Commission, et par la juge en chef de la Cour suprême, Berveley McLachlin, la semaine dernière. Il a préféré parler d'« assimilation forcée ».

    Son ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, est demeuré impassible lorsque le président de la Commission, le juge Murray Sinclair, a appuyé l'idée de lancer une enquête nationale sur la disparition et l'assassinat de centaines de femmes autochtones, ce que refuse de faire le gouvernement Harper. Alors que l'assistance s'est levée pour applaudir M. Sinclair à tout rompre, M. Valcourt est resté assis, les mains jointes.

    Des conditions à améliorer dans les réserves du Québec

    Malgré ces « éléments de réponse qui sont en place » au Québec, le premier ministre Couillard admet que tout n'est pas réglé pour autant au Québec. « Les conditions sociales et les conditions de vie dans certaines des fameuses réserves ne sont pas à la hauteur d'un pays, de la prospérité ou de la taille et de la richesse du Canada, du Québec, a-t-il reconnu. Je pense qu'il a y a lieu d'aller plus loin. »

    Il est cependant demeuré avare de détails sur ces améliorations. « Il y a des gestes ponctuels qui sont de notre ressort constitutionnel », s'est-il contenté de dire à ce sujet. Il a souligné qu'il répète avec « beaucoup de force et de conviction » que le développement espéré du Plan Nord ne saurait se produire « sans que les peuples des Premières Nations y participent et en bénéficient également ».

    Son ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, n'a pas été plus précis. « Il faut travailler avec les Premières Nations pour construire les instances, comme la Commission scolaire crie, comme les autres instances que nous avons réussies dans le passé, pour forger une relation moderne avec les Premières Nations au Québec », a-t-il fait valoir.

    M. Kelley a invité les Québécois à lire la Loi sur les Indiens, qui a instauré au 19e siècle un « genre de tutelle qui contrôle mal les affaires dans les Premières Nations ».

    Parmi les 94 recommandations de la Commission, le premier ministre Couillard dit retenir plus particulièrement celle qui porte sur l'éducation. « C'est la nécessité que nos enfants, dans nos écoles, connaissent cette partie de notre histoire, notamment la réalité des peuples autochtones, leur contribution à l'édification du pays, et les événements malheureux, et parfois plus heureux, qui se sont produits. »

     

     

    « Il faut que nos enfants soient conscients qu'il y a d'abord une participation très importante et constructive des peuples des Premières Nations à l'édification du pays. Que certains épisodes malheureux se sont produits, et que maintenant, ça nous permet de regarder l'avenir avec beaucoup plus de sagesse, je crois. » — Philippe Couillard, premier ministre du Québec

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