• Le 7 octobre 2013 - Semaine du festival CINE ALTER'NATIF - LAST CALL INDIEN

    LE FESTIVAL CINE ALTER'NATIF 2013 

    Le 7 octobre 2013

    Cinéma LACLEF

    PARIS

    LAST CALL INDIEN

     

    pour le DVD : http://nishmedia.tv/voir_productions-televisuelles.php?pid=57

    Ce documentaire d’une heure explore les raisons pour lesquelles une autochtone de dernière génération s’accroche à sa culture,

    et les différentes façons de le faire,

    alors que sa plus grande référence amérindienne est décédée.

    « La Loi des Indiens impose que l’identité autochtone se termine avec moi. Bien que j’aie toujours eu des incertitudes et des questionnements sur mon appartenance à ma communauté, je n’ai jamais ressenti un vide culturel si immense et envahissant qu’au moment où mon grand-père est décédé. Même si j’ai toujours su que je faisais partie de la dernière génération inscrite, je n’ai jamais senti le besoin de justifier mon appartenance car je pouvais me référer à ma colonne culturelle qu’était mon grand-père. Sa mort représente bien plus que la fin de sa présence physique, elle me force à trouver comment combler maintenant ce trou culturel et identitaire. »

    Le documentaire commence là où la vie de Morris Bonspille prend fin.

    Last Call Indien n’est pas seulement une recherche identitaire mais un prétexte pour analyser la situation de la dernière génération des autochtones statués. La mort de Morris Bonspille est l’enveloppe dans laquelle est insérée une lutte personnelle contre la perte culturelle.

    Documentaire, 1 x 45 min, Français, APTN/Canal D

    Réalisation: Sonia B. Boileau

     

    VOIR AUSSI LE REPORTAGE POUR LA SEMAINE DU FESTIVAL CINE ALTER'NATIF : 
     http://boutiquetribucalumet.kazeo.com/nous-y-etions-%28reportages-de-la-tribu-calumet%29/nous-y-etions-%28reportages-de-la-tribu-calumet%29,r307040-2.html

     Emilie : Je me suis beaucoup reconnue sur ce documentaire qui m’a personnellement touchée. C’est un sujet très complexe. Ma préférence serait d’avoir des enfants autochtones, et avec cette loi, c’est comme vouloir dire de qui on doit tomber amoureux, ce qui est à l’encontre de nos valeurs traditionnelles.

    Cela parle également du déracinement par rapport aux pensionnats indiens. On médiatise le sujet depuis seulement une dizaine d’années.

    Cela explique pourquoi ; beaucoup de familles sont moins connectées avec leur identité, qu’elles parlent moins leur langue, que nos communautés sont malades, spirituellement et psychiquement.

    Ce qui n’était pas expliqué dans le documentaire, c’est que son grand-père était mohawk et sa grand-mère irlandaise. Elle n’a pas fait l’équation, mais sa grand-mère a dû gagner le statut autochtone en se mariant, ceci expliquant que sa mère est une 6.1. : (d’après la Loi sur les Indiens)

    Ma grand-mère était métis et mon grand-père autochtone. Elle ne voulait pas reconnaître son statut, car pendant longtemps, être autochtone était mal vu. 

    Je me souviens avoir dit un jour à ma mère, qu’elle pouvait aller faire ses courses dans un magasin acceptant son statut, celui qui permet aux autochtones de ne pas payer de taxes. En principe, elle refusait catégoriquement de profiter de cet avantage à cause de tous les préjugés. Mais pour cette fois, comme elle venait de faire un achat important, elle était contente de pouvoir en bénéficier, jusqu’à ce que la caissière lui fasse remarquer que cette loi avait été abolie à Montréal…Je me suis    « faite chicaner dans l’auto », car elle n’était pas contente. 

    Question non comprise

    Emilie: La branche TRC (commission, vérité, réconciliation), est très active. Cette année, des consultations et des audiences publiques ont eu lieu à travers tout le Canada. Les témoignages ont permis à la société canadienne de prendre conscience et de ne pas oublier l’histoire.

    Le premier ministre a présenté des excuses pour les drames vécus dans les pensionnats indiens. L’initiative n’est pas personnelle, contrairement à ce qu’on pourrait croire, il y a été plus ou moins obligé. Le travail de mémoire n’est pas aussi évolutif qu’on pourrait le croire.

    Un témoignage, au cours d’une commission de l’année dernière, m’a beaucoup touchée : une femme se demandait, à juste titre si leurs histoires étaient entendues. Oui, ces commissions sont utiles aux autochtones qui en ont besoin. Le public non autochtone présent est lui déjà sensibilisé et concerné, sauf que les médias relayent très peu auprès du grand public.

    Le gouvernement canadien est très mal à l’aise. Il a, par exemple, bloqué certaines archives car elles révélaient des expérimentations scientifiques sur les enfants autochtones. Des fosses communes ont également été découvertes avec ces enfants.

    Question non comprise

    Nahka: L’histoire enseignée n’est pas nécessairement fausse, mais incomplète sur les Iroquois, les Algonquins et peut être les Inuits. L’école ne m’a personnellement rien appris.

    Après la crise d’Oka en 90, quand j’étais plus jeune je participais à des ateliers de sensibilisation. J’allais, par exemple, dans les classes montrer nos recettes traditionnelles, une manière concrète de montrer notre culture en dehors du gouvernement. Le changement est en cours. Les enfants commencent dans les premiers cycles à apprendre la véritable histoire des autochtones...enfin ! 

    Emilie: Les manuels scolaires ne sont pas adaptés : à peine deux pages pour parler du passé, c’est très bien, mais quasiment rien sur le présent alors que nos conditions actuelles de vie sont tout aussi importantes. C’est par l’éducation de base que l’on viendra à bout de tous les stéréotypes et du racisme.

    Le chef de la réserve d’où ma mère est originaire (Kitigan Zibi), me disait qu’il travaillait auparavant dans l’éducation. La réserve est très grande. Des quartiers de Maniwaki en font même partie. Ils avaient proposé d’aller gratuitement dans les écoles pour parler de la culture. Les professeurs ne voulaient pas, prétextant un manque de temps, y compris pendant la pause déjeuner. Il n’y a pas eu de suites.

    Mais comme dit Nahka, on constate néanmoins une évolution, surtout par rapport à d’autres pays comme l’Australie. Je le vois par rapport à la génération de ma mère et la mienne. On peut rester positif.

    Où en est le grand mouvement de protestation Idle No More « fini l’apathie »

    Emilie: La mobilisation se poursuit, surtout au niveau des lois, des gaz de schiste et des sables bitumineux. Plusieurs communautés autochtones intentent un procès au gouvernement en cours pour non respect de la constitution canadienne. Le gouvernement ne les a pas consultés avant de promulguer ces lois sur l’extraction des ressources naturelles et la vente de l’eau des sources, alors que ces opérations ont lieu sur les territoires autochtones.

    J’entends souvent parler « d’autochtones » au Canada, et non de « peuples indigènes ». Pour quelle raison ?

    En France, nous avons de bonnes raisons à cause de notre passé obscur, mais l’histoire du Canada est différente, alors pourquoi ce terme plus qu’un autre ?

    (Je n’ai pas entendu la réponse de Nahka, problème de micro, mais la réponse est venue du public)

    Tout simplement parce que cela a été décidé par les Nations unies puisqu’il existe une déclaration des droits des peuples autochtones avec une instance permanente pour la langue française.

    Emilie: On traduit par « indigenous people », mais aussi par « aboriginal people ». On désigne encore « la Loi sur les Indiens », le « ministère des affaires indiennes », il existe plein d’appellations différentes encore de nos jours.

    Les peuples autochtones rassemblent trois groupes, selon la loi autochtone, à la fois les Premières nations, les Inuits et les Métis. Les métis d’origine ne sont pas comme moi et Nahka qui avons un parent autochtone et un non autochtone. Ce sont des personnes parties dans l’Ouest aux 17ème et 18ème siècles, appelées « coureurs des bois », et qui ont fondé des familles avec des femmes cree et ojibway. Il existe donc une langue et une culture métis et c’est un peuple reconnu par la Loi sur les Indiens.

    (question non comprise)

    Emilie : Ma mère a perdu son statut autochtone pour gagner la citoyenneté française quand elle a épousé mon père. Quand la loi a changé, elle a pu retrouver son statut. Elle était très contente d’être française, car cela ne faisait plus d’elle « une sauvage, une indienne ». Elle a vécu son identité très négativement pour pleins de raisons. 

    Je me souviens qu’en Bretagne, nous étions avec toutes les communautés rom de Douarnenez. Cette identité multiple fut, pour moi, difficile et complexe à gérer. J’allais à l’école à Douarnenez, et me sentais très différente de mes cousines, puis en même temps, j’aimais la mer, et j’aimais pêcher la langouste. Je considère maintenant cela comme une richesse.

    (Patricia (rélexion)  : Cela donne un avant goût de son humour pour le reportage qui suivra sur son film smokin’fish)

    Cory : (en français) : Excuse-moi mon français est….pourri !

    Cory : (en anglais) traduction Emilie : C’est une idée de qui le donneur de   sperme ? (rires de toute la salle)

    (question en lien avec le court-métrage « l’héroïne va dans une banque de sperme et demande s’ils ont des donneurs autochtones d’Alaska…

    Emilie : il faut dire que Cory est un autochtone de l’Alaska, Tlingit. Il dit de sa tante que c’est une « macro ». Vous allez la rencontrer dans le prochain film projeté.

    Est-ce que les langues qui ont existé ont toutes survécu ou beaucoup ont disparu ? Dans combien d’écoles les enseigne t-on ?

    Nahka: Il est difficile de donner des chiffres précis sur cette question, car pas moins de 560 communautés et 11 nations se côtoient au Canada. Des langues ont disparu ou sont en passe de l’être comme le wendat, le malecite, l’abenaki, rien qu’au Québec, mais des programmes ont été mis en place, parce que la demande pour que la langue soit valorisée et perdure, est bien là. Les Mohawks ont été très réactifs à ce sujet. Ils ont ouvert des écoles, tout comme les Dénés.

    Quand nos parents sont partis dans les pensionnats, il leur était interdit de s’exprimer dans leur langue, d’où la difficulté de transmission. Heureusement, des initiatives ont permis sa sauvegarde. Il existe une conférence internationale qui regroupe tous ceux qui peuvent faire avancer l’éducation autochtone.

    Emilie: Comme il est dit dans le documentaire, trop peu d’argent est alloué pour ces projets ; et malheureusement, le gouvernement réduit de plus en plus les financements alloués aux Conseils de bande. 

    Par nécessité, et par manque de moyens, le conseil privilégiera de construire des maisons sur la réserve plutôt que de financer des programmes de préservation des langues.

    A Kitigan Zibi, on parle la langue à l’école locale, mais seulement 3 heures par semaine. C’est insuffisant pour une langue vivante. J’ai cependant l’impression qu’aujourd’hui ; on se rend compte de son importance, comme Sonia dans le film. Elle veut apprendre sa langue ; alors que, pour sa mère, ce n’est pas vraiment dans ses priorités.

    Est-ce que certaines langues autochtones ont le statut de langue officielle comme l’anglais, le français ?

    Emilie: Aucune, cela devrait pourtant.

    Nahka : Il y a des langues vivantes comme l’innu, l’atikamekw, le cree…

    Je voulais juste faire un petit rectificatif : l’innu a été reconnu comme langue officielle au Nunavut, cela donne de l’espoir !

    Emilie: Oui, c’est vrai. 90% de la population est innue mais ce n’est pas une langue officielle du Canada, seulement de ce territoire.

    Par rapport aux Etats-Unis, y a-t-il une différence au niveau des statuts ?

    Cory : (traduction d’Emilie)

    Est-ce que vous voulez dire par le nombre de plumes que vous avez sur la tête ?

    Il y a deux façons d’être autochtone aux Etats Unis. 

    La première c’est quand tu demandes un rabais autochtone. 

    Par exemple, si tu veux visiter un parc national qui est un territoire autochtone, tu te dois de justifier ton statut en donnant ton nom, alors seulement, tu pourras rentrer gratuitement.

    La deuxième, c’est la carte spéciale du gouvernement. Elle vous donne certains droits, au niveau de la santé, nulle part ailleurs qu’en Alaska.

    Emilie: On ne parle que du cas de Cory.

    Cory: J’ai expliqué à mes amis comment tricher, et je vais essayer de vous l’expliquer, car c’est vraiment une carte « très très » spéciale. Je ne sais pas si vous m’avez très bien compris, mais j’étais vraiment sérieux par rapport à ce que je vous disais.

    Sinon il faut montrer, c’est comme une société matriarcale, un quantum au niveau du sang. Matriarcale c’est la façon dont tout devrait être. Par ce que vous êtes tous sortis de vos mères après tout, non ?

     Sophie: Aux Etats-Unis, cela dépend de chaque tribu, et pour ceux qui vivent dans des réserves, car tous n’y sont pas, en tout cas dans celles reconnues fédéralement ou officiellement. Depuis 1934 et la loi « Indian Reorganization act », chaque tribu d’une réserve décide qui peut en faire partie.

    Des tribus vont reconnaître le quota de sang pour 1 quart, d’autres pour 1/16ème alors que d’autres préfèreront s’appuyer sur la loi de 1887, le « Dawes act ». Le gouvernement fédéral a transformé toutes les terres possédées collectivement par les Indiens, en lots individuels. Mais pour cela, il fallait bien savoir qui était indien et qui ne l’était pas. Des registres ont été établis. Pour les Cherokee, s’il est établi que votre ancêtre faisait bien partie de cette liste de recensement, vous êtes accepté en tant que cherokee.

    Ce sont les Conseils tribaux de chaque tribu qui établissent l’appartenance, mais la complexité, ce sont les métissages d’autochtones et de non autochtones ou entre autochtones, avec pour effet une double nationalité tribale et un choix à faire de ralliement à une tribu plutôt qu’une autre.

    (question non comprise)

    Emilie: Cette loi va à l’encontre finalement des principes autochtones de l’identité, de la culture, de l’appartenance à la « maison longue », et renforce le flou sur les origines au niveau de son clan, ses ancêtres et le lien avec le territoire. 

    Elle « encourage » les discriminations et le racisme en son sein même. Par exemple pour la communauté mohawk de Kahnawake près de Montreal, il faut que 3 membres de tes grands-parents soient mohawk, sinon tu ne peux pas prétendre en faire partie. C’est le résultat même de la politique de colonisation et d’assimilation. C’est diviser pour mieux régner !

    Sophie: Il y a énormément de tribus et nations où le métissage fait partie intégrante de leur culture. Il existe, par exemple, chez les Navajos, un clan composé des personnes adoptées par la tribu, mais le métissage n’est pas reconnu administrativement.

    Emilie: C’était le cas dans la communauté mohawk de Sonia, après le génocide et les épidémies. Quand la plupart des autochtones ont été exterminés, ils ont accueilli beaucoup d’Ecossais qui ont adopté les coutumes et la culture et sont devenus Kanien'kehá:ka. 

    On voit des Kanien'kehá:ka parlant parfaitement la langue. Ils ont un clan, une maison longue, mais ont les yeux verts et les cheveux roux. C’est même assez commun.

    Pour les Mohawks qui sont à la fois du côté canadien et étatsunien, est-ce les mêmes règles d’appartenance et de reconnaissance mohawk ?

    Emilie: C’est une autre question complexe, parce que les frontières ont été imposées par les gouvernements canadiens et américains, mais ils ont la possibilité de circuler dans la communauté d’Akwesasne (Québec, Ontario, Etat de New York).

    C’est à propos des pensionnats religieux, j’ai trouvé cette phrase d’un prêtre catholique : « Pour faire d’un petit Indien un bon chrétien, il faut d’abord en faire un orphelin ». Cette phrase ; vient d’un livre qui vient de paraître : « Les homes indiens pensionnats catholiques pour enfants amérindiens ». Celà ne se passe pas au Canada, mais en Guyane française.

    Le livre traite de la période 1948 – 2012. Je pense que la situation est encore plus dramatique pour les Indiens en France. Dans le monde, il y a deux Etats pires pour les peuples autochtones, c’est l’Indonésie et la France.

    Les Indiens ne sont pas reconnus en tant que tels. Aucun ministère des affaires indiennes n’a jamais existé en Fance !

    Emilie : Je suis tout à fait d’accord avec vous. Le Canada est un pays plus développé à ce sujet. Pour la Guyane, il y a beaucoup à faire. Je sais aussi que des pensionnats « accueillaient » le peuple sami, idem pour les autochtones d’Australie et de Nouvelle-Zélande. C’était un moyen d’assimilation afin de s’emparer des richesses des territoires.

    moiREPORTAGE DE PATRICIA


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :