• POW WOW ORNANS le 26 et 27 juin 2010 - Danse avec la Loue

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     affiche 2010 Ornans

    En Europe, "DANSE AVEC LA LOUE"  est le seul et unique POW WOW, rassemblant de vrais Natifs amérindiens.

    Rivière de la Loue

    TOUTE LA VILLE ETAIT AUX COULEURS NATIVES
    Peintures des vitrines : Sandrine TANGUAY DANIS DECORATION



    Après le succès retentissant du premier pow wow organisé en 2008 à Ornans avec le concours de l’association « Four Winds », manifestation unique en Europe, La tribu Calumet ne pouvait manquer d’être présente, à la seconde édition.

    Nous n’avons pas été déçus. Un programme riche en évènements nous a occupé tout le week-end des 26 et 27 juin. Au menu : conférences diverses et variées avec différents intervenants de qualité, toujours très instructif et souvent riche en émotions, artisanat, cérémonies magnifiques avec les Aztèques, et bien sûr les pow wow avec 16 nations représentées, un festival de couleurs, de musique, de chants et de danses.

    Le lieu se prêtait magnifiquement à cette grande réunion des premières nations, entre plaines et montagnes dans cette vallée de la Loue en Franche Comté, région la plus verte de France.

    Nous allons vous relater ce week-end au travers des récits retranscrits et des photos, et peut être percevrez vous le message que les Natives, qui ont toujours été des précurseurs du respect de notre mère la terre, essayent de nous transmettre, avant qu’il ne soit trop tard !

    FOUR WINDS 
    http://www.4winds.info/


    Christian Larqué président de l'association Four Winds

    Une passerelle entre deux mondes

     Comme les 4 vents ou les 4 points cardinaux, l’association Four Winds a 4 objectifs principaux. 

    Elle peut être considérée comme une organisation d’intérêt général à caractère culturel, éducatif, social et philanthropique. Fondée en 1995 par des passionnés des peuples premiers d’Amérique, le but de l’association est d’établir un véritable pont culturel et ces peuples autochtones : d’améliorer notre compréhension de leur façon de vivre et de penser ; de soutenir et aider les Amérindiens dans leurs démarches et leurs projets : et enfin d’œuvrer avec des représentants de ces nations pour le respect de l’environnement et des relations humaines. 

    Depuis sa création, Four Winds s’est attachée à apporter la compétence de ses membres et à intensifier tous les échanges possibles : Tradition, Musique, Danse, Cinéma, Photo, Littérature, Peinture, toutes formes d’art ; de toutes les régions d’Amérique et de contribuer ainsi au rayonnement de leurs cultures spécifiques. 

    L’association s’investit également dans des opérations à caractère humanitaire en particulier au développement de l’écotourisme chez les Algonquins (Québec) et les Navajos (Arizona)

     ICI : QUELQUES INFOS SUPPLEMENTAIRES (DANSES, POW WOW......)

     

     CLAUDE GOUIN

    (journaliste français)

    La forêt Amazonnienne risque de totalement disparaître,
    il est urgent de ralentir sa déforestation, pourquoi et comment ? 

    "zéro déforestation"

    Arutam, Association de soutien aux Peuples Premiers
    http://arutam.free.fr/

    " Le point zéro " est un film qui relate l’action de notre association " Arutam ". Notre organisation est basée dans le sud de la France. Elle travaille en Amérique du sud, sur la légalisation de terres pour les peuples autochtones. Le film retrace le problème en Amazonie Equatorienne, différente de celle du Brésil par rapport à la déforestation. Le gouvernement Equatorien s’est lancé dans la prospection pétrolière depuis les années 60. Les indiens Shiwiars, proches des Jivaros (sauvage en espagnol), résident sur un secteur riche en pétrole. Ils sont aujourd’hui menacés, puisque le gouvernement équatorien qui a besoin d’argent lance une nouvelle vague de prospection et d’appels aux compagnies pétrolières jusqu’en 2012. La zone de Sarayaku est encore protégée, les communautés autochtones peuvent encore y vivre de pêche, de chasse et de cueillette, tant la biodiversité y est riche. Aucune route n’y existe, ses seuls moyens d’accès viennent du fleuve ou des airs par petit avion (Sessna). Pas très loin, au Pérou, à 100 kilomètres, on transporte du pétrole par oléoduc ou par route, il reste donc peu de temps pour que cette zone reste encore préservée.

    Nous avons monté un gros dossier, cela représente 5 ans de travaux, il faut prospecter sur le territoire, définir et tracer des limites, ce qui reste abstrait pour les indiens qui ont l’habitude de se déplacer partout, et ne connaissent pas les frontières, mais petit à petit, ils y ont été obligés. Nous devons déplacer des techniciens géologues, ethnologues. Les 5 ans de travaux ont permis d’enquêter pour savoir depuis combien de temps, ces communautés habitaient là, comment vivent-ils, de chasse, d’agriculture…etc…nous déposons ensuite ce dossier au ministère de l’agriculture. Il a été accepté, ce qui a permis de réunir toutes les communautés du territoire (Achar, Sapara…etc…), afin de leur signifier quelles étaient les limites définies sur 210 000 hectares. Nous attendons la signature et l’aval du gouvernement Equatorien pour légaliser ce territoire qui était auparavant, une zone militaire. En effet, il a existé un conflit entre l’Equateur et le Pérou, ce dernier en a d’ailleurs profité pour s’approprier une partie du territoire. Il était interdit d’y pénétrer, sauf autorisation du ministère du tourisme, ou des communautés. Au total, nous avons finalement délimité 300 000 hectares pour 3000 autochtones, cela coûte beaucoup d’argent (70 000 dollars). Pour aller dans le village des Shuars, il fallait une journée de marche, aujourd’hui une piste passe juste devant, d’où l’urgence d’agir. Les agents du gouvernement rencontrent les communautés pour leur demander quelle sera leur approche en terme de développement durable sur la forêt. Nous entamons une 2ème phase compliquée concernant les Sapara.

    L’Equateur a lancé un appel à l’Europe en disant qu’ils voulaient bien ne pas exploiter le pétrole d’Amazonie, sachant que les spécialistes affirment que dans les 30 prochaines années, le pétrole n’existera plus, mais qu’il fallait leur verser 50 % des profits qu’ils en tireraient en contrepartie ! "

    Certains pays européens ont réagi positivement à cette demande en mettant 3 milliards de dollars sur la table pour aider l’ensemble des pays en voie de développement. On sait que les peuples autochtones en Equateur sont déjà atteints par des maladies graves comme le cancer, que la pollution de l’eau est une réalité. Dans les années 60, lorsque les compagnies pétrolières sont arrivées sur le territoire, les normes étaient quasi inexistantes. De plus, cette intrusion en Amazonie entraîne le braconnage des animaux, du bois illégal, et plus indirectement amène la prostitution, la drogue, les trafics en tout genre, et modifie la vie quotidienne des communautés, jusqu’à les " déplacer " comme on a pu le voir au Brésil. Heureusement, en Equateur, les tribus ont su se fédérer pour être plus puissantes. Le gouvernement équatorien a décidé de privatiser l’eau, ce qui pénalise les autochtones, et entraîne un conflit de plus entre les 2 parties, notamment avec les Shuars.

    Notre film relate donc ces problèmes de déforestation, de biodiversité, la possibilité de conserver leur mode de vie, leur culture, leur langue, notamment avec les Saparas. Chez eux, seulement une centaine de personnes la parlent encore, alors que l’on sait que la langue est le vecteur d’une culture. Si elle disparaît, le patrimoine de la nation est en danger. Nous essayons d’aider à la conservation des langues, par exemple avec les Shuars, via la radio, un des seuls moyens de communication rentable, car consommant déjà peu d’électricité, et peu onéreux. C’est souvent le cas dans les pays en voie de développement. En aparté, nous sommes aussi concernés par la défense des petites radios, puisque dans 2 ans, nous passerons au numérique, et que, seuls, ceux qui auront des moyens financiers solides, pourront continuer d’émettre.

    Nous avons défini avec les Saparas, une zone de délimitation de leur territoire, que nous avons appelé " point zéro " à la limite de l’Equateur et du Pérou. Lorsque le front de colonisation aura atteint cette zone, la partie Amazonienne de l’Equateur aura probablement disparu. Au Pérou, c’est déjà pratiquement le cas à cause des minerais et du pétrole, c’est pourquoi nous nous battons pour cette zone encore vierge de l’Equateur, avant qu’il ne soit trop tard.

    Le projet vise à ce que les jeunes restent aussi dans la communauté, c’est aussi un des objectifs. A partir du moment où ils ont été sédentarisés, ils nous ont sollicité pour mettre en place l’éco-tourisme. Nous organisons ensemble des séjours touristiques dans plusieurs villages. Ce sont eux, qui chaque année, décident du nombre de voyages à organiser, en respectant un turn-over sur les 14 villages concernés, et en décidant du programme à établir. Ils s’arrangent ensuite pour que les bénéfices profitent à toutes les communautés. Cela permet aux touristes de prendre conscience des problèmes relatifs à la destruction de l’Amazonie, à l’importance de sa préservation, et de découvrir une culture et des pratiques traditionnelles méconnues. La question se pose de savoir si l’éco tourisme est un bien ou un mal, c’est un vaste débat, ce qui est certain, c’est que depuis les années 70, ils ne sont plus aussi nomades qu’autrefois….en cause, la christianisation, la sédentarisation. Ils ont du s’adapter à l’évolution en cherchant de nouvelles ressources financières. Ils ont également été confrontés à la maladie. Il y a le désir aussi d’avoir accès à l’éducation scolaire. Chez les Saparas, un jeune a réussi à décrocher le bac et souhaite poursuivre des études d’avocat, pour ensuite revenir sur son territoire et aider juridiquement les siens à faire valoir leurs droits. Le gouvernement Equatorien a signé la charte du travail qui leur garantit un minimum de droits sur leur territoire, puisqu’en surface, si les terres appartiennent bien aux tribus, le sous sol est propriété de l’état, il peut donc, en l’occurrence, l’exploiter. Il faut dire qu’au niveau économique, l’Equateur n’est pas très loti, à part le pétrole et les bananes, ils ont relativement peu de ressources.

    Notre association organise 2 à 3 séjours touristiques par an, à raison de 8 à 10 personnes par séjour maximum. Nous travaillons aussi avec le conseil des chamanes Shuars qui a souhaité monter, en partenariat avec notre association, un projet visant à reconnaître les médecines traditionnelles. Ils ont remis à l’ordre du jour les herbiers et les jardins de plantes médicinales qu’autrefois chaque famille possédait pour soigner les maux bénins comme les maux de tête, de ventre, les coupures…etc…Ce sont souvent les femmes qui le gèrent. Nous remettons en place des ateliers de curare car nous nous sommes rendus compte que de plus en plus d’autochtones ne savaient plus le fabriquer. En effet, avec l’accès à l’argent, ils ont acheté des armes pour chasser, mais, revers de la médaille, lorsqu’il y avait pénurie de munitions, ils ne savaient plus utiliser les fléchettes et les sarbacanes, aussi nous les avons remis en contact avec ceux qui connaissaient encore cette méthode traditionnelle. Nos actions viennent toujours de leur initiative à la base, ensuite nous essayons de trouver les financements. Nous travaillons avec les associations locales et certaines fondations, dont l’une basée en Suisse qui nous a beaucoup aidé pour organiser une action au Pérou baptisée " le bateau école ". C’est un bateau qui permet d’accueillir une quinzaine de personnes dont des hommes médecines, des anciens, qui descend sur les fleuves pour aller à la rencontre des petits villages côtiers, les premiers menacés par le braconnage et la déforestation. L’objectif, c’est de continuer à transmettre les connaissances afin que les jeunes ne désertent pas tous le village.

    L’Amazonie est aussi confrontée au problème de la bio-piraterie puisque les grosses industries pharmaceutiques pillent la forêt pour trouver des plantes et déposer un brevet, comme la stevia. Nous mettons en place des jardineries, nous sensibilisons sur l’agro foresterie en formant et en rémunérant les autochtones volontaires sur la gestion des forêts, un peu comme chez nous, les agents de l’ONF, ce qui, là aussi, évite aux jeunes de partir vers les villes.

     ERIC NAVET

    La Guyane

    Il existe 7000 amérindiens en Guyane, ce qui peut paraître dérisoire, sauf que ces peuples sont majoritaires sur la forêt, le reste de la population étant concentrée sur les côtes. Nous sommes en train de créer un grand parc amazonien de la Guyane française depuis 2007 afin d’aider les autochtones à rester sur leur territoire. Il faut, cependant, que le parc rapporte de l’argent, conformément à l’idéologie qui nous domine encore, hélas, ce qui conduit à l’orpaillage avec toutes ses conséquences néfastes : destruction de l’environnement, des cultures locales, des populations, pollution des cours d’eau au mercure avec des effets graves sur les enfants. Le gouvernement avait promis de se pencher sur le dossier…sans résultats. Selon eux, nous devrions tolérer l’exploitation des ressources minières, ce qui est un comble sur un parc naturel, et favoriser l’éco tourisme, ce qui en soi, serait plutôt une solution positive. Malheureusement, on voit déjà se profiler à l’horizon, la mainmise des tours opérators de plus en plus nombreux, ce qui peut générer des abus de toutes sortes. Une commission est actuellement à l’étude sur les réflexions à amener quant à la gestion de ce parc. Les populations autochtones sont malheureusement de plus en plus assimilées pernicieusement, l’alcool aussi, fait des ravages.

     

    MARTINE PEDRON


    aborde les traditions des chamanes et les rituels
    magiques curatifs. Des plantes sacrées composent une pharmacopée
    puissante aujourd'hui incontestée. 

     Anthropologue et écrivain français

    Je me suis intéressé aux communautés amérindiennes du Mexique depuis 1975, à l’âge de 20 ans. Je suis parti dans la sierra des Tarahumara. J’y ai vécu 20 ans avec quand même quelques retours en France. J’y ai découvert un mode de vie tellement en harmonie avec la nature que j’ai eu envie de continuer à étudier leur manière de vivre pour comprendre comment ils pouvaient survivre dans un milieu si hostile.

    La médecine traditionnelle

    Selon moi, la médecine traditionnelle est le domaine où les traditions se sont le mieux perpétuées au Mexique.

    Je vais citer en introduction un écrivain Maya Yucatèque, rencontré il n’y a pas très longtemps à Paris lors d’un colloque :

    « Les fleurs sont les yeux des plantes. Elles nous regardent, nous attirent, nous réjouissent. Elles soignent l’âme des hommes. »

    Cette citation résume bien l’importance des plantes. J’ai remarqué tout de suite que tous les indiens du Mexique, suivent la voie des ancêtres. Pour eux, il est primordial de perpétuer les traditions : médecine traditionnelle, importance des rituels, tradition linguistique. Même s’ils sont tous bilingues dans leur communauté, ils parlent tous leur langue. De nos jours, au Mexique, il existe 52 langues indigènes parlées quotidiennement. Parmi celles ci, le Maya Yucatèque est parlé par 1 500 000 personnes, le Nawat, langue des Aztèques par 1 400 000 personnes, le Mixtèque et le Zapotèque par
    400 000, l’Otomi par 291 000, le Huichol par 44 000, et enfin la langue Raramouri des Tarahumara par 70 000.

    Ces traditions médicales sont aujourd’hui reconnues au niveau estatal au Mexique. Il existe d’ailleurs des cliniques et des médecins indigènes. Dans la région de Veracruz, j’ai rencontré moi même des médecins Totonaques qui exercent. Dans la région du Chiapas, à San Christobal, j’ai découvert un centre de médecine Maya et visité au Sinaloa, un centre de médecines traditionnelles où exerçaient des médecins Yaki et Mayo. Tous ces médecins pratiquent les techniques de leurs ancêtres. Parmi ces techniques, on trouve les « limpia ». La limpia est un lavage corporel symbolique qui consiste à « nettoyer » l’intérieur du corps, en passant concrètement dessus, des branches d’albahacar, une forme de basilic, en commençant par la tête. L’exercice se répète 3 fois. La limpia peut aussi se pratiquer également avec le Copal.

    Dans ces techniques, existe les massages avec des mélanges de plantes médicinales macérées et les prières, où l’on fait appel à tous les esprits, y compris animal.

    Une technique de guérison importante au Mexique, s’appelle le Témascal, bain de vapeur rituel. Témascal est un mot de la langue Nawat (Aztèque) : témas veut dire se baigner, et cali signifie la maison, c’est donc la maison des bains.

    Les témascal existaient dans tout le continent américain à l’époque pré hispanique. Beaucoup connaissent « l’Inipi » des Sioux Lakotas pratiqué par tous les indiens des plaines, lieu de purification sacré, généralement avant la danse du soleil pour se purifier ou avant la quête de vision qui durait plusieurs jours. L’inipi se pratique toujours. Les Mayas utilisent un autre mot pour désigner le témascal, qui veut dire « le bain des accouchés » car autrefois les femmes accouchaient dans le témascal. Cette tradition se perpétue d’ailleurs au Guatemala. Le témascal était utilisé par les Aztèques, les médecins le recommandaient pour soigner différentes maladies : les maladies nerveuses, les rhumatismes, les problèmes de peau ou les fractures. Pour un problème plus grave, était ajouté un massage à base de plantes. Le témascal s’est perpétué un peu partout au Mexique. Il existe des réserves écologiques et des centres de médecine naturelle que j’ai pu visiter, surtout pour soigner le stress, maladie de notre époque. Le témascal n’est pas seulement un bain de vapeur ordinaire comme le sauna ou le hammam, c’est un bain de vapeur rituel et spirituel. La dimension spirituelle est importante pour les indiens, d’ailleurs tous disent au Mexique que ce qui compte, c’est de rentrer en contact avec la terre mère. Dans le témascal, vous avez de la terre, des pierres, l’eau et le feu, soit les 4 éléments.

    L’eau correspond à l’énergie féminine, le feu à l’énergie masculine. C’est aussi un symbole de fécondité, comme le disent les femmes, le témascal est rond, chaud, humide et sombre, comme le ventre de la mère dont nous sommes tous issus. Lorsqu’on rentre dans un témascal, on retourne, en quelque sorte, à nos origines, on en ressort avec une peau nouvelle et purifiée, c’est une très belle expérience à vivre.

    Médecine Aztèque

    Les Aztèques avaient une médecine que l’on pourrait qualifier d’ holistique. Pour eux, le bien être et le bonheur était liés à l’équilibre et à la santé. Ils disaient : « si on vit en harmonie avec l’univers, avec les animaux, les plantes, on est en harmonie avec nous mêmes ». La maladie était donc conçue comme un déséquilibre entre le corps physique, le corps émotionnel et le corps spirituel. Pour les Aztèques, il y avait 2 sortes de maladie, les malades naturelles d’ordre physique comme les blessures ou un simple rhume, et les maladies dites surnaturelles ou d’ordre émotionnel. Pour eux, les maladies émotionnelles sont les plus graves comme la jalousie, la colère et la peur par exemple. Ces émotions nous rendent malades et agissent sur l’organisme. Une simple frayeur peut atteindre une personne de façon extrême jusqu’à la mort. Il existait une pharmacopée puissante et variée. En comparaison, on utilisait autrefois en France seulement la mandragore pour endormir, alors que les Aztèques avaient plusieurs plantes analgésiques. Le médecin espagnol, Francisco Hernandez, envoyé par le roi d’Espagne, a dénombré pas moins de 1200 plantes à usage médicinal. Parmi ces plantes magiques et sacrées, on peut citer le tabac. Le tabac était fumé au cours des rites Aztèques. Il existait une élite, la société Aztèque, comme celle des Mayas, très hiérarchisée. On se servait aussi du tabac pour faire des emplâtres dans un mélange avec de la chaux. La Toloachi était aussi employée comme analgésique. Quantité de plantes sont encore utilisées par les Curandero au Mexique. Le peyotl est une des plantes les plus importantes au Mexique. Comme l’écrivait Francisco Hernandez : « il a une propriété curative et analgésique. Ecrasé et appliqué sur une blessure, il soulage totalement la douleur »

    On sait que les groupes Chichimèques qui existaient avant les Aztèques, étaient des tribus nomades qui se déplaçaient dans le nord du Mexique. Elles ont réussi à survivre presque sans manger uniquement grâce au peyotl, car il pousse abondamment dans le nord. Aujourd’hui, le peyotl est utilisé dans des rituels bien précis, il n’est pas consommé n’importe comment, il faut savoir « l’apprivoiser » pour qu’il nous soigne. On peut dire que le peyotl est la nourriture par excellence, du chamane. J’emploie le mot chamane par commodité, mais chaque groupe a une définition du chamane, qui lui est propre.

    Les Aztèques avaient d’excellents médecins capables par exemple, de soigner des brûlures avec des écorces dont certaines sont en vente dans les magasins bio sous formes de gélules ou de crèmes. Ils savaient recoudre les plaies avec des fibres végétales et les protéger en les recouvrant avec une sorte de sucre qu’on pourrait comparer à du miel. Les Aztèques étudiaient le calendrier pour connaître les jours néfastes et ceux favorables. Ils ne soignaient jamais sans savoir si le jour était le bon. Ces médecins avaient des connaissances tellement reconnues, qu’on venait les consulter de très loin, même des personnes extérieures à l’empire Aztèque. 

    Les indiens Tarahumara

    On les appelle aussi les Raramuri « les pieds qui courent ». C’est avec eux que j’ai vécu le plus longtemps dans ma jeunesse. Ils vivent actuellement dans la sierra madre occidentale de l’état de Chihuahua. Avec l’arrivée des chercheurs d’or et d’argent, ils ont du se réfugier vers les terres les plus inaccessibles. Pour les rencontrer, 2 à 3 jours de marche sont nécessaires. Malgré ces conditions de survie extrêmes, ils réussissent à vivre d’agriculture, surtout de maïs, mais sans labourer la terre, juste en plantant les grains de maïs dans de petits trous. Ils sont obligés d’attendre les pluies vers la période de pâques, pour semer. Ils cultivent également les haricots rouges, les courges, et un peu les piments, mais surtout dans les terres les plus basses à 600 mètres. Je vivais à 2000 mètres d’altitude, et à cet endroit, on ne cultivait pas vraiment les piments. Ils vivent beaucoup du troc, notamment pour le sel…..de pêche également. Ils font ensuite sécher puis griller les poissons qu’ils mangent dans les tortillas de maïs. Les Aztèques aussi vivaient beaucoup de troc, les marchands ambulants parcouraient jusqu’à 30 kms par jour.

    La sierra Tarahumara s’étend sur 50 000 kms2, faite de hauts plateaux et de canyons. Les migrations saisonnières sont importantes. L’été, il fait 40°, mais sur les hauts plateaux, il neige l’hiver. J’ai pu vérifier qu’il faisait jusqu’à moins 16°, ce qui n’empêche pas les Tarahumara d’être….pieds nus. Ils se vêtissent avec des panchos, et pour certains s’établissent avec leurs troupeaux de chèvres dans des grottes aménagées pour se protéger du froid, pendant 3 à 4 mois.

    Pour les Tarahumara, toute personne qui n’est pas comme eux, est métisse.

    Les tarahumara ont été envahis par les missionnaires qui servaient la politique des mineurs. Ils en ont d’ailleurs plus voulu aux mineurs, qui avaient exigé qu’ils soient regroupés dans des villages pour mieux les exploiter, qu’aux missionnaires. Il existe un mot très péjoratif dans leur langue pour désigner les blancs : « chabochi » qui signifie « laid comme une araignée velue ».

    J’ai personnellement été bien intégrée parce que je me suis adaptée à leur mode de vie : je me suis nourri de maïs, j’ai dormi par terre sur des peaux de chèvre, j’ai vécu dans ces conditions extrêmes pendant des années, ceci expliquant cela.

    La médecine occidentale est acceptée. On la trouve partout dans les villages métis, et elle est gratuite pour les Tarahumara, mais cela ne les intéresse pas,  parce qu’ils n’ont pas envie de se faire soigner par les blancs, et puis les distances sont trop longues pour revenir dans les villages, quelques uns s’y rendent, mais cela ne concerne qu’un petit groupe très restreint d’individus.

    Ils préfèrent se soigner avec les plantes médicinales, et font appel à un guérisseur s’ils sont très malades. Il existe différentes catégories de guérisseurs selon leur importance, jusqu’au plus puissant qui retire les mauvais sorts et qui utilise le peyotl.

    Les guérisseurs soignent le corps et l’âme. Ils bénissent les enfants à la naissance, ils accompagnent l’âme du défunt lors d’un décès. A cette occasion, la famille fabrique de la bière de maïs. Cette bière est souvent utilisée lors des cérémonies.

    Beaucoup de rituels sont liés à la fertilité de la terre. Le chamane fait le tour du champ en répandant la bière de maïs pour éloigner les maladies et les mauvais sorts.

    Le Tarahumara disent qu’ils faut danser pour ne pas mourir. Ils dansent lors de sécheresses pour appeler la pluie, ou au contraire lors de trop fortes pluies pour que le soleil revienne, ou encore pour éloigner la maladie. Ils frappent le sol avec leurs pieds pendant des heures d’une manière très monocorde comme pour appeler à l’aide. Ils vénèrent le soleil et la lune. Pour eux, le soleil prend soin des hommes, et la lune, des femmes.

     Les indiens Huichol

    Ils vivent au sud du territoire des Tarahumara et possèdent un peu les mêmes traditions. Voici une citation entendue lors de mes voyages à propos des Huichol :

    « Nous sommes les fils du soleil, et notre nature est de briller »

    Les Huichol continuent de porter les vêtements traditionnels Aztèques. Ils font partie du même groupe linguistique que les Tarahumara, leur langue est proche de celle du Nawat. Ils pratiquent aussi l’agriculture, la chasse et la cueillette

    On connaît un peu les Huichol en France par leur artisanat. Ils fabriquent par exemple des tableaux où ils collent de la laine sur de la cire d’abeille et reproduisent toute leur mythologie. A la base, leur artisanat servait uniquement pour les offrandes aux dieux lors des pélerinages.

    On trouve leurs tableaux au Japon, aux Etats-Unis, en Europe. J’ai moi même déjà visité des expositions à Paris de tableaux Huichol. L’argent gagné revient à la communauté et pour les rituels, cet argent n’est jamais dépensé superficiellement.

    Ils sont restés très attachés à leurs traditions. Chaque année, les chamanes  initient les novices aux rites du peyotl, en se rendant sur les terres où il pousse lors d’un grand pèlerinage. C’est d’ailleurs l’occasion pour eux de jeûner. Tout le long du parcours, ils déposent des offrandes à la terre mère : des bols, des perles, des plumes...A chaque étape, ils dansent, chantent, prient pour obtenir une bonne récolte et une bonne santé pour la communauté.

    La région selva de Los Tuxtlas Veracruz

    C’est une région de forêts tropicales que j’ai découvert dans les années 2000. C’est actuellement la région du Mexique où l’on trouve la plus grande biodiversité, d’où l’importance de sauver cette forêt primaire. Je connais un éleveur qui a vendu tout son bétail pour acheter des terres de forêts tropicales, et en faire une réserve écologique.

    Cette région est la terre originelle des Olmèques, première civilisation du Mexique 1000 à 1500 ans avant notre ère. Ils sculptaient de grosses pierres, travaillaient déjà le jade, la jadéite ou encore la serpentine et ont découvert le basalte.

    C’est également la région où l’on trouve le plus de chamanes ou sorciers. Le mot sorcier n’a rien, pour eux, de péjoratif, au contraire, il signifie « celui qui est puissant, qui a beaucoup de pouvoirs »

    Une maladie très courante dans cette région qui nécessite qu’on consulte : la mauvais œil dû par exemple aux jalousies. Le traitement se fait à base de massages, de purifications à base de plantes, de copal et mêmes d’œufs. L’œuf est badigeonné sur tout le corps pour absorber le négatif. Le but est de retirer la maladie pour rétablir l’équilibre du corps émotionnel.

    Pour les rituels concernant les peurs et les frayeurs, ils se rendent sur place, construisent un cercle sacré avec des pierres….dans une maison, ils déposeront des pétales de rose

    Conclusion

    Aujourd’hui, partout dans le monde, l’occident s’intéresse aux médecines traditionnelles. Nous commençons seulement à percevoir l’importance de nos pensées et nos humeurs sur notre santé, de notre lien avec la nature et le cosmos, des liens que les amérindiens n’ont jamais perdu.

    Des rencontres impossibles hier, se produisent aujourd’hui. Les chamanes amérindiens voyagent dans le monde entier pour apporter leurs connaissances et leur savoir ancestral. On peut dire qu’une passerelle entre la médecine occidentale et la médecine traditionnelle commence vraiment à se construire.

    La reconnaissance des savoirs indigènes, en ce qui me concerne, existe bel et bien.

    Merci.

    LANCE WHITE MAGPIE

    Présentation par Christian Larqué, président de « Four winds » 

    "Lance est membre de la nation Oglala, descendant de Crazy Horse. Il s’occupe des enfants de la réserve de Pine Ridge"

    INFOS DOC EN FIN DE REPORTAGE (en anglais)

    Lance

    Je remercie notre père de nous avoir rassemblé tous aujourd’hui pour que vous puissiez assister à cette conférence (en Lakota)

    Je viens de la nation Oglala. Mon arrière arrière grand père s’appelait Crazy Horse. Nous avons un grave problème sur la réserve de Pine Ridge car nous avons un taux de suicide extrêmement élevé parmi les jeunes, c’est pourquoi nous avons monté une association pour créer un centre culturel et de soutien. Les Lakotas sont très créatifs : tissages, perles, peintures. C’est une façon de garder le cap et de permettre à la jeunesse d’être active.

    Nous avons un taux de chomâge sur la réserve qui s’élève à 90 %, avec d’énormes problèmes d’alcoolisme, de toxicomanie et comportementaux.

    Nous sommes très pauvres, mais avons gardé nos traditions et voulons les transmettre. Nous faisons tout pour que la situation s’améliore car nous voulons garder notre fierté. Nous vous invitons à venir visiter notre centre dans la réserve, venez voir ce dont nous sommes capables. C’est aussi un lieu de rencontres entre les générations, où les grands parents peuvent transmettre à leurs enfants et leurs petits enfants, notre culture pour qu’elle se maintienne vivante.

    Il y a 2 ans, j’ai hébergé mon neveu, à qui je voulais apprendre nos danses traditionnelles, et un jour en rentrant, je l’ai retrouvé pendu. Aujourd’hui, j’amène mon âme, mon esprit, car je voulais partager cette souffrance avec vous.

    Nous avons avec nous quelques dépliants d’information concernant ce centre, pour ceux qui voudraient s’investir avec nous ou faire des dons.

    Dans le grand cercle de la vie, nous sommes tous liés et connectés avec l’ensemble du monde vivant.

    Merci à vous tous !

    BARTLEY HARRIS

     

    nation Cree, Alberta (Canada)

     Bartley est venu nous parler de son engagement pour sa nation, les Cree. Ses études l’ont amené à devenir avocat, afin de s’investir pour les siens. Ce fut un plaisir de l’entendre nous parler, avec son humour, de ses traditions !

    La nation Cree est la plus grande au Canada, environ 200 000. Notre situation au Canada est différente de celle des Etats-Unis, nous avons à peu près 6000 personnes qui vivent par réserve. Notre langue n’est pas encore morte, puisque nous restons nombreux à la parler. Je ne la parle malheureusement pas, mais beaucoup de membres de ma famille la connaissent comme mon père ou ma tante, mes enfants sont eux mêmes en train de l’apprendre.

    Je suis ici pour vous parler des lois qui nous concernent au Canada et aux Etats-Unis. Dans votre imaginaire, vous voyez certainement les indiens sur leurs chevaux, les livres et les films perpétuent cette image, que pensez vous d’un avocat sur un champ de bataille ?

    La vérité est autre : nous allons à l’école, lisons les mêmes livres.

    Mes parents étaient de condition très modeste : ma mère travaillait dans le nettoyage, mon père dans le gardiennage. Ils étaient très forts, ils ont du surmonter beaucoup d’évènements. Ils se sont battus pour que nous ayons une situation. Je suis très fiers d’eux. Je suis maintenant avocat, mon frère est dentiste. Nous avons très fréquemment l’occasion de partager nos chants et nos danses, comme ici aujourd’hui. Cela peut donner une image fausse de notre quotidien, car nous sommes comme vous tous, nous travaillons…..certains sont devenus des professionnels de la danse traditionnelle.

    Je pratique personnellement la danse des cerceaux. La Hoop Dance a un sens très symbolique puisqu’elle permet de maintenir l’équilibre entre la vie spirituelle et émotionnelle. Dans notre éducation, nous apprenons beaucoup au travers des histoires, et l’une de ces histoires,  c’est justement celle de la danse des cerceaux ; Vous pouvez voir sur les cerceaux des rubans de différentes couleurs dans 4 directions. Le chiffre 4 est très symbolique pour nous, il est le  chiffre fondamental de nos enseignements. Il représente les 4 cycles de la vie : la prime enfance, la jeunesse, la vie adulte, et la « vieillesse ».

    C’est un cercle sans fin, qui tourne indéfiniment…..nous transmettons à nos enfants, qui eux mêmes le transmettrons à leurs enfants et ainsi de suite…

    C’est en vivant leur propre expérience qu’ils apprennent.

    Dans l’histoire, quand les européens sont arrivés en Amérique, ils se sont aperçus que cette terre était déjà peuplée. J’aime à dire que c’est nous qui avons découvert Christophe Colomb, ce sont les Natives qui l’ont accueilli.

    Ce sont les amérindiens qui ont survenu aux besoins de l’armée américaine pour qu’ils puissent continuer à se battre contre les Mexicains dans l’Arizona. C’est un peu ce genre de relations qui a permis de tisser des liens avec les français et les anglais. C’est en signant des traités que le gouvernement canadien a pu obtenir l’aide des amérindiens, bien que son objectif était tout autre…

    Comme ici en Europe, pour posséder une terre, il faut un titre de propriété. Le gouvernement avait une doctrine qui voulait que la nation chrétienne qui découvrait une terre en était possesseur. Il était inconcevable que des sauvages puissent être propriétaires.

    J’ai eu la chance d’étudier dans une très bonne faculté de droit consacrée aux lois indiennes. Auparavant, les blancs achetaient des terres aux Natives, bien en dessous de leur véritable prix, car les Natives n’avaient pas du tout les mêmes notions de valeur, mais heureusement la justice marshal a mis fin à ces pratiques.

    Nous vivons aujourd’hui dans des réserves qui sont la propriété du gouvernement.

    Nous sommes un peuple très fort. Nous ne sommes pas aigris, nous avons appris à relever les défis qui sont sur notre route. Malgré toutes ce que nous avons enduré, nous maintenons nos traditions, et notre culture est toujours vivante. Malgré le système fiduciaire en vigueur, nous sommes capables d’agir pour notre peuple. Certains d’entre nous occupent de hautes fonctions. Nous sommes toujours en quête de solutions pour améliorer nos conditions de vie, que ce soit en réserve ou à l’extérieur des réserves, c’est ce qui m’a guidé dans la voie professionnelle que j’ai choisi.

    Nous créé nos propres lois, notre propre législation en parallèle avec celle du gouvernement, même si les lois fédérales s’appliquent également sur nos réserves.

    Nous avons nos tribunaux, nos juges, nos avocats et tout le système juridique classique qui fonctionne dans un tribunal. Certains de nos avocats sont qualifiés pour travailler en dehors des réserves, d’autres uniquement à l’intérieur. Je parle, bien sûr, en mon nom, en tant que représentant de la nation Cree, mais je ne connais pas comment fonctionne chaque nation amérindienne.

    En Arizona, notre système gouvernemental est bien élaboré. Le territoire où je travaille est extrêmement bien structuré, mais il en existe aux Etats-Unis comme au Canada qui le sont moins bien, soit parce que la population est trop peu nombreuse, soit parce que les relations avec les autorités ne l’ont pas permis.

    Nous, les Natifs américains, nous considérons la reine d’Angleterre comme la grande mère blanche, nous avons ainsi l’impression de communiquer sur un même pied d’égalité que les autres nations. Certaines tribus ne sont pas au même niveau d’autonomie que nous. Nous essayons, partout où cela est possible, d’installer des infrastructures solides : un système de santé de qualité, des soins hospitaliers, des écoles, des casernes de pompiers…etc…nous voulons que nos enfants puissent bénéficier d’outils performants. Le terme que nous utilisons, c’est la self gouvernance, nous avons toutes les clefs pour gérer avec efficacité notre territoire. Je ne suis pas là pour dénigrer, ni les Etats-Unis, ni le Canada. Nous sommes fiers d’apporter notre soutien au pays. Vous serez d’ailleurs peut être surpris d’apprendre que c’est la population amérindienne qui a le pourcentage le plus élevé d’engagés dans l’armée.

    Il reste pourtant une page d’histoire assez noire entre les blancs et les amérindiens, mais nous espérons solder cette situation qui appartient au passé

    J’ai personnellement voulu apporter ma contribution en devenant avocat. Il existe un cliché qui voudrait que les Natives ne seraient pas des gens très travailleurs, alors qu’au fil des siècles, nous avons montré ce dont nous étions capables. Le monde entier a pu voir que nous savions déjà faire, ce que les autres essayaient de nous enseigner.

    Un des chefs d’un pow wow, a dit, il y a quelques années : « nous avons traversé bien des épreuves, mais nous avons encore beaucoup à accomplir. »


     Bartley avec Joséphine (traductrice)

    Beaucoup de gens dans ma famille, mes amis doivent affronter des problèmes difficiles. J’essaye toujours de les aider en les informant sur les lois existantes.

    Nous nous efforçons de maintenir vivantes nos racines tout en nous adaptant au monde extérieur à notre communauté….parmi nos traditions, les danses représentent beaucoup.

    Nous sommes engagés dans de nombreuses actions économiques. Nous fondons beaucoup d’espoirs dans notre jeunesse ;

    Il me semble qu’en France, vous étudiez l’histoire des indiens plus que les américains…c’est une bonne chose !

    Une anecdote : il y a quelques jours, j’étais au grand cayon, et une personne s’est approchée de mon fils en lui demandant quel était son nom indien. Il a répondu « Damon »…l’autre lui a dit « ce n’est pas un nom indien ! ! ! » mon fils a répondu «  c’est mon nom ! ! !…. »

    On a même prétendu déjà que les couleurs sur mon cerceau ou sur mes vêtements n’étaient pas…..indiennes !

    Nos cérémonies sont un aspect de notre culture, certes, mais nous ne vivons plus dans le passé, nous sommes en 2010. Mon fils joue aux jeux vidéos, va au cinéma…je vais au cinéma. Lorsque nous avons terminé de danser dans un pow wow, nous ne restons pas les jambes croisées toute la semaine, en attendant le prochain.

    Merci de votre hospitalité, nous avons grand plaisir à être ici. C’est ma première visite dans votre région. J’espère avoir l’occasion de revenir pour partager ma culture avec vous. En attendant, j’espère ne pas attraper la grosse tête, parce qu’ici, avec mon fils, nous avons presque l’impression d’être des stars, mais dès que nous rentrerons à la maison, nous redeviendrons des gens « normaux »

     Dennis Yellow Thunder

    nation Oglala, Lakota

    Cette conférence a profondément ému l’assistance présente…voici le témoignage d’un homme marqué à jamais par le meurtre raciste de son oncle, alors qu’il n’était encore qu’un enfant, mais qui a décidé, aidé par les anciens de sa famille, de chasser la haine de son cœur !

    Bonjour,

    Je suis ici au nom de mon peuple, au nom de ma nation, avec un message difficile à entendre.

    Je remercie Christian Larqué, le président de l’association « Four Winds », je vous remercie d’être venu m’écouter. Je viens ici devant vous avec un message d’amour, de compassion, d’harmonie, de paix et de partage. Je veux témoigner aujourd’hui d’un événement qui m’est arrivé en 1972 concernant mon oncle Raymond Yellow Thunder, le frère de mon père Russell Yellow Thunder. Dans notre tradition, un oncle est un peu comme notre père également. Cet événement est arrivé, il y a fort longtemps, et chaque jour qui passe, je garde ce souvenir dans mon cœur.

    Une nuit, mon oncle est venu me parler en rêve, et dans ce rêve, il est venu me demander de faire quelque chose pour l’humanité, pas seulement pour les nations amérindiennes, mais pour tous les peuples, qu’ils soient noirs, jaunes, rouges ou blancs.

    Le drame que j’ai vécu, a réellement bouleversé ma vie.

    Tous les jours, sur nos lieux de travail, en dehors de la communauté, nous devons faire face au racisme, à l’oppression et aux préjugés. Par une froide nuit de février 1972, j’ai appris la signification de ces mots. Avant ce jour, je n’avais jamais remarqué que les gens avaient une couleur particulière. Tout ce que je voyais, c’était des enfants avec lesquels je jouais.

    La plupart de mes actes viennent de ce que m’a appris mon oncle lorsque j’étais enfant. Cette nuit de 1972, il a été kidnappé par 5 hommes blancs et battu jusqu’à ne plus pouvoir réagir. On l’a ensuite obligé à monter dans le coffre d’une voiture. Après l’avoir enlevé, alors qu’il était blessé et couvert de sang, ces 5 individus l’ont emmené et ont fait le tour de la ville, sans trop savoir quoi faire de cet indien, ils ont eu cette idée très brillante de l’humilier dans un concert où ils se sont rendus. Ils ont payé l’entrée du festival avec mon oncle toujours enfermé dans le coffre, puis se sont partis vers une sortie de secours où des amis les attendaient. Ils ont forcé mon oncle à sortir du coffre, alors qu’il était presque inerte et seulement vêtu d’un caleçon, pour l’emmener dans le hall du concert où il s’est retrouvé pendant environ 45 secondes à une minute devant 200 personnes. Ces 45 secondes ont changé ma vie, non pas les coups, mais l’humiliation dégradante qui m’a affecté. Nous les Lakotas, sommes des gens simples, et d’avoir été ainsi rabaissé face à la foule, est plus que difficilement vivable. Ils l’ont ensuite remis dans le coffre, toujours ensanglanté, puis sont repartis tourner en ville pendant environ une heure. Comme ils s’étaient suffisamment amusés avec lui, ils ont décidé de l’abandonner sur un terrain vague….

    Le 28 février 1972, des enfants qui s’amusaient sur ce terrain ont découvert son corps.

    Cet événement a fait prendre conscience au peuple Oglala, de ce fléau du racisme vis à vis d’eux. Il les a réveillé, et il s’est levé pour se rebeller et demander le respect de leurs droits en tant qu’êtres humains.

    A titre personnel, il a changé ma personnalité, et fait de moi une personne revancharde. J’ai compris que la couleur de la peau changeait tout. Cet acte m’a fait comprendre ce qu’était le racisme.

    Heureusement, j’ai pu aussi apprendre qu’il existait quelque chose de plus haut dans la vie, un état supérieur grâce à 4 hommes qui ont influencé ma vie. Sans eux, jamais je ne serais ce que je suis aujourd’hui. Ils ont vu, même lorsque j’étais encore un enfant, que j’aurais été capable de prendre une autre vie pour remplacer celle de mon oncle. Ces sages qui m’ont sauvé, avaient compris que j’aurais pu devenir un être vil, en réagissant comme ces 5 hommes vis à vis d’autres blancs. Il ont vu tout ceci en moi, et m’ont emmené à une cérémonie.

    Baptiste Dubré, un de mes oncles, m’a fait don d’un cadeau, qui est le plus grand que je n’aurais jamais pu imaginer, lors de cette cérémonie. Il m’a donné une Chaloupa, une pipe sacrée.

    Alors que j’étais assis avec eux, chacun de mes 4 oncles m’a parlé. Le plus âgé m’a dit que lorsqu’on possédait cette pipe, on devait en respecter ses préceptes, sans garder de haine. Il m’a dit que je devais respecter tous les hommes. Le deuxième qui s’est adressé à moi, m’a demandé de respecter tous les animaux, les éléments de la terre. Le troisième m’a demandé d’honorer tous les hommes, quelle que soit leur race et leur couleur. Le quatrième m’a demandé la chose la plus difficile que j’ai eu à accomplir dans ma vie…il m’a demandé de prier pour ces individus. Je n’ai pas pu parce que j’avais trop de haine et de vengeance. Au bout de 2 ans, j’ai enfin pris la décision de respecter sa demande. Finalement, j’ai pris ce cadeau qu’ils m’ont offert pendant la cérémonie. J’ai alors rempli la pipe de tabac, et commencé à prier pour ces individus. Mon coeur a changé. Mes frustrations, ma haine, ma vengeance, ma colère, tous ces éléments négatifs ont lentement, progressivement, commencé à me quitter. Petit à petit, j’ai senti la rédemption arriver, et mon cœur s’est allégé.

    Alors que les mauvaises pensées s’éloignaient de moi, il s’est rempli d’espoir, d’amour, d’harmonie et de pardon.

    C’est le message que je voudrais faire passer : plus jamais des individus de cet acabit ne doivent colporter la haine. Nous devons apprendre à vivre tous ensemble dans la fraternité, la solidarité, en harmonie avec notre environnement. Aujourd’hui, alors que j’avance dans la vie, je m’efforce de vivre avec les préceptes que m’ont enseigné ces 4 anciens. J’ai de l’amour pour chacun de vous, et si nous faisions tous cet effort, la terre serait un meilleur endroit pour vivre. En marchant main dans la main, en partageant, en communiquant, nous serions beaucoup plus heureux. Vous n’avez pas besoin de traverser une expérience aussi terrible pour y arriver, parce que vous avez déjà tout ceci en vous. Si vous agissez avec amour, un chemin encore meilleur s’ouvrira. Une rencontre comme celle d’aujourd’hui, entre nous, me renforce dans ces convictions. Lorsque vous partirez du terrain pow wow, que nous avons purifié pour qu’il soit sacré pendant toute la durée de cette manifestation, je veux que vous gardiez en vous cette unité et cette amitié que nous aurons partagé, n’hésitez pas à l’exprimer auprès des autres.

    Mais, même si je n’ai plus de sentiments de haine et de vengeance, j’ai gardé cette souffrance, jamais elle ne partira. Je la maintiens tapie au fond de moi, elle ne s’exprime pas parce que j’ai pu la remplacer par des sentiments positifs.

    Il est très douloureux pour moi, de ressortir ces souvenirs de ma mémoire, mais je suis heureux d’avoir pu la partager avec vous…je vous en remercie !

    Il n’y a pas de mots pour dire au revoir en Lakota !

    See you again !

    Christian Larqué

    Un chiffre, malheureusement réel : 64 meurtres n’ont pas été élucidés sur la réserve de Pine Ridge en 2 ans

     Paul Crane Tohlakai


    nation Navajo (Dinéh)

    http://www.4winds.info/events/demonstrations/index.php

    "Projet Etoile du Matin" : Dans le conté de Pinon (réserve Navajo) de nombreuses familles sont sans logement. Donner un toit aux plus démunis, leur donner l'espoir d'une vie meilleure tout en conservant les traditions séculaires de leur peuple.

    « Au delà des nationalités, nous ne sommes avant tout que des êtres humains. Si nous fermons les yeux, nous ne voyons plus la couleur des gens. Chacun d’entre vous a le pouvoir spirituel de s’éveiller et de faire changer les choses dans ce monde. »

    Ces quelques lignes illustrent l’intervention de Paul qui nous parle de son parcours, de la spiritualité, d’unité entre les peuples, de la nécessité de respecter le vivant, mais aussi de son inquiétude sur la continuité de la transmission des connaissances ancestrales !

    Il n’y a rien de plus stimulant intellectuellement qu’une conférence. Je suppose que vous êtes ici pour faire travailler vos méninges. Nous vous remercions à nouveau d’être si nombreux pour écouter les conférences des Natives. Nous sommes de nombreuses nations représentées. Bien qu’il y ait une diversité incroyable entre nous, nous avons quelque chose en commun que nous partageons tous : nos croyances. Au fils des années, des millénaires même, la civilisation amérindienne a évolué, pour arriver progressivement à ce qu’elle est aujourd’hui, grâce aux échanges culturels : cérémonies, mariages (parfois même en « volant » d’autres femmes)….

    La nation Navajo, qui chez nous, s’appelle Dinéh, a été la plus étudiée. Malgré cela, de nombreuses incompréhensions subsistent. La période de mon séjour en Europe, a été, à ce titre, très riche d’enseignements. J’y suis arrivé pour la première fois en 2003 comme conférencier, puis je me suis retrouvé bombardé Maître de cérémonie, puisque celui prévu, ne s’était pas présenté. En 2003, je me suis engagé, dans une sorte de partenariat, avec Christian Larqué, le président de l’association « Four Winds ». Le projet de cette association était de faire connaître la culture amérindienne par le biais des Pow wow. L’association m’a demandé d’être leur contact officiel et leur conseiller culturel, mais mon objectif va bien au delà de la simple distraction pour les européens dans ces pow wow.

    Petit aparté : à ce moment, Paul « taxe » la bouteille d’eau du secrétaire de « La Tribu Calumet » et trinque à la santé de l’assemblée présente……

    Je me suis rendu compte, au fils des ans, qu’un courant passait lorsque des cultures différentes étaient amenées à se rencontrer, ce qui montre bien qu’au delà des nationalités, nous ne sommes avant tout que des êtres humains. Si nous fermons les yeux, nous ne voyons plus la couleur des gens. Nous partageons tous les mêmes défis que nous aurons à relever dans un futur proche. La seule chose qui perdure, c’est l’esprit et la connexion avec l’environnement. Dans notre tradition, nous disons avant tout que nous sommes des êtres spirituels qui essayons d’être humains. Notre lutte, en tant qu’humains, est de retrouver à nouveau cet état spirituel. Il existe de grandes injustices en Amérique du nord, mais je veux croire que le temps de la guérison est arrivé. Ce que vous voyez ici, c’est la volonté de notre peuple de partager, de s’intégrer et de retrouver nos racines tous ensemble.

    Lorsque vous regardez les danseurs du pow wow, vous voyez la beauté des tenues, mais leur état d’esprit va bien au delà de l’apparence. Chacun d’entre eux est venu ici avec sa propre histoire, ses propres souffrances et ses propres luttes. Notre manière de vivre est simple et compliquée à la fois. Nous voulons rester humbles, et cette humilité s’inscrit dans le cycle de la vie. J’aimerais partager l’éveil de cet esprit profond qui est en vous. Chacun d’entre vous a le pouvoir spirituel de s’éveiller et de faire changer les choses dans ce monde. Avec les pow wow, nous tentons de créer cette union, cette connexion entre nous. Je travaille avec beaucoup de nations : japonais, suisses, allemands, français….et je constate que chaque année, ils voyagent en Amérique du nord à la recherche de quelque chose qui manque dans leur vie. Ce quelque chose est d’ordre spirituel, aussi nous les accueillons pour partager nos enseignements. Cette relation que nous construisons qui s’appuie sur l’honneur et l’amitié, est indestructible dans l’avenir. Ce que nous voyons est très sombre, je veux parler du manque de respect à notre mère la terre, à notre père le ciel. Certains préfèrent manger leur pain blanc d’abord tellement l’avenir est incertain. C’est ce qui se passe actuellement : nous prenons le meilleur sans penser aux conséquences de nos actes. Nous exploitons jusqu’à la démesure nos ressources naturelles. Tous les éléments sont pollués, l’air, la terre, l’eau. J’ai appris par exemple que la Loue, la rivière locale, était polluée, que les poissons mouraient. La vie mérite qu’on la respecte sous toutes ses formes. Mon message est le suivant : que pouvons nous faire, nous, chacun de notre côté, ou tous ensemble, pour éveiller cette prise de conscience et aller vers la paix. La prière, c’est très bien, mais ce n’est plus suffisant. Il faut agir, ce que nous allons laisser aux générations à venir, est tellement important.

    Chaque nation a sa propre  histoire. Chaque culture risque aujourd’hui de disparaître. Environ toutes les 2 semaines, nous perdons environ 5 de nos langues.

    Les gens font tout ce qu’ils peuvent pour survivre. D’où je viens, la dépendance est créée par le gouvernement via ses programmes sociaux. Toute une nation dépend des aides gouvernementales, je ne crois pas trop à ce système. Je pense que le changement doit venir de la base, du peuple. A mon échelle, j’essaye d’intervenir en ce sens. Nous encourageons les initiatives personnelles par des projets ciblés sur la solidarité. Nous voyons d’ailleurs comment notre façon de penser est complètement différente de vous, de celle de l’occident. Par exemple, vous remarquerez que cette salle est en forme de rectangle, alors que pour nous, ce qui prime, c’est le cercle, qui par définition, n’a ni commencement, ni fin.

    Chaque année, le gouvernement dépense des millions de dollars pour les amérindiens, mais aucun de ces programmes, jusqu’ici, n’a vraiment marché. Déjà, nous ne percevons que 50 % des sommes allouées car la corruption existe. Que fait-on des sommes restantes ?

    Auparavant, nous nous contentions de ce que nous avions, jusqu’à ce que l’homme blanc vienne nous dire que nous étions pauvres.

    Il y a quelques années, j’ai créé une organisation qui s’appelle « Fondation des montagnes sacrées » en relation avec le gouvernement, mais cela n’a pas marché car les gens avaient l’impression qu’on contrôlait leur vie. Je suis revenu sur la transmission de nos savoirs, et plus particulièrement la signification de nos symboles. Quel que soit le problème, le centre d’intérêt, le projet, ce que compte, c’est que tous soient consultés, aient droit de parole, c’est ce qui caractérise le nouvel objet de ma fondation. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas eu les mêmes programmes d’éducation que vous, que nous sommes stupides. Au contraire, nous avons, chez nous, de grands esprits, mais ils se manifestent différemment. Il existe des difficultés de compréhension entre les peuples parce que les culture, les langues sont différentes, mais nous pouvons trouver des compromis et tisser des liens entre nous. Par exemple, nous savons nous servir des technologies modernes, et prenons ce dont nous avons besoin, sans pour autant renier nos traditions.

    Sur cette carte, vous voyez les Etats du l’Utah, du Colorado, de l’Arizona, du Nouveau Mexique : ils ont tous des directions dans le cosmos. Il y a autour de notre territoire 4 montagnes sacrées. Il est aujourd’hui beaucoup plus petit, mais imaginez qu’à l’origine, il était plus grand que ces 4 états réunis. Nous attachons de l’importance à des choses simples comme le lever et le coucher du soleil. Nous prions au lever, nous pouvons dans la journée faire des offrandes ou des cérémonies jusqu’au soir où nous prions encore, face au nord. Nous agissons chaque fois dans une direction différente pour être complémentaire aux autres et finir le tour du cercle. Ce cercle, nous le retrouvons à l’intérieur de nous. Malheureusement, nous avons de plus en plus de mal à trouver des volontaires pour transmettre nos connaissances. Les jeunes aujourd’hui s’intéressent plus aux jeux vidéos, et nous craignons que ces notions disparaissent.

    Je vois que vous n’avez « plus peur de nous ». Ensemble, nous pouvons créer un avenir pour nos enfants. Nous sommes intéressés par les technologies écologiques comme les panneaux solaires, par la médecine des plantes, par l’énergie naturelle, le respect des sites sacrés (ce n’est pas toujours le cas !).

    Dans les années 80, la population des Navajo a diminué de 400 000 individus. La violence n’est pas étrangère à ce phénomène, la libre circulation des armes non plus.

    90 % des enfants sont nés sur notre territoire, et malgré les conditions de vie difficiles, nous voulons re-créer un espoir pour notre peuple !

    Merci !

    Patricia Flores

    nation Yaqui 

    Patricia Flores nous parle de son ouvrage « Emerald dreams ».

     C’est sa première visite à Ornans en 2008, et l’accueil qu’elle y avait reçu, qui l’a incité à publier ses poèmes.

    Bonne après midi à tous, merci de m’accueillir. Mon nom est Patricia Flores. Je suis de la nation Yaqui (Yoeme), du Mexique et de l’Arizona. J’ai aussi du sang Aztèque et Maya. Il y a 2 ans, je suis déjà venu ici, vous lire des histoires et des poèmes que j’avais écrit. J’ai senti en retour une énergie, aussi je me suis promis, à moi, à mes ancêtres, et aux français qui me l’avaient suggéré, de les publier dans un recueil. Ce livre m’a permis d’immortaliser ces histoires en mémoire de mes ancêtres.

    Très brièvement, je voudrais vous relire l’histoire d’il y a 2 ans. Je commencerais par la dédicace et les remerciements

    Ce premier livre, je le dédicace à la mémoire de mes ancêtres, car sans leur force, je n’existerais pas. Puisse ce modeste hommage, monter vers eux, au ciel, en reconnaissance. J’ai parlé aux Yoeme (Yaqui), aux Mayas, de mes origines. Je salue toutes les cultures traditionnelles des Amériques, envers qui j’ai le plus profond respect. Le titre de ce livre, « Rêves d’émeraude », a été choisi en l’honneur de la rivière qui traverse mon village, qui, autrefois, était claire et non polluée, de mes amis par l’esprit. Je remercie le public, présent en France en 2008, car ils ont entendu mes mots et encouragé mon esprit à écrire….et surtout j’aimerais remercier « Four Winds », Marjolaine et Christian en France, leurs concitoyens dans leurs villages respectifs, ils ont ouvert leurs bras, leur cœur ! 

    Patricia avec son mari Alenroy Paquin rencontré lors du premier Pow Wow en 2008

    Maintenant, je vais vous lire mon récit :

    La naissance des Yoeme

     « J’ai écrit cette histoire de cette manière, parce qu’elle m’a été racontée dans la langue maternelle de ma grand mère. Nos origines viennent du lointain Mexique. Nous sommes des indiens Yoeme. Il y a très longtemps, quand le pays était libre et sauvage, ce pays était habité par les Surem, nos ancêtres et les esprits de la terre. La communication s’établissait entre tous les êtres vivants. Les indigènes vivaient sans mots, sans lettres, mais ils comprenaient le langage de l’univers. C’était le temps où la terre était jeune. Les Surem étaient les premiers hommes de la terre.

    Notre créatrice était sage et puissante. Elle était en contact direct avec le grand esprit, et la seule qui pouvait comprendre le langage d’un immense arbre, dont les branches entraient en contact avec le ciel. Cet arbre se trouvait au milieu du territoire ; il a donné la connaissance au peuple, annonçait des prophéties. Au commencement, l’arbre a enseigné les différentes méthodes de médecine, les chants, montré la voie. Il leur a enseigné le langage du cerf, notre frère. Voilà comment la danse et le chant du cerf, sont apparus. Alors les Surem ont reçu la danse de l’enchantement, un chant d’adieu pour les grands départs. Les gens ont ensuite  vécu sous terre, dans les montagnes et dans les grottes. Ils sont devenus un peuple enchanté, et ceux qui sont restés sont devenus des Yoeme, les ancêtres de la grande nation Yaqui.

    Les Yoeme sont mon peuple. Ma mère et ma grand mère appartenait à cette tribu.

    Un jour, l’arbre s’est mis à vibrer et à appeler la créatrice pour lui dicter une prophétie, celle de la venue d’envahisseurs, et de la désunion que leur religion apporterait, de la concupiscence, de l’exploitation de son  peuple.

    Elle a prié l’arbre pour que cette prophétie ne se réalise pas, mais le créateur lui a répondu que 2 parties devaient exister dans l’univers.

    Elle s’est alors mise à pleurer ; ses larmes sont devenues des pluies torrentielles qui ont inondé la terre et créé des cours d’eau, dont la rivière Yaqui. Le grand esprit lui a révélé un chemin secret et des vérités sacrées que son peuple devait garder dans son cœur quoiqu’il leur arrive. Voilà comment la catastrophe de l’invasion espagnole est tombée sur le pays entier. Plus tard, c’est l’armée mexicaine qui a suivi le même exemple avec l’extermination systématique, des persécutions et la déportation dans des camps.

    Certains Yaquis ont pu s’enfuir et sont partis s’installer vers le nord, sur le territoire des Etats-Unis d’aujourd’hui, car les Yaqui au Mexique étaient en danger de mort. Une main ou une oreille de Yaqui rapportait 10 pesos. C’est en ce temps là que mon grand père et ma grand mère Joséphine, comme beaucoup d’autres se sont enfuis pour se réfugier dans la sierra madre. Dans ces montagnes, ils ont protégé et défendu leurs territoires, d’une manière tenace. L’unité des Yaquis du nord, ont renforcé la persévérance et la persistance des Yaquis du sud. Pour mon peuple les Yoeme, les Yaquis, la terre, que dieu leur a donné, est d’importance première dans la culture. Depuis le commencement, les Surem, les Yoeme, les Yaquis, sont ma famille. Ceci est mon histoire. Elle s’est transmise d’une génération à l’autre, de bouche à oreille, sous les lampes à pétrole, et répétées tard la nuit pour que je ne les oublie pas. Ainsi longtemps après avoir enterré les ossements de mes ancêtres, ils me rappellent et parlent du monde enchanté à travers moi, voilà pourquoi je leur rends hommage avec leur  histoire, la vie sacrée de grandes vérités qui doivent être entendues »

    Merci

     Sergio Segura Atanacio

    Natif Aztèque

    La culture aztèque est toujours présente dans le Mexique d'aujourd'hui.
    La culture, les connaissances et les symbôles
    sont transmis par l'initiation, soumise à l'accord des personnes
    détentrices de la connaissance qui s'assurent que l'initié
    est digne de la recevoir qu'il ne dénaturera pas
    l'essence de ce qui lui est transmis.
     

    Bonjour et merci à " Four winds " et toute son organisation pour cette opportunité, cet évènement est très beau, nous sommes traités et chouchoutés comme des rois. 

    Je dédie cette conférence à mon maître très âgé, pour l’honorer.

    Il reste un grand guerrier à mes yeux. 

    Je m’appelle Sergio Segura Atanacio

    Nous allons pouvoir commencer par une salutation traditionnelle Michika, en mettant les mains tendues devant vous. Je dois vous demander comment vous êtes vous comporté avant de venir ici ? Il y a trois possibilités de réponses. Très Bien, çà va ou pas bien.

    Il pose la fameuse question à la salle, tout le monde répond " très bien " 

    Si quelqu’un a répondu " pas bien ", qu’il veuille bien sortir de la salle (petit sourire), mais ne me laissez pas tout seul s’il vous plaît (rire général).

    Merci de votre participation. C’est très important, cela donne un sens à notre rencontre

    Au Mexique, nous avons un peu de sang français et espagnol. 

    Je ne suis pas latin, ni hispanique, ni latino américain. D’où vient ce mot " latino " ? Lorsque l’envahisseur est arrivé, il a imposé sa langue, c'est-à-dire l’espagnol. Toutes les langues comme le français, l’espagnol, le portugais et l’italien viennent du latin, d’où cette appellation latin et latino et l’oubli de la tradition, de la sagesse des ancêtres, alors qu’au Mexique, plusieurs millions de personnes parlent le maya, l’otomis,… c’est pour cela que l’on ne peut nous définir comme latins. Nous avons notre langue maternelle. 

    L’expression " Amérique Latine " a commencé à être utilisée au 19ème siècle, et en France par un homme politique économiste, Michel Chevalier (1836). C’est mettre toutes les personnes, depuis le fleuve du Rio Bravo jusqu’à la Terre de Feu, dans le même sac. Il ne faut pas oublier que le Mexique est un pays trois fois plus grand que la France. Précisons aussi qu’il fait partie de l’Amérique du Nord et non de l’Amérique Centrale, comme beaucoup le pensent. L’Amérique du Nord commence au Mexique, en haut du Guatemala jusqu’au nord du Canada. L’Amérique Centrale, du Guatemala jusqu’à Panama et l’Amérique du Sud, du Venezuela et la Colombie jusqu’à la Terre de Feu.  

    Pourquoi mettre tout le monde sur le même plan, et inculquer la même idéologie, la même philosophie ? pour des raisons économiques et géo politiques ! 

    La philosophie de mes ancêtres est davantage basée sur l’amour de la Terre et les valeurs basiques sur l’intemporalité. Les Toltèques ont laissé de nombreuses informations aux Mexicas et aux Mayas sur le cycle de la vie.  

    Le business évoque en moi l’arrivée des blancs qui voulaient connaître les propriétaires des terres. Nous ne comprenons pas ce système de fonctionnement, pourquoi toujours vouloir plus que ce que l’on a  ? Quand ils ont acheté nos terres, nous devions recevoir une rente à vie en échange, mais nous n’avons presque rien touché. La vérité historique, c est que le territoire des Etats Unis nous appartient. 

    Le mot latino, a chez nous une connotation péjorative, car le racisme existe surtout depuis l’arrivée des envahisseurs. Lorsque les espagnols ont choisi des femmes autochtones et que les métissages ont commencé, ils ont donné les mêmes droits aux métis qu’aux espagnols, selon la " loi du sang " avec des catégories de pourcentage . Plus tu as du sang originel, moins on te considère, et les violences sont légion !

    Ce racisme se ressent toujours aujourd’hui, même entre nous malheureusement. Beaucoup sont encore remplis de préjugés. Si une personne porte un chapeau, on dira " c’est un paysan, c’est un indien ".

    Le mythe des sacrifices humains a beaucoup contribué à cette image de sauvages d’où a découlé le racisme. Il a été prouvé, grâce à un ethnologue, preuves à l’appui, que tout ceci ne servait qu’à " justifier " les atrocités commises, les meurtres, les viols et les pillages. 

    Des sauvages, nous ? 

    A l’époque de mes ancêtres, les blancs croyaient que la terre était plate, alors que les Mexicas, les Mayas savaient qu’elle était ronde, qu’il existait d’autres planètes. Leur culture, ils l’ont gravé sur les pierres. La moindre technologie actuelle, si vous l’exposez au soleil, elle ne vaut plus rien, elle se détériore, alors que les pyramides résistent des millénaires avec leur histoire.

    Toute cette interprétation historique erronée a commencé dans les écoles. La plupart de celles où j’ai étudié, ont été fondées par les prêtres catholiques pour évangéliser les sauvages, et pour masquer la vérité. Nous ne nous sommes jamais sentis intégrés dans notre propre pays, nous nous y sentions même étrangers en côtoyant dans ces établissements, des enfants d’autres origines. 

    Aujourd’hui, et c’est la bonne nouvelle, depuis plusieurs années, beaucoup de personnes, d’institutions, ré-apprennent toute la sagesse ancienne du Mexique. J’habite en Suisse et je suis moi-même responsable d’un groupe. Nous aidons à la réalisation de projets en ce sens. 

    Merci beaucoup

       
    Greg Red Elk                      Patricia Flores
     

    Damon John

    Tyrell James DeHose 
                                                                                                              

    Claudia Mikjiki-Pipugwes


    Robert Scabby


    Kat Mckibben

    Dennis YellowThunder

     
    Chantal Guay et Paula Shebala

    Bartley Harris

    Allenroy Paqui

    LES 5 PHOTOS DE DESSOUS ONT ETE PRISES PAR Mr Hervé  Peladan





     


    Patricia Florès



    Bartley Harris

     


    Bob Red ELk


    Lance White MagPie

     

     

    POUR ENCORE PLUS DE PHOTOS

    http://amerindien.e-monsite.com/rubrique,danse-avec-la-loue-2010,1019364.html

     

     REPORTAGE DE

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