• Le 10 avril 2012 - Recontre avec l'actrice Casey CAMP-HORINEK - Projection du film BARKING WATER

    Le 10 avril 2012
    L'association De la Plume à l'Ecran

    http://www.delaplumealecran.org/#accueil

    en partenariat avec les Rencontres cinématographiques
    de Digne les Bains (04)
    Nous a présenté la projection
    d'un long métrage
    BARKING WATER
    et un court-métrage GOODNIGHT IRENE
    de Sterlin Harjo
    (Indien seminole/creek - USA)

    avec la présence exceptionnelle de la comédienne
    et militante de longue date pour la défense des droits des Amérindiens, Casey Camp-Horinek (Ponca-USA)

     

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    Sophie Gergaud,
    Bonsoir  à tous,
    <o:p></o:p>

    Vous allez assister à la projection de « BARKING WATER », de Sterlin Harjo (Indien seminole/creek - USA), en présence de  Casey Camp-Horinek (Ponca-USA).
     

    Nous faisons partie de l’association « de la plume à l’écran » créée en 2008, afin d’organiser un festival de films réalisés par les amérindiens, que ce soit du nord au sud du continent. Il est important qu’ils soient sous titrés pour qu’une prise de conscience de leurs existences se fasse auprès du grand public. <o:p></o:p>

    Il s’agit de films documentaires,   mais également d’arts comme celui que vous allez voir ce soir. Dans l’idée du réalisateur, ce n’est pas seulement une histoire d’amérindiens, mais aussi, plus simplement une histoire d’amour et humaine.<o:p></o:p>

    Cette année, notre festival aura lieu à Paris les 8 et 9 octobre au cinéma La Clé, et à Nantes du 10 au 13 octobre.<o:p></o:p>

    Avant de commencer la projection je voudrais remercier les rencontres cinématographies de Dignes Les Bains (04), où est invitée Casey qui nous fait l’honneur d’être avec nous ce soir.<o:p></o:p>

    Nous vous présentons ce soir en première partie, le premier cours métrage du même réalisateur « GOODNIGHT IRENE », d’une durée de 13 minutes, tourné en 2003. Pour la petite histoire, le fichier original a été perdu, il a fallu que je puisse en récupérer un, afin de le sous-titrer. Nous sommes désolés de la qualité de l’image, mais Casey qui joue dedans tenait absolument à ce que vous le découvriez. <o:p></o:p>

    Vous assisterez ensuite à « BARKING WATER », produit en 2009, film projeté en avant première du festival indépendant de Sundance, puis à celui d’Amiens cette même année où il a reçu le prix spécial du jury, et en clôture du festival Alter’Natif à Nantes l’année dernière.<o:p></o:p>

    Pour suivre l’actualité du festival amérindien, nous publions un bulletin trimestriel "le C@merindien

     

    Qui est Casey ? : Depuis 2008, en tant que représentante de l’Indigenous Environmental Network (IEN), Casey Camp-Horinek intervient devant le Forum permanent des Nations Unies sur les questions autochtones et participe à de nombreux rassemblements mondiaux tels que le Sommet de Cancun sur le climat en 2009. Fondatrice du Coyote Creek Center pour la Justice environnementale, elle souhaite sensibiliser les communautés autochtones et leur donner les moyens de combattre la pollution de leurs territoires, ainsi que les conséquences socio-économiques et l’injustice environnementale qui en découlent. Casey se bat depuis plusieurs années contre les raffineries d’Oklahoma qui traitent le pétrole issu des sables bitumineux extraits en Alberta (Canada), engendrant de nombreux cas de cancers mortels parmi les membres de sa nation. Elle est une membre éminente de l’American Indian Movement (AIM-Oklahoma). (Fiche du CSIA)

    Je passe la parole à Casey pour qu’elle se présente et nous enchaînerons sur la projection.<o:p></o:p>

    Bonsoir et merci,<o:p></o:p>

    C’est un honneur pour moi d’être ici parmi vous, dans votre pays, sur votre terre.<o:p></o:p>

    C’est un plaisir de rencontrer de nouveaux ami(e)s de mon « frère », d’être accueillie par des personnes qui s’investissent pour faire reconnaître les films autochtones.<o:p></o:p>

    C’était vraiment super pour moi d’incarner un rôle d’amérindienne contemporaine. La plupart du temps, dans ma carrière, j’ai eu beaucoup de rôles qui se situaient dans le passé. J’ai représenté de nombreuses tribus différentes (une douzaine) où malheureusement, je meurs à chaque fois !!<o:p></o:p>

    Sterlin Harjo est un jeune réalisateur incroyablement doué. Quand il a écrit les scénarios des deux films que vous allez voir, il avait 25 et 27 ans. « GOODNIGHT IRENE » se situe dans une clinique du service de santé amérindien en pays Séminole, et « BARKING WATER » est une histoire d’amour, de vie, au cours d’un long voyage en voiture, les 2 films ont lieu dans l’Oklahoma.<o:p></o:p>

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    Casey et Sophie Gergaud

    Casey : Je suis très heureuse de partager ce moment avec vous. C’est extraordinaire qu’un jeune scénariste et réalisateur tel que Sterlin ait pu écrire cette histoire. Je serais ravie de répondre à vos questions <o:p></o:p>

    Silence dans la salle<o:p></o:p>

    Casey (rires) : ok good bye !<o:p></o:p>

    Je vais peut être commencer par l’histoire de ce film et des personnes qui se sont impliquées.<o:p></o:p>

    Pour ceux qui connaissent les débuts du mouvement « American Indian Movement », avez-vous reconnu Richard Ray Withman qui joue le rôle de Francky ?.<o:p></o:p>

    Quand Sterlin m’a demandé de jouer dans son film, je lui ai dit que le scénario me semblait intéressant. Je lui ai demandé qui allait jouer « Francky » ? Lui-même voulait savoir si je connaissais Richard Ray Withman…..bien sûr que je le connaissais : depuis  40 ans. Il a joué le rôle de mon frère dans le film « Lakota Woman ». J’étais heureuse de jouer avec Richard à mes côtés.<o:p></o:p>

    J’ai juste oublié de vous dire que Richard a été adopté par ma mère. Dans les évènements de wounded Knee EN 1973, on lui a accordé l’honneur de partir le dernier. Il est aussi très doué pour jouer les morts. Nous en rions souvent, car dans ces trois derniers films, soit il meurt ou il est déjà mort. (rires de la salle)<o:p></o:p>

    D’un point de vue plus technique, Sterlin a réalisé ce film avec un producteur amérindien du nom de Chad BARRIS (nation Chickasaw). Nous nous sommes retrouvés tous les trois, dans ce qui est en quelque sorte les résidences de l’institut de Sundance.<o:p></o:p>

    Au départ, le scénario du film était plus dirigé vers une action militante, avec deux adultes impliqués sur les évènements de l’A.I.M. Mais au fur et à mesure du tournage, cela à plutôt évolué sur une relation entre ces deux êtres humains.<o:p></o:p>

    Nous avons tourné dans l’ordre chronologique, séquence par séquence, ce qui est assez rare. Normalement on tourne par exemple toutes les scènes autour de la voiture, celles autour de l’arbre….<o:p></o:p>

    Casey : Et maintenant avez-vous de questions ? (rires de la salle)<o:p></o:p>

    Public : Ce qui est très émouvant dans le film, c’est ce rapport similaire entre la vie et la mort. Vous représentez la vie, et lui la mort. La scène où Francky s’installe de lui-même dans le cercueil devient presque un jeu. S’il en est ainsi dans votre culture, chez nous, les occidentaux, l’approche est différente. Nous avons peur de la mort et la repoussons Pour vous, la mort fait partie intégrante de la vie, c’est une représentation naturelle.

    Casey: J’ai remarqué la même chose après le visionnage. Quand on tourne, on suit les indications du réalisateur sans avoir de vrai recul. Sterlin nous laissait la liberté d’improviser.

    Public : je ne me rappelle plus vraiment, mais je crois que dans un poème contemporain amérindien, Il est dit « il n’y a pas de remèdes contre la mort, car la mort n’est pas une maladie »

    Nous repoussons la mort, mais de plus en plus, cette prise de conscience nous permet parfois d’amener ceux qu’on aime, vers le passage.

    Casey : Comme Sterlin ne nous en parlait pas, nous lui avons demandé, à plusieurs reprises, pourquoi il n’invoquait pas plus dans l’histoire, la maladie de Francky et le moment exact de sa mort. Il a répondu qu’en tant qu’amérindien, ce n’était pas la mort en tant que telle qui l’intéressait, mais plutôt l’importance du long voyage d’accompagnement.

    Public : Vous dites que ce sont des films amérindiens, mais ils auraient pu être russes ou universels. Dans le premier film, que j’ai beaucoup aimé, on a plutôt l’impression d’être à l’hôpital Beaujon en train de faire la queue.

    Casey : Merci de le remarquer. Nous voulions en tant qu’acteurs et réalisateurs amérindiens, être simplement capable d’incarner des êtres humains et pas seulement jouer des rôles d’amérindiens.

    Public : Cela rappelle « la route de Kerouac », le premier long métrage de Spielberg. En Amérique, on peut traiter plusieurs sujets alors qu’en Europe, l’espace est très réduit. Cette liberté vous permet, à vous, d’aller très loin, dans la conscience et inconscience, dans la vie et dans la mort.

    Casey : Venez en Oklahoma et vous verrez ces routes infinies. Merci encore pour cette remarque. Ce genre de film ne donne pas seulement quelques informations sur ce que nous sommes et comment nous interagissons les uns avec les autres, mais il donne aussi une idée de l’endroit où nous vivons et de l’environnement dans lequel nous évoluons.

    Public : la route est infinie, mais la vie se finit-elle ?

    Casey : oui

    Public : Elle est formidable, c’est drôle de parler d’elle comme d’une actrice. C’est tellement unique et émouvant, elle ici et sortie de l’écran.

    Casey : Merci de vos encouragements. Cela va me permettre de vous expliquer comment je suis devenue actrice. Dans les années 80, ce métier me paraissait frivole et je ne pensais pas m’y retrouver. Un nouveau mouvement de cinéma s’est créé aux Etats Unis, et il est très stimulant de voir des réalisateurs comme Sterlin capable de créer des films avec des personnages aussi matures. Sur le plan personnel, je suis je suis fière d’avoir participé aux différents festivals pour représenter ce film, et de rencontrer les organisateurs.

    Le film a été projeté un peu partout dans le monde, mais j’étais la première Ponca à partir du continent « Tortue » pour venir en France.

    Public : (je n’ai pas pu entendre la question)

    Casey : Le film a été tourné en 2008, et projeté en avant première en 2009 au festival de Sundance. Puis il a fallu du temps pour trouver un autre distributeur car il ne rentre pas dans un genre bien défini, mais même si au final, il est difficile de voir un film réalisé d’une manière indépendante, il existe pas mal de salles intéressées aux Etats-Unis, des festivals sans compter internet où il est aussi possible de le trouver !

     Public : Quel était le budget du film ?

    Casey : Tout ce que je peux vous révéler, c’est que je n’ai pas été beaucoup payée (rire général). Je n’ai pas plus d’informations, je suis juste une comédienne.

    Public : Y a-t-il eu des critiques et articles de presse ?

    Casey : Oui, beaucoup et plutôt bonnes. Le film a été projeté au festival amérindien à New York, le « Native American Film and Video Festival », il a très bien marché, principalement parce que le public était amérindien.

    Il a été projeté également dans un festival pour les nouveaux réalisateurs ouvert à tout public, et a rencontré un énorme succès grâce aux articles qui ont couvert l’évènement.

    D’une certaine manière, les Etats Unis ne sont pas près à nous voir au cinéma dans un contexte contemporain, contrairement à d’autres pays. Ils préfèrent nous garder dans le passé.

    Les américains continuent de nous voir uniquement comme un obstacle franchi, et non avec nos problèmes existentiels

    Alors qu’Hollywood a arrêté de peindre les blancs en noir pour jouer les noirs, il y a toujours des non amérindiens qui continuent à jouer des amérindiens au cinéma. Le dernier exemple en date c’est le film « Twilight » où le personnage principal pour les amérindiens, n’est pas amérindien.

    Public : Je suppose que le grand Redford vous a beaucoup aidé et vous aide beaucoup à votre festival Sundance ?

    Casey : En effet, Robert Redford s’est beaucoup engagé pour lancer le mouvement du cinéma amérindien, notamment par les rencontres qu’il organise dans sa résidence. Il permet à des réalisateurs expérimentés de rencontrer et d’aider de nouveaux réalisateurs qui débutent comme justement Sterlin en 2003.

    Public : Sur le thème de la mort dans le film, je voulais vous dire que j’ai trouvé assez poétique cette manière de faire une métaphore entre la disparition des anciens amérindiens et la mort de Francky, qui au fur et à mesure du film est lente, à peine perceptible et pourtant presque irréversible.

    Casey : Merci pour ce bon commentaire, mais nous ne sommes pas morts (rires) et j’aime bien la métaphore entre les deux.

    Public : Le film pour moi est plus sur la vie et l’amour que sur la mort…

    Casey : C’est vrai et c’est ce que nous avons aimé en y jouant !

    Public : On rentre un peu dans l’univers indien et on a cette chance de découvrir des familles sans tomber dans la caricature comme généralement !

    Casey : Oui, c’est effectivement une chance pour découvrir l’Oklahoma d’aujourd’hui.

    Public : Quels sont les projets actuels de Sterlin

    Casey : Il a plusieurs projets en vue et notamment un film qu’il tournera avec Ryan Red Corn (l’un des deux neveux un peu « foufou » dans le film). Il fait partie d’un groupe de 4 jeunes qui se font appeler « ceux de 1491 », vous pouvez les voir sur internet.

    Il travaille aussi sur un projet d’une série de documentaires en Oklahoma, sur la vie quotidienne. Il y a un mois, je l’ai reçu chez moi pour un sujet concernant notre lutte pour la défense de l’environnement.

    Comme tout jeune réalisateur il est obligé de se battre pour recueillir des financements afin de pouvoir réaliser le gros projet qui lui tient à cœur depuis longtemps Je lui dirai que vous avez posé cette question.

    Je remercie chacun et chacune d’entre vous d’avoir été là. Il est bon de pouvoir partager mon pays et les nations indiennes rouges, comme il est bon d’apprendre sur vous !

    Sophie : Elle nous remercie de l’avoir accompagné durant toute cette tournée dans le sud

    CASEY 1

     

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    REPORTAGE DE PATRICIA
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