• Lancement du premier magazine de mode destiné aux Amérindiens

    http://www.985fm.ca/international/nouvelles/lancement-du-premier-magazine-de-mode-destine-aux-180781.html  http://www.985fm.ca/international/nouvelles/lancement-du-premier-magazine-de-mode-destine-aux-180781.html

    Lancement du premier magazine de mode destiné aux Amérindiens

    Publié par La Presse Canadienne le mercredi 17 octobre 2012 à 14h05. Modifié par Kristi Eaton à 00h00.

    Lancement du premier magazine de mode destiné aux Amérindiens

    Mariah Watchman. The Associated Press

    SIOUX FALLS, États-Unis - Kelly Holmes en avait assez de ne pas se retrouver dans les mannequins et les articles de magazines de mode comme «Vogue», alors cette jeune Sioux a lancé un nouveau magazine, fait par et pour les Amérindiens. Son but: inspirer les femmes amérindiennes et aborder les phénomènes de société spécifiques à cette communauté de quelque 2,9 millions de personnes aux États-Unis, selon le recensement de 2010. 

    Kelly Holmes a grandi dans la réserve de Cheyenne River, dans le Dakota du Sud. Plus jeune, elle feuilletait pendant des heures les magazines de mode à l'affût des dernières tendances. Très vite, elle remarque que les mannequins ne lui ressemblent en rien, et que les sujets abordés dans ces publications n'ont pas grand-chose à voir avec sa vie dans la réserve, un territoire immense et peu peuplé, situé à des centaines de milliers de kilomètres du moindre magasin haut de gamme.

    La jeune fille aujourd'hui âgée de 21 ans se met donc en tête de créer son propre magazine de mode: une publication qui s'adresserait directement aux Amérindiens, hommes et femmes, et à tous les Américains désireux d'en savoir plus sur leur culture. Ce sera «Native Max», un trimestriel qui aborde la culture de la population amérindienne, avec photographies léchées sur papier glacé.


    Dans le premier numéro, publié uniquement en ligne, on retrouve des entrevues d'artistes, de musiciens et de mannequins amérindiens, ainsi que des rubriques santé, beauté et sport.

    «Il n'y a absolument aucun autre magazine dont le propriétaire, le concepteur et le gestionnaire soient amérindiens. Il n'existe aucun autre magazine de ce type ici. Certains publient quelques articles s'adressant aux jeunes Amérindiens, mais ils sont vraiment vulgaires et osés», explique Kelly Holmes, qui vit aujourd'hui à Denver, dans le Colorado.

    La rédaction a choisi de mettre en une du site de «Native Max» le mannequin Mariah Watchman, présentée comme l'«héroïne» de la population amérindienne. Membre des Tribus confédérées de la réserve d'Umatilla, dans l'Oregon, cette jeune femme a été propulsée vers la célébrité en devenant la première Amérindienne à participer à l'émission de téléréalité «Top Model USA».

    L'objectif du magazine est de présenter un message positif, tout en abordant des sujets controversés. Dans le premier numéro, la jeune Kelly Holmes a par exemple interrogé deux femmes venant de lancer une campagne de sensibilisation à la violence subie par les Amérindiennes. Statistiquement, une femme amérindienne sur trois est victime d'un viol au cours de sa vie et une sur quatre est agressée physiquement, d'après le département américain de la Justice.

    Rhonda LeValdo, présidente de l'Association des journalistes amérindiens, se félicite que «Native Max» et d'autres médias s'adressant aux Amérindiens montrent aux Américains qu'ils sont, eux aussi, des gens bien. «Ils veulent être mannequin, vedette du cinéma, artiste. Je crois que cela montre que nous sommes comme tout le monde, contrairement au stéréotype de l'Amérindien en cos
    tume traditionnel», souligne-t-elle.

    Les neuf membres de la rédaction de «Native Max» viennent de toute l'Amérique du Nord, y compris de la nation Navajo, en Arizona, et des nations Otomi et Yaqui, au Mexique. «J'aime le fait que nous voulions impliquer un maximum de personnes de notre communauté, et qu'elles nous donnent des idées"» explique la directrice de la publicité, Angelica Gallegos, âgée de 20 ans et membre de la tribu apache Jicarilla. «J'apprécie aussi de découvrir les différents artistes et personnalités amérindiens de notre pays, et comment ils contribuent à aider leur peuple de diverses manières.»

    Rhonda LeValdo, qui est aussi professeure à l'université des Nations amérindiennes d'Haskell, dans le Kansas, souligne cependant que toute publication doit impérativement avoir un apport financier pour survivre. Il y a quelques années, l'un de ses étudiants avait lancé un magazine sur la musique amérindienne, mais avait dû abandonner après deux numéros faute de modèle économique efficace.

    Kelly Holmes, de son côté, recherche assidûment des subventions et des investisseurs, sans succès pour l'instant. Elle déclare avoir investi 1000 $ US de ses économies personnelles pour lancer le magazine, mais elle espère que la publicité et les ventes le maintiendront à flot. En décembre, le magazine ne sortira plus que sur papier et sera distribué par correspondance aux abonnés au prix de 10 $ US le numéro.

    Pour le moment, «Native Max» ne possède que 100 abonnés, mais Kelly Holmes compte sur la couverture d'événements de mode se déroulant dans tout le pays pour dynamiser ses ventes. Les obstacles à surmonter pour diffuser son magazine n'ont pas terni son rêve: celui de posséder son propre magazine qui s'adresse aux Amérindiens.

    «Chez les Amérindiens, il y a des personnes qui ont du talent», déclare-t-elle. «J'aimerais qu'elles inspirent les autres et leur montrent qu'il y a d'autres gens dans le monde qui font la même chose qu'eux.»
     

     http://www.985fm.ca/international/nouvelles/lancement-du-premier-magazine-de-mode-destine-aux-180781.html 


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :