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Huitième « Prayer’s Day » en cette année 2011, le troisième consécutivement auquel s'est rendue la Tribu Calumet pour essayer de vous faire ressentir l’ambiance, la chaleur et l’atmosphère particulière qui s’y dégage grâce aux Natives. Tous les ans,, ils nous font découvrir leur culture au travers des chants, des danses et du jeu des questions/réponses avec le public auquel ils se prêtent volontiers.
Daniel Coudreuse, le maire de Brûlon et Jean Lemoro l’organisateur, complices de plusieurs années, nous retracent l’historique du camp, les difficultés pour convaincre de la fiabilité du projet initial, finalement abouti et aujourd’hui soutenu par la municipalité. Jean tient à remercier également son équipe d’organisation, mais aussi les visiteurs du camp, qui à chaque week-end, repartent transformés et conquis par la philosophie et la sagesse amérindienne. Présentation des Natives de ce 8èmePrayer’s Day Tout d’abord, un rappel avec les habitués, puisque Kévin, Kendall, Tim et Nita étaient présents l’année dernière.
…..enfin, nous avons aussi le plaisir d’accueillir également pour cette édition
Après cette présentation, les chants précèderont les questions du public
QUESTIONS :
Que pensent les amérindiens de notre territoire, et vous qu’en pensez vous ? Qu’est ce que le prayer’s day ? Est-ce une fête nationale ? Que s’y passe t il ? Le 21 juin est la fête des autochtones, un peu effectivement comme votre fête nationale, mais le prayer’s day, c’est pour nous tous les jours. KEVIN : Ceci dit, avec 500 nations à travers le Canada et les Etats Unis, nous ne pouvons répondre pour tous ! JEAN : Jerry, j’aimerais que tu répondes à cette question également puisque tu es avec nous depuis le 15 mai. Pour moi, la France est un pays vraiment différent….mais j’aime beaucoup. Ma communauté du Québec me manque déjà. Je pense à mes ami(e)s, les danseurs… vous, vous chantez en rythme, avec du cœur….je vous aime bien ..… meegwetch JEAN : Quelles sont les impressions de Lagrant au tipi au bout d’une semaine ? LAGRANT : Agréablement surpris, je ne m’attendais pas à çà….. DANIEL : Moi, je suis obligée de parler de Brûlon, qu’en ont ils pensé ? LAGRANT : Les Crows ont trouvé une nouvelle demeure. Est-ce que chacun a une fonction particulière dans sa nation ? KENDALL : Les Apsalookas (crows) ont un lien particulier avec les américains, différent des autres nations, ne serait ce que parce que Barack Obama est devenu notre frère d’adoption. Nous avons notre propre gouvernement, notre propre branche législative, notre système judiciaire, notre police. Notre langue officielle est le crow appris à l’école et à la maison. Nous sommes un état dans un pays. Nous établissons nos propres règles. JERRY : Nous avons des fonctions suivant les groupes d’âge, et nous nous respectons beaucoup les uns les autres, à travers nos enseignements spirituels et traditionnels, entre les ainés, les adultes et les enfants. Je vis sur le chemin rouge. Y a-t-il toujours une médecine traditionnelle avec des hommes médecine ? Oui, bien sûr Que pensez-vous des chamanes qui se prétendent amérindiens et qui s’installent en France. Est-ce un affront pour vous ? Peut-on leur faire confiance ? Les chamanes n’existent pas, on parle d’hommes médecine ! JEAN : Ces soi disant chamanes surfent sur le mal être français de notre société et organisent des cérémonies à des prix exorbitants. Il est important d’informer le grand public et l’association « montre moi tes couleurs » vous donnera plus de détails à ce sujet. Quel est la cause du suicide chez les jeunes dans les communautés ? JERRY : Désolé, mais je ne souhaite pas en parler car par respect, je préfère laisser leurs esprits en paix ! Que pense- vous des français qui vivent comme les natives ? KEVIN : Nous n’y voyions aucun inconvénient, mais si tu veux être un Native tu dois agir dans le respect. KENDALL : Il ne faut pas tout mélanger : certaines régilias servent à certaines occasions, pas pour d’autres. Il faut écouter les conseils et les critiques constructives. Est-ce qu’au sein des communautés, ils gardent la tradition des noms natives, et qui en était à l’origine ? KEVIN : Dès la naissance, nous avons un nom qui peut changer dans l’avenir, c’est comme cela depuis longtemps. Depuis l’élection de Barack Obama, avez-vous trouvé un changement, des améliorations des conditions de vie dans vos communautés ? LAGRANT : oui, de manière progressive, on constate une évolution positive. DIANA : C’était un grand évènement pour beaucoup de voir un afro américain président. Le vrai changement sera encore plus considérable lorsqu’on élira un Native comme président. KEVIN, KENDALL, LAGRANT : Mais, Barack Obama est un Native, il est crow, il a été adopté. Il est officiellement Native. Une petite fille : y a-t-il des objets dans votre tradition auxquels vous tenez beaucoup ? Kevin a autour du coup une pierre que son médecine man lui a donné. Nous attachons beaucoup d’importance à ces symboles ! Est-ce que toutes les nations s’entendent bien entre elles, ou y a-t-il des différents ? Et y en a-t-elles qui risquent de disparaître ? KENDALL : Beaucoup de natives vivent sous un seul drapeau, nous n’avons donc pas le choix. Nous représentons 2% de la population. Maintenant, notre présence ici tous ensemble (Lakota, Apsalooka, Objiway, Algonquin), est la meilleure réponse à cette question. Beaucoup de nations ont disparu avec les guerres, les maladies, le génocide. Lors de l’arrivée de Christophe Colomb, 13000 nations existaient, aujourd’hui 500…...C’est un débat sans fin qui nous attriste à chaque fois qu’on l’aborde ! Vous êtes venu présenter des chants traditionnels. Est ce que cela vous pose problème que des natives fassent de la musique « blanche » comme le groupe « Blackfire » KENDALL : Non, pas du tout, cela montre que nous sommes capables d’évoluer. Il faut se rappeler que nous vivons dans deux mondes, le traditionnel et le moderne, beaucoup de personnes l’oublient. Ils perçoivent les Natives comme encore sauvages, mais nous savons vivre avec notre temps ! DIANA : Ce que je déplore, personnellement, en tant que membre de la nation Lakota, c’est que l’homme blanc est venu sur notre terre, nous a imposé sa langue, sans se donner la peine d’apprendre la nôtre. Je perçois cela comme une offense. Pour moi, c’est une chance de pouvoir parler avec les vrais habitants des Etats Unis, et je voulais savoir comment vous vivez le racisme et l’intolérance ? KENDALL : Nous somme impuissants face à ce fléau et faisons avec. Beaucoup de natives ne peuvent avoir un emploi à cause de leur couleur de peau. Nous devons en faire, plus ou moins abstraction. Nous le déplorons mais si nous nous arrêtions à ce problème, nous n’avancerions plus, alors nous voulons, malgré tout, voir les choses le plus positivement possible ! DIANA : Je travaille avec l’armée de l’air US à Londres. Le racisme est partout. Il n’est pas inné, ce qui signifie qu’avec du bon sens, de la prévention, de l’information, bref en ouvrant le débat, nous pouvons apprendre aux personnes à changer leur perception des autres ! Nous savons qu’il y a encore aujourd’hui beaucoup d’amérindiens accusés à tord et notamment Leonard Peltier. Son dossier avance t-il ? DIANA : Je ne peux me prononcer sur cette affaire qui relève du domaine privé. Sur le plan personnel, je le pense innocent et souhaite un jour, le voir libéré ! Est-ce que les descendants de Géronimo ont pu récupérer son corps comme cela était envisagé ? KENDALL : Navré, je n’ai pas la réponse à cette question, mais à ce sujet, saviez vous que l’opération militaire contre Oussama Ben Laden, portait son nom ? Utiliser le nom d’un héros pour nous est déplorable quand on connait l’histoire, çà m’attriste profondément. Je précise toutefois que je ne soutenais pas Ben Laden ! DIANA : J’aimerais aussi que notre patrimoine amérindien sorte des musées et nous soit rendu, car après tout, il nous appartient. Pourquoi n’avons-nous jamais été consultés ? Notre avis devrait être prioritaire ! Nous sommes au 21ème siècle et l’on parle encore de réserve, qu’est ce que cela signifie pour vous, vous ne vous sentez plus chez vous, vous n’essayez pas de vous intégrer avec les autres américains ? TIM : Pour moi, çà ne signifie rien puisque cette terre que le gouvernement nous a donné, nous appartenait déjà. Pour autant, nous ne restons pas cloîtrés dans notre communauté ! J’ai un grand respect pour le peuple amérindien, il ne faut pas oublier qu’il a versé son sang sur les plages de Normandie TIM : …..et c’est pour cela que nous sommes libres. Merci !
Présentation des associations montre moi tes couleurs http://www.montremoitescouleurs.com/
Présidente : Agnès Riguet et une partie de son équipe Christelle et Jérôme
et de la tribu calumet
Ouverture des danses avec deux chants, l’un qu’on peut apparenter à un hymne national, et le second qui correspond à la célébration, la victoire de notre survie sur 500 ans de génocide… pour l’éducation des plus jeunes, des guerriers qui rentraient après la bataille
KENDALL : nous voulons, cet après midi, partager avec vous, un peu de notre culture, à travers la musique, la danse et nos histoires. Mettez vous à l’aise…..j’espère que vous apprécierez. Sans tambour (drum), pas de cérémonie. Il fait partie de nous, il représente le cœur et ses battements, la Mère Terre. Si tu mets la main sur le cœur tu ressentiras ses battements (démonstration). Différents battements plus ou moins rapides et forts au niveau du son, rythment les chants. (Démonstration avec le drum)….Exemple : une jeune fille marche dans la rue, elle croise un beau jeune homme, les battements de son cœur s’accélèrent, mais elle voit son mari et le rythme redescend aussitôt (rires). Nous sommes sûrs que vous avez tous entendu les battements typiques des drums dans les films, pas très représentatifs de la réalité et heureusement que mon rythme cardiaque n’a rien à voir avec ses battements là, car je pourrais m’inquiéter sur mon état de santé ! Nous avons des chants pour différentes occasions (mariages, enterrements, célébrations, cérémonies, amour et même divorce…)……dans notre propre langue, d’autres en anglais à cause de la diversité des nations, tout dépend de l’auteur. Il en existe depuis des générations, mais certains sont touts récents. Comme vous avez pu le constater, nous prenons plaisir à chanter ensemble. Pour la première danse, nous essayons de reproduire les mouvements d’un oiseau. Nous l’appelons le double rythme et d’autres nations, le « crow hop ».
Beaucoup d’histoires sont racontés par nos guerriers, à propos d’une chasse, d’une bataille. Transmises de génération en génération, elles s’appellent tout simplement « danse du guerrier ».
Certaines danses viennent des plaines du Nord. Lenny va interpréter la « grass dance ». Le mouvement de l’herbe dans les prairies est représenté par les franges sur sa regalia. C’est très courageux de sa part, d’être ici sur cette scène…..je suis fier de lui.
L’un des instruments de musique que nous utilisons est la flûte. Il y a longtemps, lorsqu’un jeune homme était amoureux. Il composait une chanson. Lorsqu’il se sentait prêt, il s’installait la nuit devant le tipi de la jeune fille et jouait pendant 4 nuits de suite sa sérénade. Le 4ème jour, il la jouait au milieu du camp. Seule la jeune fille savait qu’elle lui était destinée. Le choix lui appartenait de se mettre au milieu avec lui ou pas.
Je suis sûre qu’avec le morceau qu’elle vient d’interpréter, la personne à qui il est destiné est tombé amoureux L’expression de certaines danses ("stup" et "duck n dive" : évite et plonge), au sujet des batailles, montre à quel point le pouvoir des guerriers est fort. Une histoire dit que lorsque les balles essayaient de t’atteindre, la magie était là et tu les évitais en bougeant d’une certaine façon. Pendant le chant, vous entendrez deux battements plus forts qui imiteront le bruit du fusil, les danseurs se baisseront à ce moment là. Kévin va nous traduire son histoire à l’aide de ces cerceaux. Il vous montrera différentes formes de la nature, celles qu’on voit dans l’univers, le cheval, le soleil, le serpent et pourquoi pas….mickey mouse. Nous avons toujours honoré des animaux « nobles » comme le bison, le loup ou l’aigle. Beaucoup de personnes veulent s’identifier à eux. C’est ce qui explique que certains blancs s’attribuent des noms factices comme « loup rapide » par exemple, cette part de notre culture a beaucoup été copiée. Il existe pourtant tant d’autres animaux du créateur, chacun avec son particularisme et son intelligence ! La prochaine danse s’appelle la « chicken dance ». On pense tout de suite au poulet de la ferme, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Dans les prairies du nord de l’Amérique, les poulets dansent pour les femelles, ils essayent de capter son attention avec leur plus beau plumage. Le danseur fera de même avec vous. Enfin, découverte avec le public de deux danses sociales : « la danse de la chouette » et la « round dance».
KENDALL : Malheureusement, il y a une fin à tout. Je vous remercie d’avoir si bien dansé en espérant que vous vous êtes aussi bien amusés que nous et que vous ayez appris un peu sur les Natives aujourd’hui.
![]() Voir taille réelle Il n’est pas acquis qu’un prochain Prayer’s day ait lieu dans les années à venir, à Brûlon ou ailleurs. Malheureusement, nous avons pu nous apercevoir ces derniers jours dans la région, que le site ne plaisait pas à tout le monde. Visiblement, les « tipis du bonheur de vivre » dérangent certaines personnes habitées par la mauvaise foi, la malhonnêteté intellectuelle, la bêtise, voire même le racisme. C’est même l’existence du camp qui est menacé. Pour l’instant, nous ne savons quelle sera la direction future que Jean et son équipe prendra, probablement partagé entre la volonté de faire valoir ses droits et la décision de migrer vers des cieux plus sereins. Comme La Tribu Calumet l’a déjà expliqué au travers de ses reportages sur le terrain, la gestion « des tipis » génère du temps, de la sueur, de la passion mais aussi un budget. Il serait parfois tentant de baisser les bras devant l’adversité. Heureusement, l’équipe a néanmoins reçu de nombreux témoignages de soutien, gageons donc qu’avec le temps, Jean s’orientera vers le bon chemin. Nous lui souhaitons de trouver la voie.
Jeudi 28 Juillet 2011Poster un commentaire
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