• Le 16 juin 2012 - PAIMPONT - JOURNEE AMERINDIENNE organisée par la Tribu Calumet

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    UNE JOURNEE AMERINDIENNE A PAIMPONT
    LE 16 JUIN 2012
    A l’espace de l’étang bleu398428_3121772726975_1344271261_3323622_407255387_n
    Une journée placée
    sous le signe du partage et de la découverte

    Depuis 2003 et la Création du groupe « La Tribu Calumet », puis sa constitution en association loi 1901 en 2008, nous avons franchi une nouvelle étape en organisant une journée amérindienne pour la première fois à Paimpont en Bretagne.

    Notre but est que le plus grand nombre d’entre vous, apprenne encore et toujours sur la culture des premières nations. De nombreux reportages sont venus agrémenter le blog, nous nous sommes associés ou avons participé au financement de quelques projets, nous avons été à l’initiative d’autres rencontres, mais cette fois, nous avons invité plusieurs intervenants, des exposants nous ont rejoints, des associations, des stands d’animation étaient présents, bref, un programme alléchant pour que cette journée laisse à ses visiteurs, le souvenir d’échanges enrichissants

    Nous avons pu constater combien il est difficile d’organiser un évènement comme celui là, aussi modeste soit-il, aussi nous remercions chaleureusement les quelques bénévoles et tous ceux qui nous ont aidé pour permettre la réussite de cette journée…Loïc, Lionel, Hernan….merci aux participants, à Jean, à nos donateurs.

    Déjà, nous nous projetons vers l’avenir et dans nos têtes, peut être vers une prochaine manifestation, si nos moyens nous le permettent, probablement dans le Vexin.

    En attendant, ouvrez votre esprit et plongez vous dans notre reportage….bon voyage !

    PEROU
    Don Marcelino

    A la demande de Don Marcelino, la retranscription de sa conférence est faite sous forme de synthèse.

    Avant de commencer, il a demandé à l’assistance de se placer en cercle autour de lui. Cette disposition restera jusqu’à la fin de la journée.

    Bonjour,

    Je m’appelle Don Marcelino et je viens du Pérou de la communauté de Nazca.

    Vous nous avez ignoré, nous les amérindiens, à part quelques anthropologues. Les blancs parlaient pour nous, racontaient leur version de l’histoire.

    Nos rituels nous appartiennent, mais il est de notre devoir de vous transmettre la sagesse que nous avons conservé malgré le génocide de 1492, à vous les occidentaux, parce qu’elle fait partie du patrimoine de l’humanité.

    Vous observez, vous êtes attirés, vous copiez les rites sans comprendre le caractère sacré qui l’entoure.

    Pour nous, le chiffre 4 est symbolique : 4 directions, 4 passages de la vie d’être humain…etc…

    Nous ne nous demandons pas ce qu’il y a après la mort, mais où étions nous avant d’exister sur cette planète, nous avons notre réponse, les bouddhistes, par exemple, en ont une autre, même si parfois des points nous unissent.

    Pour nous, amérindiens, la vie est partout dans l’univers !

    Nous sommes des énergies, ce qui nous permet de prendre conscience de la valeur de notre corps où habite notre esprit, c’est pourquoi nous ne voulons pas le polluer. Nous défendons et aimons notre terre-mère depuis des millénaires parce que notre corps vient d’elle et du cosmos, ce dont n’ont pas toujours conscience les écologistes !

    Pendant toute votre vie, vous cherchez et espérez trouver l’amour, l’amitié…certains s’enferment parfois dans cette dépendance jusqu’à la mort, ou en prennent conscience beaucoup trop tard, alors que chacun détient la clé.

    Heureusement, certains projets comme l’investissement dans l’associatif par exemple, peuvent ouvrir une voie (arbre généalogique familial)…c’est notre histoire, celle de l’humanité, qui se réveille car elle sommeillait au plus profond 1de nous-mêmes (arbre généalogique de l’humanité).

    Vous souvenez vous du chiffre 4 ?

    Nous pensons qu’il y a 4 arbres généalogiques, le troisième est celui de la nature : ce qui nous entoure parle avec nous, y compris nos morts, nous autres, amérindiens, savons écouter, vos stéréotypes vous empêchent d’entendre !

    Nos ancêtres nous ont laissé une trace de leur passage (les pyramides par exemple…) : c’est le quatrième arbre.

    Pour l’heure, qu’avons-nous d’humain dans ce monde ? La question de savoir ce que nous faisons sur cette terre, lorsqu’on voit notre degré « d’humanité », mérite d’être posée.

    La prière est une énergie, l’espoir est une forme de prière….autour de nous, tout est énergie et vibration.

    (photo de Didier Paumier)

    Ce qui vous divise, c’est l’image que vous avez de la religion. Vous avez voulu comparer vos croyances avec notre vision de l’existence, or rien n’est comparable. Nous n’avons pas de temple, nous n’adorons personne, nous puisons l’énergie dans l’univers, alors que dans votre civilisation, vous naissez avec le handicap de la culpabilité, qui n’est pourtant qu’une expérience dans la vie.

     MONTANA (ETATS-UNIS)
    LAGRANT BLACK EAGLE ET
    JAE HUGS (12 ANS)
    de la réserve des Crows

    La thématique : l'histoire des crows et la vie dans la réserve de nos jours

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    Jean :(les tipis du bonheur de vivre – camp à Brûlon dans la Sarthe) http://www.lebonheurdevivre.net/

    Je vais vous présenter les intervenants :
    5

    (photo Didier Paumier)

    Lagrant Black Eagle est le frère adoptif de Barack Obama. Je m’attarde un instant sur ce point, car il est important. Le père de Lagrant, Sonny Hartford Black Eagle, est l’un des hommes medecine de la réserve de Crow Agency. Sonny a plus de 80 ans. J’ai eu la chance de le rencontrer l’année dernière. Le frère de Lagrant, quant à lui, est le « tribal Chairman », le grand chef des Crows.

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    Les parents de Lagrant Black Eagle
    avec Barack Obama (adopté par la nation Crow)

    Jae Hugs, est un enfant de la réserve. Peut-être, l’avez-vous remarqué, Jae est très grand alors qu’il n’a que…..12 ans. Les crows sont en général très grands, plutôt beaux hommes, les femmes sont très belles, elles aussi (sourires).

    Je vais vous expliquer pourquoi ils sont chez nous. J’ai monté il y a quelques années, un camp à côté du Mans « les Tipis du Bonheur de Vivre », parce que je me suis aperçu qu’en France, beaucoup de clichés et de contre-vérités circulaient, notamment des blancs qui se déguisent en amérindiens. De faux tipis sont montés et peints sauf que les tipis n’étaient jamais peints chez les amérindiens, c’est un mythe.

    L’histoire m’a beaucoup appris, c’est pourquoi je voulais que les gens se retrouvent dans un camp pour apprendre, rencontrer de vrais natives amérindiens, mais aussi découvrir la spiritualité, je me retrouve dans les propos de Don Marcelino. Nous accueillons, chaque année, environ 3000 scolaires, dans cette période justement, d’où leur venue sur le camp pendant un mois.

    Nous proposons des séjours en immersion totale avec des amérindiens. En ce moment, nous accueillons, Kevin Dust, Lagrant et Jae, chaque week-end.

    J’aimerais aussi vous mettre en garde sur les visites touristiques : lorsque vous allez voir un tour operator, parce que vous souhaitez aller à la rencontre des amérindiens, en général on vous envoie vers des réserves propres et soignées, comme au Québec, à Wendake, ou aux Etats-Unis chez les Navajos, jamais chez les Algonquins qui vivent dans des conditions déplorables, ou sur la réserve de Pine Ridge dans le sud Dakota, rendue célèbre grâce au film « Thunderheat ».

    Les Sioux sont d’ailleurs la nation la plus connue. C’est en partie dû à Hollywood alors qu’il existe plus de 500 nations en Amérique du Nord dont on ne parle guère, et avec autant de dialectes différents, il n’existe pas une langue indienne !

    Qui connait par exemple les Crows, toute petite tribu ?

    J’entends parfois des énormités : « j’ai donné un nom indien à mon enfant », un Crow n’a rien à voir avec un Sioux, comme un français n’est pas un allemand. C’est comme si je vous demandais de parler européen. Nous ne parlons pas l’européen, mais une langue bien définie, il en est de même chez les natives

    La langue de Lagrant et Jae, est le Crow « Apsalooka » (oiseau tonnerre) dans leur langue. Les amérindiens ne se comprenaient pas tous entre eux, c’est la raison pour laquelle, ils ont inventé le langage des signes. La plume qu’ils avaient sur la tête était leur carte d’identité.

    Dans les westerns, ont voit beaucoup apparaître la grande coiffe, alors qu’elle n’existe pratiquement pas. Elle est portée par le père et le frère de Lagrant. Jamais sur le camp vous ne verrez un amérindien danser avec une grande coiffe, nous ne voulons pas tomber dans le folklore. Nous expliquons ce qu’est la vie des indiens des plaines, qui n’a bien sûr rien à voir avec celle d’un Amazonien ou d’un Inuit, comme notre quotidien diffère de celui d’un Islandais par exemple !

    Sur le camp, nous avons monté une exposition pour le travail de mémoire sur le génocide amérindien (90 % de la population exterminée), qui a également été montrée à Lille et que nous avons aussi proposé au palais des festivals de Dinard. Nous avons fait 7000 visiteurs en un mois. C’est la seule exposition en Europe. J’ai travaillé pendant deux ans avec un historien, photos et articles de l’époque à l’appui.

    Dans le lot des escroqueries, un autre mythe persiste, celui des « chamanes » et de la médecine amérindienne. Nous en parlons régulièrement sur le camp. Le mot « chamane », dans leur culture, n’existe pas. Chaque homme medecine a sa spécificité, le mental, les plantes… La médecine amérindienne est aujourd’hui exploitée par des personnes mal intentionnées dont le seul but est l’argent. Nous avons, par exemple, trouvé sur internet, des week-ends en Bretagne, où, pour 300 euros, vous avez votre sweat lodge, vous participerez à la danse du soleil, et vous aurez votre quête de vision. Les Natives en ont assez de cette intrusion dans leur culture mais aussi que vous vous fassiez escroquer ainsi. Faites attention !

    Vous pouvez me rétorquer que moi aussi je vis de mon camp. Certes, à la différence près que j’invite à mes frais (voyage, hébergement..), de vrais Natives que je rémunère. C’est effectivement un camp, mais où vous découvrez de l’authenticité !

    Attention également à certaines associations qui laissent entendre que les amérindiens sont pauvres, et qui récoltent des dons, ou par l’envoi de stylos, cahiers….les amérindiens ne sont pas tous pauvres, ni des primitifs. Ils connaissent la télévision, facebook….Jae, par exemple, joue au basket !

    J’ai eu la chance de partir sur la réserve des Crows, et d’être accueilli à bras ouverts par les parents et la famille de Lagrant. J’ai vécu le grand Pow Wow l’année dernière à la Crow Fair, qui regroupait 650 danseurs, c’était grandiose !

    J’ai voulu mettre en œuvre, le projet d’inviter chaque année un enfant Crow. Comme tous les enfants, ce qui les fait rêver, c’est de voyager et de sortir de la réserve. Je m’attache à ce que celui-ci soit en conformité avec les valeurs de respect sur le plan social, donc en adéquation avec le message véhiculé sur le camp, et je demande à Lagrant de le « chaperonner ». Je suis heureux de participer à la réalisation d’un rêve. Nous faisons en quelque sorte, du tourisme équitable !

    Lorsque Patricia, nous a demandé de venir sur cette journée, je souhaitais que Lagrant démonte le cliché des réserves qui ne sont pas des camps grillagés, vous n’y verrez pas des miradors non plus. Je suis heureux aussi qu’il puisse vous parler des Crows, dont je suis sûr que dans l’assistance, très peu, voire personne, ne connaissent, et du travail social qu’il y entreprend.

    Une anecdote : lorsque je reviens de Roissy avec Lagrant et que nous passons le périphérique, j’ai honte qu’il découvre la misère de gens qui dorment dans des tentes au bord de la route. La pauvreté existe, bien sûr, aussi chez eux, mais je n’ai jamais vu un enfant demander un dollar. La fraternité existe, on ne laisse pas son voisin mourir dans son coin. La solidarité est leur force !

    6Damien pour traducteur.

    Jean :Qui sont les Crows ?

    Lagrant : Bonjour (en français), ensuite en crow

    Hier, j’ai volé jusqu’ici depuis le Montana, de ma réserve Crow. Mon peuple est très humble. Nous n’avons pas beaucoup d’argent, mais nous sommes riches de notre fierté d’être crow. Je suis très content d’être là, parmi les français. Ici, vous avez peut être l’impression d’être devant quelqu’un d’important, mais quand je rentre chez moi, je suis juste un anonyme parmi les autres. Chez vous, je deviens quelqu’un parce que je représente les Crows. Je remercie Jean de m’avoir invité.

    La vie sur la réserve n’est pas tellement différente de votre vie. La différence, c’est une frontière invisible. C’est le gouvernement qui a voulu que nous restions ici et qui essaye maintenant de nous reprendre ce territoire qui nous a été attribué. On reprend des terres tout autour de nous, mais nous nous battons pour la nôtre, car nous sommes un peuple fort. Nous sommes la troisième, voire la seconde plus grande réserve des Etats Unis, certaines sont très petites.

    Il y en a qui peinent à lutter contre le système. En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas dépendants du gouvernement, mais autonomes. Nous nous battons pour récupérer nos droits. Nous avons maintenant des enfants qui sont devenus avocats, docteurs, professeurs d’université...

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    Nous attachons beaucoup d’importance à l’éducation. Notre dernier chef nous disait qu’aujourd’hui, l’éducation doit être notre arme, c’était un chef très sage. Il a beaucoup travaillé avec les blancs. Nous sommes fiers de ce que nous sommes et de ce que nous avons réussi à avoir, notamment nos droits sur l’eau vis-à-vis du gouvernement. Lorsque la réserve a été créée, il a construit un barrage sur notre rivière, et nous devions payer l’électricité. Nous avons maintenant repris cette zone, ce qui effraye les autorités, car elles constatent que nous savons nous défendre

    Heureusement, maintenant, avec le président, mon frère, un vrai dialogue existe, une ouverture comme jamais auparavant !

    Jean : Je me permets de revenir sur l’aspect historique. Tout d’abord, les Crows vivent du sud du Montana au nord du Wyoming, jusqu’au Colorado et la frontière canadienne. Le célèbre parc de Yellowstone était situé sur la réserve Crow, mais en 1892, le gouvernement américain l’a repris aux Crows. Ils sont entourés par les Blackfeet, les Cheyennes et les Idatsa avec lesquels ils étaient amis.

    En revanche, ils étaient ennemis avec les Sioux Lakotas. Cet antagonisme datait de l’an 1100. L’histoire n’a jamais beaucoup communiqué sur cette rivalité. Elle s’est plutôt servie de la mythologie Sioux. Ils aiment à dire, eux-mêmes, qu’ils sont originaires du massif des Blacks Hills, ce qui est faux. A l’origine, ils étaient agraires et vivaient au Canada, mais ont été repoussés par la puissante fédération Iroquoise. A cette époque, ils n’utilisaient pas encore le cheval, et sont descendus par le Minnesota d’aujourd’hui, où ils ont été stoppés par cette fameuse barrière rocheuse des Black Hills. La richesse du lieu les a incités à s’y installer.

    A l’origine, le tipi n’était pas indien. Les Mayas vivaient en cité, les Navajos dans des hogans…

    A l’arrivée de Christophe Colomb, les amérindiens ne manquaient de rien : du bois, du maïs, du tabac, des pommes de terre…. ils n’avaient aucune raison d’être nomades. Lorsque 100 000 Sioux sont arrivés dans les Blacks Hills, ils n’avaient rien à cultiver, mais ils trouvèrent une richesse inestimable : le bison. Ils décidèrent de s’installer et chassèrent sans difficulté les 5000 Crows de l’autre côté des montagnes. C’est à ce moment qu’est né le tipi.

    Les crows, jusqu’en 1730, ont passé leur temps à être attaqués, étant désormais sans territoire. Ils s’installaient sur d’autres terres mais étaient constamment repoussés. C’était une tribu perpétuellement en guerre. L’arrivée du cheval n’a rien arrangé puisqu’il a poussé à son paroxysme le phénomène, et engendré encore davantage de guerres fratricides. On pense souvent que le cheval a porté l’amérindien à son apogée, soit, mais il a aussi accentué son déclin.

    Je vais tordre le cou à une autre légende : peut être connaissez vous le site de Little Big Horn, là même où Custer a été tué. Vous pouvez visiter, à cet endroit, un musée à sa gloire et à celle de Sitting Bull. Premier mensonge, Sitting Bull n’a jamais mis les pieds à Little Big Horn, il n’était pas chef, mais un homme spirituel. Crazy Horse était présent. Deuxième mensonge, Custer n’est pas mort « au combat ». En traversant la rivière, il est tombé de cheval. Les femmes Cheyennes sont arrivées lorsqu’il était à terre, et elles lui ont transpercé les oreilles avec de grosses aiguilles en lui disant « tu n’as pas écouté tout ce qu’on te dit depuis des années ». Une femme s’est assise sur le nez de Custer et il mourut ainsi étouffé. Evidemment, le mythe du héros américain en prend un sacré coup….Les américains ont l’habitude de mentir sur leur histoire !

    Little Big Horn, situé en pleine réserve Crow, attire des millions de visiteurs, c’est pourquoi le gouvernement américain a repris environ une trentaine d’hectares afin de faire fructifier cette manne financière.

     Questions du public 4
      (photo de Didier Paumier)

    Vivez-vous sur votre terre d’origine, où vous a-t-on déplacé ?

    Nous sommes toujours sur les terres où nous vivions, mais le gouvernement a tracé les limites du territoire alors qu’il n’en existait pas auparavant. On nous a imposé de rester dans ces limites. Il en a été ainsi pour d’autres nations.

    Je ne connais pas bien ce qu’un gouverneur de l’Etat du Montana peut avoir comme influence sur les tribus et le président des Etats Unis. Est-ce qu’un gouverneur peut influer sur le fait de redonner des terres ou pas, ou est ce le président ?

    C’est vraiment le président qui se situe en haut de la chaine d’influence. Il travaille avec le gouverneur du Montana, puis le conseil tribal statue ensuite, mais les décisions viennent bien d’en haut d’abord.

    Pourquoi vous a-t-on encore retiré des terres ?

    Est-ce une décision du président des Etats Unis et du gouverneur du Montana, ou est ce le président de l’époque qui en a décidé ainsi ?

    C’est plus complexe que cela : il existe aussi des propriétaires terriens qui décident de vendre, soit au gouvernement, soit à d’autres acheteurs. Tout ne se décide pas en haut non plus, les gens sur place, ont leur mot à dire !

    Est-ce que le gouverneur actuel du Montana serait davantage susceptible de vous aider ?

    Oui, comme je le disais tout à l’heure, il nous a aidé par exemple sur le problème de la protection de nos ressources.

    Jean : Je pense qu’il est important de comprendre comment fonctionne la réserve. Je vais demander clairement à Lagrant de parler du travail de son frère, puisque c’est le « tribal Chairman » des crows.

    Il faut savoir qu’une réserve est un Etat dans l’Etat. Depuis 1973, et le soulèvement de Wounded Knee, le gouvernement américain a décidé de laisser l’autonomie aux réserves tout en leur versant de l’argent, sauf qu’aujourd’hui, ces aides ne sont plus prioritaires dans le budget de l’Etat alors qu’il faut financer la police tribale, l’éducation…..

    Cet argent n’est pas de l’assistanat. Il est vrai que certaines tribus se contentent des aides qui leur suffisent. Chez les Crows, le travail est une vertu. La pauvreté existe. Certains mobil home, mot encore trop pompeux pour certaines habitations, n’ont que des couvertures en guise de fenêtres, alors qu’en hiver, la température descend à moins 30 ou 40 °

    Mais des projets voient le jour. La maman de Jae travaille pour un blanc qui extraie de la roche et utilise la terre sur place pour fabriquer des briques. Cet homme emploie les Crows et des maisons au concept écologique reconnu, sont construites pour leurs familles à un coût défiant toute concurrence.

    Un projet personnel, qui me tient à cœur, verra le jour en 2014. Nous voulons monter un camp similaire à celui de Brûlon, dans le Montana. Nous aimerions que les gens viennent voir d’eux-mêmes ce qu’est une réserve. Nous allons engager des Crows, notamment des jeunes afin de les inciter à ne pas partir. Nous aimerions que les anciens viennent perpétuer leur histoire et leur culture. C’est un autre rêve qui se réalisera pour moi.

    Jean : Quel est le travail de ton frère ?

    Lagrant : Mon frère à la responsabilité de prendre les décisions pour la tribu des crows. Tout ce que le gouvernement va vouloir leur imposer va passer par un conseil tribal de 4 personnes présidé par lui. C’est un de ceux qui a travaillé sur le contrôle de l’eau. Il a une grosse responsabilité sur les épaules.

    Le mot réserve me gêne, c’est un mot péjoratif. Est-ce que les amérindiens se considèrent comme libres, comme ils l’étaient autrefois, malgré le fait d’avoir été « concentrés » ? Vous considérez vous comme enfermés ou libres ? Je pense que ce terme de réserve n’est pas approprié.

    Jean : Au Québec, on parle de communauté, aux Etats-Unis, il est vrai qu’on parle de réserve.

    Lagrant : Nous sommes libres de penser, mais parfois, pas toujours libres de nous exprimer. Avant que l’homme blanc n’arrive, nous nous exprimions dans les Pow Wow qui avaient été supprimés. Aujourd’hui, les choses changent, nos enfants étudient, ont des professions à responsabilité !

    Utilisez vous aussi bien votre médecine, dont certains font un business, que la médecine moderne ? Les étudiants ont-ils le droit de parler de leur médecine et même d’apporter leurs connaissances ?

    Nous utilisons notre médecine dans certains domaines. Nous avons aussi notre propre université sur la réserve.

    Damien : Pour plus de précisions, je lui demande si la médecine traditionnelle est utilisée dans la médecine moderne.

    Lagrant : Non, notre médecine, notre manière de vivre et de penser sont différentes de vous. Notre médecine est plus spirituelle.

    Utilisez-vous des plantes ?

    Lagrant : oui, nous utilisons les plantes, les racines et c’est une de nos médecines la plus puissante.

    Jean : Il faut comprendre que pour des médicaments, il faut parcourir 80 kms. Dans la réserve, il n’y a pas de pharmacie, mais pas non plus de supérette, ou de blanchisserie par exemple, d’où la nécessité d’être auto-suffisants sur le plan médical.

    Sachez que la médecine traditionnelle amérindienne est très puissante. C’est difficilement compréhensible pour nous, mais pour ma part, j’ai été transformé par cette force !

    Encore hier soir, une personne est venu me voir après la veillée sur le camp pour me dire : « Jean, c’est bien beau les textes, ce que tu dis, mais je ne trouve pas de solution dans ma vie. » Tout à l’heure, Don Marcelino a parlé d’une citation amérindienne : « prend soin de ton corps pour que ton âme ait envie d’y rester ». C’est la base de la médecine amérindienne, si vous rayonnez et restez positif, vous êtes plus fort. La méditation est aussi un moyen d’y parvenir. Je l’explique sur le camp : quand vous vous levez le matin, allez d’abord dire bonjour à votre femme et vos enfants, au lieu de consulter votre portable, histoire de partir du bon pied. Nous avons tous nos problèmes, à chacun de les appréhender de la meilleure manière qui soit. La médecine commence par là.

    L’homme blanc ne sait pas ce qu’est la plénitude dans la vie. Parfois Lagrant me donnait rendez vous dans la réserve, pour n’arriver que 2 heures plus tard. Pourquoi ? Parce qu’entre temps, il a rencontré un ami et lui a parlé car personne ne sait si c’est la dernière fois que vous parlez à la personne devant vous. C’est « l’Indian time »

    Chaque minute présente est la plus importante de notre vie. Les projets, c’est bien, mais il faut vivre aussi le moment présent, ne pas penser constamment au lendemain ou au passé ou bien vous finissez par marcher à côté de votre vie. C’est ce que j’ai fait durant 40 ans, et puis j’ai ouvert ce camp parce que je voulais que d’autres s’ouvrent à cette sagesse. Si au lieu de spolier les amérindiens, nous nous étions ouverts à leur sagesse, peut être ne serions nous pas aujourd’hui dans une société aussi décadente !

    Damien : Je lui ai demandé une précision sur les plantes et lui ai demandé si les laboratoires viennent étudier vos connaissances sur le sujet, et il m’a répondu que non.

    Je voudrais demander à Jae ce qu’il pense des blancs depuis qu’il est arrivé ici, en positif ou négatif ? (rires de la salle)

    Jae : Ma première impression sur les français, c’est leur gentillesse. J’ai été bien accueilli, je me suis senti bien. Comme l’a dit Lagrant tout à l’heure, ici j’ai l’impression d’être « quelqu’un », c’est une sensation différente de chez moi, dans la réserve où je suis un Crow comme les autres !

    Je voulais savoir qu’elle était le pouvoir du conseil tribal par rapport au gouvernement américain, s’il pouvait bloquer des choses qui ne leur convenaient pas.

    Lagrant : Oui, tout à fait. Au final, c’est notre conseil qui tranche, tout ce qui nous concerne, passe par nous. Nous pouvons donc interagir sur une décision qui ne nous convient pas.

    Jean : J’ai pu comparer entre le Canada et les Etats-Unis comment est traité le problème de l’alcool. Au Québec, l’alcool, comme l’essence d’ailleurs, est autorisé à la vente et détaxé dans les réserves. Les premiers consommateurs sont les Natives, mais les blancs en profitent aussi pour venir en acheter, alors qu’aux Etats-Unis, il est interdit dans les réserves. Au passage, si l’alcool est un problème, pourquoi ne l’interdirions nous pas aussi chez nous ? C’est la question que se posent les amérindiens vis-à-vis de notre système. Evidemment, certains sortent de la réserve pour s’en procurer, mais il n’y a pas plus de problème d’alcoolisme chez eux que chez nous. La police tribale est très répressive à ce sujet : toute personne en état d’alcoolémie purge au minimum une peine de 45 jours de prison. Lors du Pow Wow, un énorme semi remorque de la police stationne à proximité. Il est arrivé un jour qu’un amérindien, qui n’avait pas pris sa voiture, se soit fait arrêter…..à cheval en ayant bu, et bien il a été condamné à ses 45 jours.

    Quelle est la couverture sociale à l’intérieur de la communauté ?

     Lagrant : Nous avons une aide financière de l’état. La somme reçue dépend de chaque situation et des Etats.

    Quelle est la place du cheval dans votre communauté ?

    Lagrant : Il tient une place très importante pour nous. Nous les utilisons pour chasser, pour la parade dans les Pow Wow, juste pour le plaisir aussi. Beaucoup de Crows travaillent comme cow boy également.

    Jae : Je monte à cheval depuis que j’ai 4 ans, j’adore çà. Mon père a un ranch, avec 104 chevaux.

    Jean : A la « Crow Fair », environ 15 OOO amérindiens venant de tous les Etats-Unis se rassemblent. C’est très impressionnant. Nous étions une dizaine de blancs. Là bas, pas d’hôtel, ni de camping, il faut être invité par une famille. Les chevaux sont attachés partout, tu as envie d’un cheval, tu le prends, il n’est pas à toi, ce n’est pas grave, ils sont marqués, et tu te balades comme cela à crue. Ils n’utilisent des selles que pour la parade. J’ai vu des gamins d’à peine trois ans tomber de cheval et remonter comme si de rien n’était. Ils ont gardé cette tradition dans leur culture.

    Le racisme est un gros fléau dans leur pays, ce qui pose des problèmes pour trouver du travail en dehors de la réserve. J’ai pu le constater moi-même : nous nous sommes rendus dans un restaurant du Wyoming, nous étions avec Lagrant, sa femme et Agnès ma femme. Lorsque nous sommes rentrés dans le restaurant, nous avons entendu des insultes, puis quand on nous a apporté la carte, la serveuse ne leur en a pas donné. On a dû insister pour qu’ils puissent manger et quand leur plat a été servi, il était froid.

    Je voulais simplement m’exprimer pour vous remercier d’être venu nous exposer humblement votre diversité, vous dire qu’ici, vos peuples, vos traditions, tout ce que vous portez avec vous sont des exemples pour nous. Vos luttes sont les nôtres, vous avez une richesse que nous n’avons plus, la tribu. Nous, nous sommes divisés. Nous essayons de retrouver l’unité. Merci de votre présence ici.

    Applaudissement général.

    Lagrant : (en français) Merci beaucoup ! 
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    (Photo Didier Paumier)

    Pourquoi le nom de Crow ?
    Lagrant :
    Apsalooka veut dire en fait « enfant de l’oiseau au grand bec», donc l’oiseau tonnerre. Quand nous avons essayé de faire comprendre à l’homme blanc, ce que voulait dire Apsalooka, il n’a pas compris ce que voulait dire « bec » dans cette langue, alors nous avons montré le bec du corbeau, il en a déduit que cela voulait dire corbeau. C’est depuis qu’ils nous ont appelé les crows.

    Jean : Beaucoup de termes ont été falsifiés d’une manière aberrante, car nous les avons anglophonisé. La définition de « squaw » par exemple est différente de celles des livres, sa traduction véritable veut dire prostituée. C’était un terme générique donné par les trappeurs français et l’armée française, simplement parce que des amérindiennes nouaient des relations (si elles le désiraient), afin de recueillir des informations « sur l’oreiller ». Si vous dites à une amérindienne qu’elle est une squaw, vous allez passer un sale quart d’heure (rires). Il y a 500 façons de définir la femme !

    Le totem n’existait pas chez les familles nomades, ce qui est logique : imaginez une famille se déplaçant avec un énorme tronc ! On en trouvait chez les tribus sédentaires en Colombie Britannique comme les Haïdas…A Disneyland Paris, au ranch Davy Crockett, vous trouverez des tipis à côté des totems, ce qui est une absurdité     !

    Le cheval n’a pas, non plus, fait toujours partie de la culture amérindienne. Les apaches l’ont découvert en 1600, et il a fallu 130 ans avant qu’il ne traverse les Etats Unis pour arriver chez les crows  

    Jean : Dans quelle classe, es-tu et quels sont tes sports favoris ?

    Jae : Je suis au 7ème grade pour mon école

    Jean : il me semble que l’équivalence est la 5ème

     Jae : J’aime la natation, le football et le baseball

    Jean : Cela représente t-il quelque chose pour toi d’être Crow en 2012 et en es-tu fier ?

    Jae : Bien sûr ! Je suis fier aussi, comme nous le disions tout à l’heure, que nous ayons pu récupérer nos ressources en eau, et de représenter mon peuple, ici, en France !

    Jean : tu as internet, facebook, mais connais tu les danses ancestrales des crows ?

    Jae : J’ai commencé à danser à 5 ans, j’aime çà. Cela nous dépeint sous un angle qui me plait. C’est à travers la danse que nous exprimons nos traditions. Je participe aux grandes réunions de danseurs, les Pow Wow.

    Jean L’année dernière, Jae a gagné à la « crow fair », la « Push Dance » (la danse de couple), il en a ramené un super blouson floqué « Winner of the danse, Crow Fair 2011 » et 400 $.

    Il est important d’expliquer que les Pow Wow sont essentiels dans la vie des amérindiens. Ils sont indiscutablement la réunion de toutes les tribus pendant 4 jours de fête, où tout le monde est sur un pied d’égalité, sans distinction de niveau social, et où chacun est prié de laisser les conflits de côté.

    Bien sûr, pas d’alcool. On se donne rendez vous à une heure bien précise sur l’aire de Pow Wow, 600 danseurs s’affrontent dans des « Contest ». Lagrant est juge. Des prix sont distribués, on gagne donc de l’argent. Les tenues doivent être les plus belles possibles. Celles en peau de cerf sont devenues rares, on en trouve peut être encore quelques unes dans certaines catégories pour les femmes.

    Chaque danseur avant de rentrer dans l’arène est contrôlé, il ne doit pas y avoir une plume qui tombe au sol, car le Pow Wow peut être stoppé pour cette raison. Les plumes sont sacrées. Un prix  de 400 $ dans une famille qui en reçoit 100 par mois pour vivre, pour ceux qui ne travaillent pas, cela améliore plus que l’ordinaire.

    L’année dernière, nous avions emmené Darian, un autre jeune, à Montmartre pour qu’il s’achète du tissu afin de se confectionner une belle regalia. Nous emmènerons Jae avant son retour, dans ce même magasin. J’aimerais, qu’avec le tissu qu’il achètera, le voir danser dans sa nouvelle tenue, et remporter d’autres concours.

    Damien : Jae me précise qu’il a gagné la Push Dance, une danse très stricte, dans le Pow Wow. Il y a des catégories, comme chez nous, par âge, chez les touts petits, mais lui concoure dans celle des 13 ans et plus…..çà va jusqu’à 50 ans, la catégorie des séniors. Il faut réaliser qu’il était en compétition avec des adultes, les catégories d’âge diffèrent quand même quelque peu par rapport à nous.

    Jean : Par modestie, Lagrant ne vous dira pas qu’il a été un très très grand danseur. Il est déjà venu à Taïwan, en Europe, en Allemagne avec un groupe «BLACK WHISTLE ». L’année dernière, il nous a fait la surprise de danser sur le camp le dernier jour pour le prayer’s day. Jae, lui, dansera pour les écoles.

    Public : j’aurai aimé justement le voir danser !

    Jean :   Tu vas les embarrasser. Les amérindiens ne dansent pas sur commande. Il faut porter une régalia, c’est une tenue, pas un costume. Ensuite, le site doit être purifié. Je sais que Lagrant n’a pas bu d’alcool ce midi, mais si cela avait été le cas, il ne pourrait pas danser non plus. Tu n’as pas le droit de prendre de l’alcool avant. La danse, pour eux, est sacrée, c’est une prière, elle fait partie de leurs racines, de leur culture, on n’est pas en discothèque ! C’est une chance de les voir danser chez nous.

    D’ailleurs, je remercie Patricia d’avoir fait venir d’authentiques musiciens Boliviens. On vient souvent me dire sur le camp, que les gens ont rencontré des musiciens avec des plumes, qui dansent et vendent leurs CD, les vrais amérindiens dénoncent ces pales copies ! 

    Lagrant : La danse est un sentiment. Si tu es triste et déprimé, tu dois t’éloigner et ne pas danser. Tu le fais quand tu es heureux, tu peux exprimer ta joie et danser dans de bonnes conditions. La régalia est un outil pour s’exprimer.

    Je voulais savoir quelle était votre religion ? Est ce que c’est une prière à l’univers ? Y a-t-il un Dieu ?

    Lagrant : Notre religion est différente de la vôtre. Nous avons nos propres « églises », les sweat lodge (hutte de sudation). Nous y allons pour nous purifier et nous débarrasser des toxines de notre corps comme le stress, l’inquiétude et les angoisses. C’est aussi une cérémonie, nous utilisons beaucoup le jeun. Il arrive que nous ne mangions, ni ne buvions rien pendant 4 jours et 4 nuits.

    Jean : Kave, mon ami Crow, me disait que le mot religion utilisé par l’homme blanc n’est pas vraiment adapté en ce qui les concerne. On pourrait plutôt parler de spiritualité, d’une certaine manière de rentrer en relation avec la Terre Mère, le Père Ciel, les quatre directions voire les six, puisqu’on peut y rajouter le ciel et la terre. Tous ces rites sont ancestraux. Nous les retrouvons chez d’autres peuples de la Terre, ils ne sont pas liés qu’aux amérindiens.

    Lorsque Kave est sur le camp, il dit souvent aux personnes, « Vous êtes venus nous vendre vos prêtres en disant que c’était bien pour nous, alors pourquoi vos églises sont vides ? »

    Comment vous sentez vous dans cette société construite par les blancs ? Vous-sentez vous intégrés ou en résistance comme dans le fameux petit village gaulois de notre héros Astérix ?

    Lagrant : Nous devons nous adapter du mieux que nous pouvons dans la société américaine blanche.

    Certains blancs sont bons, d’autres nous rejettent, comme partout !

    Y a-t-il des mariages entre blancs et amérindiens pour éviter la consanguinité ?

    Lagrant : Oui, il y a des mariages interraciaux

    Jean : Si par exemple un Crow se marie avec une Comanche, à la naissance d’un enfant, les parents décideront à quelle tribu il appartiendra, par un document officiel. Concernant la consanguinité, je voudrais préciser qu’ils ne sont pas confinés chez eux et peuvent se déplacer.

    Quand on parle de tribu, on parle en fait de fédération. A leur apogée, les sioux étaient 200 000 et divisés en 3 nations : Lakota – Dakota – Nakota, puis sous divisés en 21 tribus.

    Chez les Iroquois, on trouvait les Mohawk, les Mohicans avec d’autres ramifications.

    Dans les petites tribus où il pouvait y avoir des soucis de consanguinité, on avait établi le système des clans (l’ours, l’aigle, le poisson…), pour pallier à ces problèmes.

    Jae : Je vais à l’école en dehors de la réserve, mais dans la réserve, on enseigne les traditions en Crow et en Anglais.

    Jean : je vais leur demander à chacun de conclure à leur manière….

    Lagrant : Merci de m’avoir accueilli dans votre pays, vous êtes les bienvenus aux Etats-Unis et dans notre réserve.

    Jae : Merci de votre accueil. Comme Lagrant, je dirais aussi que vous êtes les bienvenus chez nous au Montana.

    Jean : J’en profite aussi pour vous parler du CD que nous avons réalisé dernièrement à Paris en studio au mois de janvier dernier avec Kevin Dust et Kendall Odl Elk, Crow eux aussi. Nous y avons enregistré les contes et légendes que je raconte sur le camp le soir, ce sont des textes forts, ainsi que leurs chants traditionnels Crows
    photo CD NATIVE
     

    Chacun d’entre eux reçoit un pourcentage sur chaque vente, ainsi que l’association « Montre moi tes couleurs » qui défend également la culture amérindienne. L’association s’excuse, d’ailleurs, de n’avoir pu être présente aujourd’hui.

     






    Pour le CD :
    http://boutiquetribucalumet.kazeo.com/external/http://www.lebonheurdevivre.net/boutique.php?cat=16

    Nos invités ont pu vous paraître un peu trop sérieux, mais sachez que « nos » Crows ont beaucoup d’humour. Kendall me disait un jour « Tu sais, nous avons souffert par le passé avec la guerre contre l’homme blanc, qui n’a pas totalement disparue, mais personne ne pourra jamais nous enlever notre humour »….une manière aussi d’accepter l’histoire du génocide.

    Merci à Damien pour la traduction et merci à Patricia pour son invitation à Paimpont.

    Damien a traduit cette question de Loïc après la conférence pour Lagrant

    Vos parents et la nation Crow ont adopté Barack Obama. Est-ce seulement un symbôle, ou, peut-on attendre des avancés concrètes pour les nations amérindienne de la part du Président Américain ?

    On peut espérer une évolution de notre statut puisqu’il a invité le représentant de chacune d’entre-elles à Washington, le but étant que le peuple américain reconnaisse les peuples amérindiens en tant que premières nations.

    J’ai moi-même été invité plusieurs fois à la maison blanche.

    BOLIVIE
    German TINTAYA MAMANI
    du groupe LLAPAKU

    Très belle prestation de ces deux musiciens du groupe LLAPAKU 

    2

    Ce nom de LLAPAKU que nous avons donné à notre ensemble nous rappelle le rôle primordial qu’occupe la musique des Andes dans l’harmonie entre les hommes et leur environnement. Lors de son intervention, le groupe LLAPAKU présente les pays andins (Bolivie, Pérou, Equateur), sous leurs divers aspects culturels et artistiques.

    Notre groupe de musique des Andes LLAPAKU existe depuis novembre 1990, date du premier enregistrement réalisé en Bolivie avec la participation de musiciens autochtones et de musiciens citadins

    Depuis, nous continuons notre travail artistique afin de faire connaître la musique des Andes sous ses multiples facettes. Lors de nos représentations, nous offrons au public un aperçu des différents rythmes et instruments traditionnels qui caractérisent les régions andines de la Bolivie et de l’Equateur. De plus, dans les derniers enregistrements nous vous proposons un grand éventail de compositions personnelles, qui, sur des bases rythmiques traditionnelles, présentent une musique andine plus stylisée et contemporaine en recherchant la sonorité naturelle des instruments et l’harmonie musicale entre les flûtes et les cordes.

     LOGO DE LA PLUME A L'ECRANL'Association « De la Plume à l'Ecran »

    promeut le cinéma amérindien, afin de combattre les stéréotypes véhiculés à l'encontre des peuples autochtones et de défendre leurs droits fondamentaux

    Projection du film documentaire couleur de 23 minutes Réalisé par Agripino Icó Bautista2004 –

    Chiapas, Mexique.Saberes de las Parteras Indígenas de los altos de Chiapas

    (Savoirs des sages-femmes indiennes des hauteurs du Chiapas)

    Ce film a été réalisé suite à la demande des sages-femmes Mayas elles-mêmes, afin de sauvegarder des savoirs traditionnels, mais aussi pour transmettre ceux-ci à plus de La Sobadafemmes autochtones.

    Pour ces raisons, ce documentaire est à la fois destiné à informer et à promouvoir l'organisation OMIECH. Cette dernière s'est fixée pour but de faire revivre l'ancienne tradition de la médecine Maya, qui coexiste avec la médecine allopathique. Ces deux pratiques différentes se concurrencent tout en se complémentant.

     

    autre photo pour le film
    DSC01908
    ALICE
    Alice était présente pour l'association de la Plume à L'Ecran
    et représente l'association Mà (site trilingue) 
     

    Amazonie
    ARUTAM

    http://arutam.free.fr/
    L'Association ARUTAM 
    pour le   soutien, la protection, la promotion des traditions et cultures autochtones représentée par :  Claude GOUIN (journaliste français)
    CLAUDE
    Film présenté " Le point Zéro"

    Documentaire de 52 min
    de Christine Della Maggiora et Dominique Roberjot,

    Latitude 21 Productions,
    2008 en partenariat avec Arutam et notre action

    http://www.zero-deforestation.org/actu_20080531_zerod_le_film_.htm

    Le Point Zéro est le point le plus éloigné du front de colonisation en Amazonie équatorienne. Les spécialistes estiment que le jour où les compagnies pétrolières et les exploitations forestières atteindront ce point, il ne restera plus rien des forêts primaires en Haute-Amazonie.

    Là, vivent les Shiwiar, plus connus sous le nom de Jivaro… Ils ont décidé de lutter pour préserver leur territoire et leur mode de vie dans la forêt. Mais la menace est présente… Dans les dix prochaines années, le gouvernement  équatorien prévoit l’exploitation du pétrole dans la région par les multinationales !

    L'action Zéro Déforestation propose un programme de restitution des terres aux Shiwiar ainsi que des solutions pour préserver leur territoire et la boidiversité, de l'écotourisme solidaire, de l'agro Foresterie...  

    http://www.latitudsur.org/

     NOTRE TOMBOLA

    60 euros

    60 euros2 statuettes en céramique signées.
    Créations : Serge GARNIER, Algonquin de la communauté de Rawdon Canada

     Les gagnants un jeune DSC01939de la ville de Seraincourt (95) et le stand JAYHCE

      









     

     

     

    ANIMATIONS

    …en partenariat avec l'association CERCLE DREAM située à Corps-Nuds (sud de Rennes 35)

    Elle a pour but de réunir les personnes qui s'intéressent de près à la culture amérindienne, et propose régulièrement des ateliers.

    DSC01910

     Son jeu MAKA HALLP'AN jeu en famille pour découvrir les peuples autochtones de l'Amérique du nord au sud (répondre à des énigmes, colorier, construire…). Jeu entièrement réalisé par Cercle Dream.

    DSC01935

      Son stand de maquillage pour les enfants, son atelier de capteur de rêve 

    DSC01931

     DSC01932

     LES STANDS

    Notre stand La tribu Calumet
    avec celui des Tipis du Bonheur de Vivre
    http://www.lebonheurdevivre.net/ 
    et ARUTAM
    http://arutam.free.fr/ 

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     Association IKAMIA
    http://www.ikamia.org/qui.php 

    DSC01904

    Pourquoi Ikamia ? ("Ikamia" veut dire "de la forêt" en Aguaruna)

    Les Aguaruna, tout comme les Shipibo et les Ashaninka, sont des peuples d′Amazonie du Pérou et sont nos trois partenaires-artisans. Ikamia, association de loi 1901, se situe dans une logique de mise en valeur de leur art ancestral.

    Elle-même Aguaruna, la créatrice d′Ikamia est particulièrement attachée à la perpétuation de la culture traditionnelle de son peuple. De plus, la vente de ces bijoux assure un revenu aux mères de famille (artisanes) présentes à chaque étape, de la cueillette des graines à la création et à la vente du bijou   car il est essentiel de proposer une commercialisation de l′artisanat dont la chaîne de production est maitrisée de bout en bout par les Amérindiens. Ikamia essaie d′ouvrir cette voie...
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    EDITH    

     Librairie : La Maison des Sources
    13 rue de Brocéliande-56430 Tréhorenteuc

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    STAND DE LA LIBRAIRIEDSC01905

     Stand  "JAYHCE" DSC01911

     Notre équipe de choc
    Hernan, Loïc, Lionel et moi-même entre Jae et Lagrant
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     REPORTAGE DE


     


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