• Peuple kichwa de Sarayaku le 6 novembre 2006

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    CONFERENCE DU 6 NOVEMBRE 2006
    PAR

    http://www.chamane.org/Pages/quiSommesNous.html

    Forêt Amazionnienne, Equateur. Le peuple indien Kichwa de Sarayaku lutte depuis
    10 ans pour préserver son territoire de l'exploitation pétrolière.
    Il a décidé de créer une frontière de fleurs sur le pourtour de son territoire.

     

    Sarayaku est une communauté indienne située au cœur de l’Amazonie équatorienne. Environ 1200 habitants y vivent encore aujourd’hui de façon traditionnelle, de chasse, de pêche, d’agriculture et d’élevage. Ils se nomment le peuple KICHWA et sont les voisins d’autres peuples indiens comme les HUARORANIS, les SHUARS, ASHUARS, etc… Le peuple Kichwa de Sarayaku vit sur les berges du fleuve Bobonaza, dans la province de Pastaza. Il gère environ 254.000 hectares de territoires ancestraux dont il a obtenu de l’Etat Equatorien les titres de propriété collective.

    Introduction de Corinne Arnould, présidente de l’association Paroles de nature

    " Merci d’être là ce soir, cette rencontre n’est pas une conférence en soi, mais la continuité de celle qui a déjà été faite par le passé. L’idée est d’aller plus loin dans notre contact avec les Sarayaku. Nous avons ce soir la présence de José GUALINGA représentant des Affaires internationales du Conseil de gouvernement Sarayaku.

    Nous commencerons par vous diffuser un documentaire " Soy el defensor de la selva " réalisé par Eriberto Gualinga, frère de José. De nombreux passages de ce film ont été filmés de façon caché par ériberto à l’insu des militaires qui se sont introduit sur leur territoire.Vous pourrez ensuite poser toutes les questions que vous voulez à José. "

     (Portrait eriberto ) "Soy el defensor de la selva" de Eriberto GUALINGA. Eriberto est un des jeunes frères de José Gualinga. En 2003, 600 militaires et 400 ouvriers débarquent sans prévenir sur le territoire ancestral de Sarayaku, avec hélicoptères, chiens et explosifs, pour mener à bien des explorations sismiques. Les habitants de Sarayaku se soulèvent, revêtent les peintures corporelles de la lutte. Eriberto Gualinga saisit une caméra et filme les évènements de cette année folle. Il en naîtra " Soy Defensor de la Selva ", un film étonnant, lyrique et vibrant d’émotion, un document rare. Il nous plonge au cœur de la forêt, collant à la peau d’un peuple amazonien contemporain. Les femmes d’Amazonie, en particulier, s’y révèlent d’une puissance bouleversante, se dressant sans armes face aux militaires, les invectivant et les subjuguant par le seul pouvoir du verbe. Eriberto Gualinga nous montre le tout dans un apparent désordre et réinvente le cinéma, tout seul, depuis le fond de la forêt…

    José Gualinga prend la parole

    " Nous avons déposé une requête en 2003 auprès de la cour inter Américaines des droits de l’homme. Une première mesures provisoires ont été prises.

    Nous demandons au gouvernement Equatorien :

    -  La sécurité pour les leaders et les personnes mise en avant dans ce combat.

    Mais il ne nous donne aucune réponse et n’ont pas appliqué les résolutions de la cours à cette date

    Nous aspirons à revenir à un rythme normal de vie quotidienne. Il n’y a aucune des dispositions appliquées à ce jour par l’état équatorien.

    Actuellement, nous demandons leur demandons d’enlever les 1 400 kilos d’explosif enterrés que la compagnie a laissé sur place. Le retrait des explosifs est une mesure urgente pour nous, car cela peut être un prétexte pour entrer sur notre terrain par une présence militaire, ce qui est pour nous dangereux.

    Nous avons intenté une action en justice, ce qui est un acte historique en Amérique du Sud et en Equateur. Le fait de reconnaître le droit des Peuples Indigènes dans toute l’Amérique du Sud, peut être un cas de jurisprudence. "

    QUESTIONS :

    Je voudrais savoir ce qu’est la cour Inter Américaine, quelle est son rôle, son autorité ?

    JG " Elle appartient à l’organisation des Etats Américains. C’est l’équivalent du tribunal de la Haye, sauf que l’Amérique n’est pas signataire.

    Les décisions prises doivent être respectées. C’est beaucoup plus contraignant, disons supra Etatique. "

    Et si elles ne sont pas respectées ?

    JG " C’est la réputation d’un Etat qui est en jeu. La violation des Peuples Indigènes a un impact négatif sur les relations économiques du pays. "

    Permettre au peuple kichwa de Sarayaku de faire reconnaître leurs droits

    Y a t-il eu des pourparlers avec les compagnies ?

    JG " NON, les compagnies cherchent le dialogue, mais c’est pour corrompre les indiens, les faire accepter ce qu’elles souhaitent. Il n’y a aucune raison de traiter avec le gouvernement, ou une entreprise privée, il y a des lois et on entend qu’elles soient respectées. "

    Quel est le soutien du peuple Equatorien envers les Sarayaku ?

    JG " Il y a une véritable conscience et un soutien, car 70% du peuple Equatorien est pauvre.

    L’Etat doit revoir ses contrats, il y a un vide juridique. L’Etat veut protéger ses investissements étrangers, mais il doit consulter préalablement les Peuples Autochtones et obtenir leur accord, car nous avons obtenu des titre de propriétés collectifs sol leurs appartiennent. Les compagnies pétrolières sont entrées par la force et ont commencé une destruction complète du pays au Nord et Nord-Est ce qui a provoqué un drame écologique et humain. "

    On a vu que dans le film, les plantes médicinales étaient détruites par la compagnie, comment les Sarayaku font-il pour gérer cela ?

    JG " L’exploitation pétrolière passe par plusieurs phases : d’abord la signature par l’Etat d’accord avec les compagnies, la concession, l’Exploration sismique, l’Exploitation proprement dite et enfin la commercialisation. L’étape de l’exploitation implique la création de routes, des bases logistiques……

    Le contact avec l’extérieur a été rompu, et une militarisation de la zone empêche la circulation sur la rivière. Il y a 1.4 tonne d’explosif ce qui équivaut pour donner un exemple à la quantité nécessaire à la destruction d’une ville comme Paris. Ils viennent par hélicoptère et chassent les animaux en grand nombre. Ils font des pistes d’atterrissage sans aucun discernement.

    Nous sommes physiquement et psychologiquement menacés. Nous subissons de fortes pressions "

    Qu’attendez vous de nous et des européens, que pouvons nous faire pour vous ?

    JG " Je vais être très directe. Nous avons établie un projet qui se nomme " frontière de vie ".

    Il consiste en la plantation d’arbres à fleurs que l’on pourra voir en survolant le territoire. Cette ligne délimitera sur des centaines de kilomètre le territoire du Peuple de Sarayaku. Ce projet a également comme objectif d’attirer l’attention nationale et internationale sur notre lutte pacifique. Les Peuples Indigènes sont là et nous proposons des choses alternatives. Cette œuvre témoigne de la volonté du peuple Kichwa de préserver son territoire, et de la solidarité des occidentaux interpellés et conscients de l'enjeu planétaire. 

    Nous vous demandons que chacun d’entre vous devienne un parrain. De créer un lien entre nous et passer le relais. Garder cette terre. Maintenant vous devenez responsable, il faut en parler autour de vous. Nous avons besoin de bâtir les chose de façon concrète :Créer un réseau capable de stopper l’avancée des groupes pétroliers.

    Pour le moment la situation est stable, mais on sait très bien qu’ils préparent une autre façon d’entrer, légale cette fois ci !!.

    Nous parcourons la France et l’Europe. Vous et nous, Indiens nous devons œuvrer ensemble.

    Je suis allée à Bruxelles, prendre contact avec les intenses des pays Andins de l’Equateur…. Colombie, Bolivie, Pérou….. et puis la France. Il existe une alliance des Peuples Autochtones et le peuple de Sarayaku est invité par les autres communautés pour défendre notre projet. "

    Au delà d’un combat matériel, est ce que votre force spirituelle vous permet de résister au combat ?

    JG " Le projet " Frontière de vie " a été élaboré par la communauté de Sarayaku sous l’inspiration de ses Yachaks (chamanes). C’est la fleur qui guérit le déséquilibre qui peut être en chacun de nous. L’idée est que chacun d’entre nous peut planter son arbre.

    Comment pouvons nous participer concrètement ?

    CA " Par des bons de parrainage, à hauteur de ses moyens. Cela peut aller du petit geste symbolique à un don beaucoup plus conséquent. Nous voulons ouvrir une fenêtre sur l’extérieur, et commencer un réseau multiplicateur. Une frontière de vie Belge, Allemande et pourquoi pas Française. Pour chacun de vous le processus est en train de se faire et de germer. Il faut consacrer du temps, pouvoir informer, participer aux actions…..ne pas s’arrêter à cette soirée.

    Nous avons monté un site Internet, avons comme idée d’organiser des groupes de travail en province….. propager le message. Avoir un autre regard sur les choses. Cela peut fonctionner il suffit de le vouloir. "

    JG " Nous n’avions jamais planté d’arbres, ils étaient là. Nous sommes allés dans la forêt rechercher les graines pour constituer une pépinière d’arbres. Nous en avons aujourd’hui 5000. C’est également renforcer les traditions. Nous devons réapprendre à reconnaître les plantes, les arbres. C’est une éducation pédagogique pour les enfants. Tout est dans le tout, et tout se nourrit. Imaginer, les fleurs pour la biodiversité, les insectes, les animaux….Nous devons recréer des lieux propres à la renaissance de la vie. C’est également réinjecter les valeurs traditionnelles. "

    Nous avons vu sur le film l’importance des femmes comme porte-parole, est ce un élément essentiel ?

    JG " C’est très important et primordiale dans le cadre de notre lutte. Beaucoup d’entre nous peuvent avoir des réactions violentes et les femmes par leur soutien nous aident à avoir un comportement plus intelligent, non violant "

    La symbolique d’une " frontière de vie " est magnifique par rapport aux " frontières de mort " que l’on peut observer partout dans le monde, la frontière de Mexique, Israël

    JG " Ce n’est pas faire une limite, c’est un hymne à la vie. 1200 personnes ne peuvent pas changer le monde, mais elles contribuent à faire avancer quelque chose ".

    Par rapport au film, on voit que votre force de combat repose sur votre attachement à votre identité

    JG " Les chamanes sont là et transmettent les valeurs fondamentales avec notre lien avec la nature. Si le lien avec la nature est rompu, nous aurons des problèmes de santé, ce sera le chaos et le déséquilibre. Notre devoir est de dire que la forêt est vivante.

    Si vous en avez cette perception il devient intolérable que l’on puisse y toucher. Si l’on perd ce contact cela devient beaucoup plus dangereux que de perdre celui avec l’étranger. Cela engendrera chez l’indien des changements au plan physique, moral, spirituel et le transformera en un être destructeur en puissance.

    Pour rester ce que nous sommes, nous devons rendre visite à la forêt et rester en contact avec elle. "

    Est ce que vous parlez de vos actions auprès des chaînes de télé, des écoles… en Equateur ?

    JG " Nous avons amorcé un processus de sensibilisation, nous avons des personnes " relais " qui travaillent dans les universités. Les médias parlent du problème, pas tous mais la plupart oui "

    Il faudrait ne pas s’arrêter à ce soir, et pouvoir créer un forum de discussion avec vous tous, échanger nos impressions, garder un lien avec les personnes de cette soirée.

    CA " Oui, il faut faire les choses petit à petit. Vous trouverez également les bons de souscription et ainsi nous continuerons la beauté du geste pour une frontière de fleurs.

    Merci à tous. "

     

    Corinne ARNOULD Présidente de Paroles de nature et josé GUALINGA 

     

    Corinne ARNOULD Présidente de Paroles de nature
    Patricia SENN présidente de l'association la Tribu Calumet et josé GUALINGA

    Comment nous rejoindre et devenir bénévole Paroles de Nature

    C’est très simple… nous nous réunissons régulièrement sur Paris alors envoyez-nous vos coordonnées et vos motivations à benevoles@parolesdenature.org pour être tenu au courant des prochaines réunions de l’association.

    REPORTAGE DE   

     

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