• Journée internationale de solidarité avec les peuples indiens des Amériques le 10 octobre 2009

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    Gif Amérindiens

    JOURNÉE INTERNATIONALE DE SOLIDARITÉ
    AVEC LES PEUPLES INDIENS DES AMÉRIQUES


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    Samedi 10 Octobre 2009

    de 15h30 à 22h00

     Gif Amérindiens

    Nous voici à nouveau réunis pour une nouvelle journée avec le CSIA, vous me direz, c'est encore la même chose.... dans la conception peut être, mais tellement différente aussi, les intervenants ayant tellement à nous transmettre !

    Nous sommes dans un lieu différent sur Paris, avec notre nouveau monsieur loyal en la personne du nouveau président du CSIA,  Mathieu Bernard.  

    La phrase et l’idée à retenir pour cette journée :
    Les peuples autochtones sont bel et bien vivants, et continuent à lutter dans le monde

    Merci d'être aussi nombreux pour cette 31ème édition de la journée internationale de solidarité avec les peuples Indiens des Amériques.

    Cette journée donne le départ à toute une semaine de manifestions en faveur de la défense de la planète et des peuples autochtones avec la participation des différentes associations et ONG...

    Cette année, dans la continuité de cette célébration, la journée de solidarité se distinguera par la présence d’une nouvelle génération de militants amérindiens, avec l’espoir qu’ils impulsent un nouvel élan. Ils viendront témoigner des luttes actuelles pour la reconnaissance de leurs droits humains et collectifs, malgré la criminalisation et la répression qu’ils affrontent. Parmi eux : Karmen Ramirez Boscan (Wayù, Colombie), représentante de l’Organisation nationale indigène de Colombie (ONIC), et Pedro Cayuqueo (Mapuche, Chili), rédacteur en chef de Azkintuwe. Nous aurons d’autres intervenants, malheureusement certains n’ont pu se libérer.

    Nous projetterons à cette occasion le film documentaire « No more smoke signals », réalisé par Fanny Bräuning, sur Kili Radio, une station de radio communautaire qui est « la voix de la Nation lakota » depuis plus de vingt-cinq ans sur la réserve de Pine Ridge (Sud-Dakota), haut lieu de la résistance autochtone aux États-Unis. Un film documentaire exceptionnel, prix du meilleur documentaire suisse 2009, et prix du film à Soleure, Zürich et Bâle en 2009. 

    CSIA octobre 2009

     GUATEMALA

     
    José Morales (maya-quitché)
     

    Certains me connaissent, je suis Jose Morales, un Maya-Quitché du Guatemala, je représente 3 communautés.

     

    Avant tout, permettez moi, de saluer le courage et la force de notre frère Léonard Peltier qui en dépit de l’inexplicable refus de sa libération conditionnelle, reste un exemple pour nous tous. Tous mes vœux pour que notre mère la Terre et notre père le Soleil, le protègent.

     

    Pourquoi la lutte autochtone est-elle l’objet d’une criminalisation ? La réponse est presque évidente, tous ceux qui s’opposent aux intérêts des secteurs dominants sont à bannir et à diaboliser. 

     

    Dans ce sens, permettez moi plutôt de traiter la lutte autochtone face à la hausse de la criminalité dans la société actuelle.

     

    Quelles sont les causes qui expliquent ce phénomène ?

     

    1 – La stratégie de l’indianisation, c’est comme cela qu’elle a été appelée et instaurée depuis le temps de l’invasion des 1ers européens. Dans l’Amérique centrale, ces secteurs dominants considèrent les descendants des Mayas, comme des indiens qui parlent Maya, sans aucune autre considération, et non comme des Mayas, afin de laisser volontairement planer l’ambiguïté. Conséquence : on protège l’héritage maya des sites archéologiques, mais on néglige les habitants de cette région, pourtant authentiques descendants autochtones. Ceux qui détiennent le pouvoir s’arrogent le droit de tuer et d’éliminer les indiens, qui pour eux « ne valent pas mieux que des bêtes », justifiant ainsi le vol, l’appropriation des terres, des territoires, mais plus grave, l’extermination et le nettoyage ethnique.

     

    2 – Le Guatemala regroupe la macro-économie la plus haute de l’Amérique Centrale, car la main d’œuvre y est quasiment gratuite. Les Mayas sont majoritaires (8 sur environ 13 millions d’habitants), et l’immense majorité vit sous le seuil de pauvreté, tout en étant autosuffisante.

     

    Les ventes des fabricants d’armes (Américains, Union européenne, Israël….) sont hautement rentables. La guerre est une très bonne affaire.

     

    Pour mieux profiter de ces paradis bananiers, dont le Guatemala fait malheureusement partie, on invite des investisseurs et entrepreneurs Sud Coréens, sorte de prédateurs déguisés, censés apporter progrès et espoir d’emploi pour le bien de la patrie.

     

    Dernièrement encore, une exploitation minière canadienne importait de l’or avec la complicité des deux derniers gouvernements, évidemment au mépris des communautés mayas résidant sur ces territoires.

     

    Le prix du café s’effondre par la bonne grâce de la globalisation des multinationales, prétexte supplémentaire pour ne pas payer la main d’œuvre des Mayas, pourtant performante !!!

     

    ...et comme il faut maintenir la guerre, on invente des ennemis de la démocratie américaine, comme le communisme, le terrorisme…

     

    En somme, cette main guatémaltèque, est favorable aux profits marchands et financiers, ce qui explique aussi, pourquoi, le Guatemala est le pays le plus violent de l’Amérique Latine, et, nouvel argument, diaboliser Castro, Chavez, Evo Morales est devenu tendance!!!!!

     

    Ceux qui s’opposent aux grands capitaux et multinationales, sont des ennemis qu’il veut abattre. La communauté internationale a réagi, certes, en mettant la pression sur le pays pour lui demander de cesser la guerre, mais seulement avec…..40 ans de retard !

     

    En 1996, la paix fut signée. On a alors pu dénombrer 4000 assassinats par an pendant la guerre, contre 6000 en 2009, tout ceci dans la plus grande indifférence. La communauté internationale est de nouveau silencieuse, l’économie de marché reste prioritaire !!!!

     

    3 – Les 4 volets du rapport Rockfeller dans les années 60, recommandaient aux Etats Unis, afin d’avoir la mainmise sur le monde, de développer la religion, la musique, la drogue et le sexe. Une grande partie de la planète est devenue ainsi aliénée, apathique, et indifférente. Sauver son âme compte avant tout, en laissant ainsi le champ libre aux exploiteurs de tous bords et surtout guatémaltèques.

     

    Les quartels de la drogue, des Etats Unis, de Colombie, du Mexique et du Guatemala, les sectes religieuses et fondamentalistes des Etats Unis, le monde criminel que l’on appelle les « maras » venus également des Etats Unis, les paramilitaires au chômage après la guerre, mais à ce jour au service d’une partie de la grande industrie guatémaltèque, et les multinationales, se partagent et se disputent le pouvoir avec un solde macabre.

     

    Complice et partie, le gouvernement profite pleinement du gâteau.

     

    4 – Nous, Mayas sommes attachés à l’amour de la nature, est ce une faiblesse ? Non. C’est notre force inébranlable.  Les actions des mayas se multiplient, l’information circule à grande vitesse et les consciences s’affirment.

     

    Voyons ! Etre Maya était, est, et sera toujours un choix d’une forme de conception de l’univers. Cela implique une grande signification, un sens particulier. C’est le choix d’un ordre partiel qui règne dans le cosmos. Comme l’ont si bien dit, Alain Breton et Jacques Arnaud, scientifiques et spécialistes du Guatemala  (Nanterre). « Etre Maya, c’est le choix d’une éthique, la passion des ancêtres, le désir de durée. Etre Maya, c’est observer un mode de vie « façon maya », fondé sur l’amour de la nature minérale, végétale et animale. Ce respect civique Maya implique également une conscience politique dans le sens noble du terme, basé sur des principes fondateurs d’équilibre équitable, d’inclusion, de solidarité mais, qui s’insurge aussi face à l’injustice. Nous avons un terme qui veut dire « celui ou celle qui donne tout son être pour défendre sa famille, son clan, sa communauté, son peuple », ce qui ne veut pas dire rester indifférent au monde extérieur, ni souhaiter la mort d’autrui, et encore moins celle de la nature. C’est une résistance passive, tenace, qui parfois, comprend une forme de violence quand il s’agit de légitime défense.

     

    Nous n’avons pas de moyens, mais nous cherchons constamment  à échapper à la dépendance de la grande distribution, de l’industrie chimique, ou encore de la prédation. Bientôt viendra le temps de la nouvelle aube. Ce qui est aujourd’hui la vérité pour une grande partie d’entres nous, les Mayas, le sera pour une immense majorité de l’humanité. Si notre manière d’agir, dans la vie passée et actuelle, semble une faiblesse, qui profite à la criminalité croissante, ce n’est qu’une apparence. Peut être, comme l’a dit John Trudell dans un de ses films, faut-il verser le sang de nos frères et sœurs Mayas.

     

    Pour les humains Mayas, les animaux, les plantes, les pierres, nos rêves, nos utopies, les larmes de notre Mère la Terre, lorsque la tuerie dépassera notre imagination, peut être le monde comprendra-t-il le chemin qui mène à l’amour pour notre Mère la Terre et notre Père le Soleil. J’ai l’espoir de vous voir agir, vous aussi, avec nos jeunes, nos enfants. Alors, qu’attendez vous pour devenir des Mayas de la modernité, vous aussi ? Levez vous ! Levez les bras ! N’attendez pas qu’il soit trop tard.

     

    Merci

     

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    Merci  José pour ce témoignage, nous allons laisser la parole à nos camarades du comité de solidarité des peuples du Chiapas en lutte

      

    Bonjour à tous et merci au CSIA de nous permettre d’intervenir
    dans cette conférence.

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    Anne-marie
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    Nous voudrions parler au nom d’une jeune femme invitée ici même, qui se nomme  America DEL VALLE, mais absente parce qu’actuellement pourchassée par la justice Mexicaine depuis 3 ans. Elle se cache en ce moment, ce qui implique qu’elle ne peut voir sa famille, ses ami(e)s et peut difficilement entrer en contact avec son entourage.

     

    Nous avons donc choisi de vous parler de la situation qui l’a amené à être inculpée simplement pour avoir défendu avec les personnes de son village, leurs terres contre un aéroport. Nous vous évoquerons la situation d’Atenco, petite bourgade de 16 000 habitants, à une trentaine de kilomètres de Mexico.

     

    En 2001, les habitants d’Atenco se sont levés contre ce projet de construction d’un aéroport international qui prétendait raser leurs maisons, leurs champs, et donc leur histoire. Cette lutte fondée sur le droit inaliénable des peuples indiens de disposer de leur territoire a été exemplaire, puisque le pouvoir a dû reculer. Les tribunaux ont été contraints de leur donner raison en 2002, et le projet a été « officiellement » abandonné.

     

    Cependant, la répression s’est accentuée sur les habitants d’Atenco, et en particulier sur les fondateurs du front des peuples en défense de la Terre, en 2006, principalement les 3 et 4 mai, avec une violence sans limite, mandatée par le gouverneur de l’état de Mexico Enrique Peña Nieto et le président du Mexique de l’époque Vincente FOX entre autres. A cette occasion, la police fédérale préventive, ainsi que d’autres corps de police, ont participé à la torture et au passage à tabac de plusieurs centaines de personnes, que ce soit des habitants d’Atenco, ou d’autres personnes venues les soutenir, comme « l’autre campagne »<o:p></o:p>

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    L’autre campagne : organisation des zappatistes d’une campagne dans tout le Mexique, à cette époque, pour aller rencontrer des personnes en lutte.

     

    Quelques jours avant la répression, ils étaient passés à Atenco à l’annonce des menaces qui planaient sur la ville, et étaient revenus les soutenir. Ils font aujourd’hui partie des personnes incarcérées.

     

    Le bilan de l’opération : 200 personnes arrêtées, 36 femmes violées par les militaires et policiers, 2 personnes tuées dont un jeune de 14 ans, Javier Cortes Santiago, et un étudiant de 21 ans, Alexis Benumea.

     

    A ce jour, dans les prisons mexicaines, on compte encore 12 personnes détenues : 9 dans des prisons « ordinaires » proches d’Atenco, et 3 autres dans une prison de haute sécurité à plus d’une centaine de kilomètre du village. Je vous laisse imaginer comme c’est facile de leur rendre visite ! Nous n’allons pas nous étendre sur leurs conditions d’emprisonnement qui sont épouvantables. Chaque visiteur n’a droit qu’à une seule entrevue par mois avec fouille au corps ! <o:p></o:p>

    Les 3 personnes au quartier de haute sécurité sont : Ignacio Del Valle considéré comme le leader du mouvement, Felipe Alvarez  et Hector Galindo. Ils ont été condamnés pour séquestration et atteinte à la voie publique, pour des peines allant de 67 à 113 ans de prison.

     

    Les quelques libérations obtenues jusqu’à ce jour, l’on été à force de mobilisation et de soutien national et international, ce dernier non négligeable au Mexique parce que pesant très lourd dans la balance !

     

    Au Mexique, au mois de mai de cette année, le front populaire de défense de la Terre a lancé une nouvelle proposition de campagne internationale, où des délégués partent en caravane à la rencontre d’autres groupes en lutte, d’abord en septembre en visite au Chiapas, notamment chez les bases d’appuis Zapatistes, actuellement en basse Californie. Leur dernière étape s’achèvera à Oaxaca, puis la campagne se clôturera à Atenco par un grand festival pour la liberté, les 5 et 6 décembre 2010.

     

    C’est dans ce cadre que nous avons décidé, nous, comité de solidarité, de relayer l’information en France. C’était l’objet de notre intervention, et c’est en ce sens que nous intervenons aujourd’hui. Nous vous encourageons vivement à la diffuser et à relayer les évènements d’Atenco.

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    François Xavier

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    Depuis la prison de maximo exterminio del Altiplano

    Lettre d’Hector Galindo, prisonnier politique d’Atenco
    lundi 1er juin 2009.
     

     

    DEPUIS LA PRISON, CENTRE FÉDÉRAL D’EXTERMINATION PHYSIQUE ET PSYCHOLOGIQUE, N° 1 "ALTIPLANO"

    Aujourd’hui, trois ans après ce mois de mai rouge de 2006, nous pourrions dire que les choses en sont encore comme au début : l’illégalité, l’impunité et l’injustice caractérisent toujours le cas d’Atenco.

    Dans le décompte des dommages, ceux qui assassinent, ceux qui violent, ceux qui cambriolent, ceux qui brutalisent, ceux qui torturent, restent protégés par des institutions obsolètes et inefficaces. Trois ans après, les auteurs matériels de ces faits ont reçu une accolade et un chèque d’impunité de la Cour suprême de justice ; les auteurs matériels, qui ont perpétré de telles brutalités, n’ont pas été puni ; aucun policier ou militaire n’est en prison.

    Trois ans après, le gouvernement corrompu a fait le pari de l’oubli de ces faits, en espérant que le peuple apprenne la leçon : tout début de dissidence ou tout écart de conscience sociale et humaniste sera soumis à une répression enragée.

    Mais, encore une fois, il n’a pas réussi, parce que le peuple n’oublie pas et, à chaque fois, de nouveaux secteurs de notre société, acteurs, actrices, artistes, intellectuels, journalistes, universitaires, groupes... se mobilisent autour de l’exigence de "JUSTICE ET LIBERTÉ POUR ATENCO".

    Les contradictions sont abyssales, il n’y a pas de point de comparaison possible, mais c’est la réalité sociale de ceux qui, comme nous, exigent des droits, défendent ce qui leur appartient, mettent au service du peuple des connaissances et la solidarité. Voilà pourquoi je dis que l’illégalité, l’impunité et l’injustice sont toujours d’actualité, comme au début.

    Je vous remercie tous pour votre solidarité, votre participation et je fais un appel à l’unité, à incorporer et ne pas exclure, à chercher des ententes, à reconnaître diverses formes de lutte et de pensée, à adopter une attitude critique et constructive, à rassembler nos luttes, pour arriver à des accords, rendre hommage au passé avec des mots et célébrer le présent par nos actions.

    Depuis cette prison de haute sécurité spécialisée dans le traitement des délinquants dangereux dans laquelle nous avons été confinés, afin de soumettre notre intégrité physique et morale, notre esprit et nos idéaux, je vous dis, et j’élève la voix pour vous dire, qu’ils n’ont pas obtenu ce qu’ils voulaient, nous restons fermes dans nos convictions, idéaux et identité.

    Le gouvernement tyrannique et sans vergogne nous a emprisonnés ici, pour donner un exemple au peuple. Ici, nous recevons constamment un traitement inhumain, nous mangeons en trois minutes, nous nous baignons en trois minutes, nous restons enfermés vingt-trois heures par jour sous la lumière ininterrompue d’une ampoule jamais éteinte, toujours sous des ordres comme retirez votre chemise, retirez votre T-shirt, levez vos mains, retournez-vous, retirez votre pantalon, baissez vos slips, baissez votre prépuce, montrez vos testicules, retirez vos chaussettes et vos chaussures, rhabillez-vous, ha ! Mais faites d’abord trois flexions des jambes... Tous ces actes démontrent que plus qu’un centre fédéral de réadaptation sociale, c’est un centre d’extermination un centre d’extermination qui cherche à tuer par l’emprisonnement... par l’insalubrité, l’abandon quotidien, l’agression psychologique constante, la torture physique et psychologique qui existe toujours, l’irrespect, les attaques à la dignité, avec un égrenage permanent d’injustices, d’insuffisances médicales et sanitaires, d’isolements. Tout cela va à l’encontre de la dignité humaine et cherche à détériorer le corps et l’esprit. Malgré cela, et même malgré le refus de la visite familiale, me contestant la possibilité de donner une embrassade et de recevoir un baiser de ma chère mère, de mon père ou de mes frères, ils ne m’ont pas soumis, je reste ferme dans mes idéaux, et je fais face à toutes les humiliations et les punitions avec dignité. Mon cœur rebelle et universitaire est toujours inébranlable, la prison ne m’a pas soumis, au contraire, elle m’a rendu plus fort que jamais.

    Il est évident que je vous dois cette motivation, à vous qui avez de la mémoire, à vous qui combattez, à vous qui élevez votre voix, à vous qui ne cessez de lutter pour vos droits, à vous qui exigez justice et à vous qui réclamez notre liberté, je vous remercie et vous envoie une salutation combative, espérant que vous serez en forme.

    Je suis sûr, que tôt ou tard, nous convergerons tous dans un seul front, dans une mobilisation unitaire, car notre peuple se débarrassera des condamnations à perpétuité que l’on nous a imposées, il nous extraira de la prison et libérera ceux qui sont poursuivis. Je sais que bientôt nous nous réunirons avec vous tous, et il y aura América, Adán, Juan Carlos, Román, Jorge, Alejandro, Narciso, Rodolfo, Edgar, Eduardo, Cesar, Pedro, Oscar et bien évidemment Nacho, Felipe et, bien qu’il ne soit plus physiquement avec nous, il y aura aussi Alexis Benhumea, parce qu’il est resté gravé d’une façon permanente dans nos cœurs et il a laissé là son immortalité.

    On peut assassiner et emprisonner les corps, mais jamais les esprits !
    Vivent pour toujours dans nos cœurs ceux qui ont lutté avec dignité !
    Il vaut mieux survivre dans une prison que se taire en étant libre !

    Mai 2009. Hector Galindo Gochicoa

    Prisonnier politique, condamné à soixante-sept ans et demi de prison, écroué dans un pénitencier fédéral de sécurité maximale.

    Avocat universitaire : faculté de droit UNAM

    http://libertadparahector.blogspot.com/

    Courriel pour écrire à Hector : mandamealgochido(a)hotmail.com 

    Traduit par Chantal.

     

     LETTRE D'AMERICA DEL VALLE

    Aux camarades du comité « liberté  et justice pour Atenco », aux compagnons solidaires au Mexique et dans le monde.<o:p></o:p>

    Recevez tout d’abord une embrassade immense !<o:p></o:p>

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    Dans la mesure de mes moyens, je suis chacun des efforts que vous faites pour obtenir justice et libération d’Atenco.

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    Je n’ai pas de mots assez forts pour vous remercier de votre chaleureuse solidarité qui nous remplie de dignité, d’espérance et de force.<o:p></o:p>

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    Nous avons dépassé le troisième anniversaire du mois de mai rouge sang. Ils nous ont plié, mais pas vaincu, ils nous ont condamné à la prison à vie, en oubliant que notre esprit, lui, restait libre avec l’énergie pour continuer le combat.<o:p></o:p>

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    Les raisons pour ne pas nous rendre, sont plus fortes que les chaînes et la persécution.<o:p></o:p>

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    Les « non-lieu » que la justice accorde aux répresseurs, ne suffit pas au pardon du peuple et de l’histoire.<o:p></o:p>

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    Le peuple lui, condamne les Enrique Peña Nieto, Ulises Ruiz et toute la longue liste des oppresseurs à la solde de l’Etat.<o:p></o:p>

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    Nous savons que la situation nationale empire chaque jour, pas seulement à cause de la crise économique internationale, fruit de la voracité insatiable des maitres de l’argent, mais aussi à cause des crimes perpétués dans les fondements même de l’Etat. <o:p></o:p>

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    C’est précisément parce que nous affrontons ces temps difficiles, qu’il est urgent et nécessaire que ceux d’en bas s’unissent et s’organisent…..dans la rue, les écoles, les universités, dans les fabriques ou encore dans les quartiers !

     

    Ici, dans la tranchée de l’exil ou en prison, on s’emploie à résister à notre manière pour rester debout, la tête haute, vers le soleil !

     

    C’est dans la lutte que nous nous devons d’être soudés, malgré les distances…<o:p></o:p>

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    Merci à tous ceux, de par le monde, qui nous soutiennent, merci aux membres qui forment le comité de solidarité pour Atenco <o:p></o:p>

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    America Del Valle, persécutée politique de l’Etat Mexicain, front des Peuples en défense de la Terre, nous sommes libres et le resterons !

     

    François

    Je voudrais juste préciser que, si nous communiquons surtout sur le cas d’Atenco, c’est parce qu’America Del Valle avait été invitée, vous savez maintenant les raisons de sa défection. J’insiste sur le fait que la répression n’a pas lieu malheureusement seulement sur Atenco. Un peu partout au Mexique, les luttes sociales, les luttes indiennes sont de plus en plus réprimées, notamment au Chiapas, où actuellement, on note une recrudescence des attaques contre les communautés zapatistes, et celles qui leur sont proches.

    Des représentants d’associations de défense des droits de l’homme ont même eu à subir des agressions, cette escalade de la violence n’existait pas auparavant. Cette situation préoccupante et nouvelle au Mexique, n’est pas du tout réjouissante.

     Public

    Je souhaiterais moi aussi rajouter un mot pour reprendre et m’appuyer sur les propos de notre camarade concernant le Guatemala : c’est toujours à l’endroit où des ressources naturelles existent que s’organisent les répressions.

    Au Chiapas, c’est un projet touristique ou encore la construction d’une autoroute qui mènent aux pires exactions, on en revient toujours à la propriété des territoires que les multinationales veulent s’approprier sans trop regarder les moyens employés ! !

    José Morales

    J’espère que mes paroles vous ont interpellé, qu’elles ont suscité la curiosité et l’interrogation pour beaucoup d’entre vous !

    Souvenez vous : vous pouvez vous aussi être Maya dans ce monde moderne, posez vous la question de savoir ce que cela signifie…..

       

    QUESTIONS


    José Morales et Sylvain Duez Alesandrini

    Je vous remercie. J’ai été très touchée par votre discours. J’étais très ignorante de la situation au Guatemala. Une question : pourquoi faites-vous une distinction entre les indiens et les Mayas puisque leur spiritualité semble similaire, vous attachez de l’importance, entre autres, à la Terre, au Soleil. Ensuite vous dites, « ils »……de qui parlez-vous ? des gouvernements ? L’essentiel est dit, mais cela reste un peu obscur pour une personne lambda comme moi, sans véritable connaissance de la situation.

    José Morales

    C’est un sujet assez âpre, même repris au sein des Nations Unies, chez les représentants autochtones. En effet, certains ne voulaient pas être appelés  Indeginous ou  People, autochtone, et pour d’autres, surtout pas des Indiens !

    Le terme Indien, prend sa source dans l’histoire. Si j’étais venu ici, en vous qualifiant par exemple de turcs, vous n’auriez pas compris, voire peu apprécié….je n’ai pas fait cette erreur, même par humour !

    Mais là bas, cette erreur ne dérange personne, elle servirait même de prétexte à justifier le pillage des terres des communautés…..ce ne sont QUE des Indiens ! ! 

    A l’origine, les premiers européens ne savaient rien, et ne cherchaient pas à savoir si les habitants de l’Amérique avaient une âme ou pas, si nous étions des humains ou non.

    Ce fut l’objet de la controverse de Valladolid où un frère dominicain, Bartholomé de La Casas  s’est opposé à un théologien Gines des Sepùlveda. Finalement, on conclut que les indiens avaient une âme, ce qui n’empêcha pas les massacres, et surtout de ceux qui ne se convertissaient pas au christianisme. Cette stratégie a perduré des siècles et reste d’actualité !

    C’est cette stratégie de l’indianisation qui veut qu’on occulte sciemment l’identité des descendants des Mayas, des peuples d’Amérique du nord et du sud….un peu comme si je continuais à vous appeler les turcs pour vous dépouiller et m’en servir d’argument : « non, je ne pille pas les français, mais les turcs ! »

    Pour vous, le terme « indien », n’est peut être pas péjoratif, mais pour nous, c’est une insulte. Tout ce qui est indien est accompagné d’une épithète (….fils de ceci….), et représente moins qu’une bête, nous sommes à bannir, à exterminer, 

    Il est vrai que le groupe « American Indian Movement » s’est approprié ce terme, et revendique cette appartenance…c’est leur choix !

    Merci à vous les français de ne plus nous appeler « des indiens » !

    Sans le vouloir, vous vous rangez du côté de nos opposants politiques pour qui nous ne valons rien.

    Vous ne pensez probablement pas nous blesser, et pourtant c’est le cas. Nous sommes des Mayas, la charte des droits des peuples autochtones nous définie, nous reconnaît comme telle parce que nous l’avons demandé et exigé ! !

    Comment s’appelle le peuple qui se trouvait à l’endroit de l’extraction d’or et d’argent, comme nous avons pu le voir dans le film ?

     

     José Morales 

     

    Le peuple Maya est une grande communauté majoritaire de 8 millions de personnes, et 21 langues réparties dans tout le pays. 

    La communauté de San Miguel Ixtahuacan, peuplée principalement par des Mayas Mam, est l'objet de persécutions judiciaires, expropriations (réalisées avec duperies et promesses) et contamination par le cyanure.  

    La consommation de l’eau pour l’extraction de la mine d’or, représente celle d’une année pour les habitants des communautés qui habitaient ce territoire.

    A qui appartiennent les droits d’extractions ? Au gouvernement ? aux multinationales ? Ne peut-on pas nommer la compagnie d’extraction canadienne ?

    D’après la constitution Guatemaltèque, toutes les ressources minières et richesses du Guatemala appartiennent à l’Etat, qui négocie les concessions pour les compagnies multinationales.

    La compagnie d’extraction a changé plusieurs fois de nom, et Mathieu va vous l’expliquer beaucoup mieux que moi.

    Mathieu

    Vous parlez probablement de Glamis Gold et du projet Marlin, où des intérêts miniers canadiens sont en jeu !

    Cette mine au Guatemala a empaqueté une communauté autochtone locale, je sais que des amérindiens de Colombie Britannique ont été instrumentalisés par la société canadienne pour aller vendre le projet à leurs frères d’Amérique Centrale.

    Cette société a changé d’actionnariat assez souvent à cause de l’opposition, des risques et de l’impopularité du projet.

    C’est une société qui appartient à des amérindiens au canada ?

    Non, non, pas du tout, c’est une multinationale canadienne.

    (traduction d’Edith pour un intervenant dans la salle)

    La transnationale canadienne basée au Guatemala, dont les opérations minières fleurissent un peu partout dans le monde s’appelle Barrick Gold

    Je n’ai pas vraiment de questions, mais je voulais simplement insister sur la pression que peuvent exercer les multinationales sur les peuples originaires partout dans le monde. Au Brésil, par exemple, un projet touche toute l’Amérique du sud.

    Le groupe « Intervention Inter Régionale de l’Amérique du Sud », prévoit de  couper tous les territoires des indigènes, toujours dans le même et unique but : l’exploitation des ressources !

    Moi, je voulais aussi saluer l’initiative du CSIA et leurs intervenants, pour l’information diffusée aux diverses organisations françaises, ignorantes de la situation de l’Amérique Latine et du Nord.

    Sylvain

    Après 77, les représentants autochtones ont demandé aux Nations Unies, qu’un réseau de solidarité soit mis en place en Europe et dans le monde, d’où la naissance d’associations servant de relais.

    Avec nos petits moyens, nous continuons d’être ce trait d’union avec les communautés et organisations autochtones, et avec lesquelles, nous avons établi des liens fraternels….il est important pour nous d’être présents. 

    L’année dernière, à l’occasion des 30 ans de solidarité, nous avons eu notamment la nièce de Léonard Peltier, une table très importante sur Terre et Territoire avec Juan Chavez du Congrès National Indigène du Mexique, une Diné Navajo Waleha Johns d’Arizona, Félix Tiouka de Guyane Française, car il ne faut pas oublier aussi que la France possède encore des colonies.

    Aujourd’hui, avec la répression syndicale et les différents mouvements de jeunes qui luttent pour l’affirmation de leurs droits en kanaky, la responsabilité du gouvernement français est engagée !

    Il nous apparaît important de saluer cette nouvelle génération.

    L’année dernière, nous avons acceuilli Kenneth Deer, nation Kanien’keha : ka (Mohawk) de la communauté de Kahnawake, Canada, que nous connaissons maintenant depuis plusieurs années. La délégation a voyagé avec des passeports iroquois, et notre association a dû batailler pour que le ministère des affaires étrangères et la France l’acceptent. Nous sommes très fiers d’annoncer que ce travail a fini par payer grâce à nos efforts et un peu les vôtres aussi, puisque désormais, un accord entre la confédération Haudenosaunee (iroquoise) et le gouvernement Français pour faciliter leur entrée sur le territoire, a été conclu.

    Kenneth s’informe depuis de nombreuses années sur les développements des droits autochtones au niveau international, il est l’initiateur du portail indigène dans lequel Carmen (coordinatrice pour l’Amérique Centrale et Latine avec José), est partie prenante . Il était venu avec Thomas Deer, jeune représentant de la communauté de Kahnawake…. Kenneth continue d’instruire cette jeune génération.

    Encore une fois, nous voulons saluer cette nouvelle génération autochtone militante, du Chili au Canada, entre résistance et espoir, c’est la raison pour laquelle, nous voulions leur dédier cette journée et leur donner la parole en ce 10 octobre et cette célébration des droits des populations des autochtones des Amériques, et contre le racisme en Amérique.

    Nous avons à la table plusieurs intervenants : Pedro Cayuqueo, journaliste Mapuche du Chili, là aussi, nous nous connaissons depuis longtemps maintenant, et avons toujours lu ses articles. Son travail est capital pour montrer la réalité du Chili d’aujourd’hui et dénoncer la répression contre les communautés autochtones….de jeunes mapuche meurent encore sous les balles de la police…pas plus tard que l’année dernière, l’un d’entre eux en a été victime !

    Nous parlerons du boycott lancé par les communautés autochtones aux jeux olympiques d’hiver. Quelques jeunes militants autochtones qui protestaient contre la destruction de leur terre, avaient été interpellés pour avoir installé des barrages sur les routes.

    Pedro fait partie d’un journal entièrement composé de Mapuche " Azkintuwe ", qui traite de la question autochtone dans le monde.

    Carmen Ramirez Boscan représente les Wayùu de Colombie . Nous avions déjà invité, il y a trois ans, une représentante Wayùu du Venezuela qui dénoncait les exactions et l’exploitation des territoires en Colombie. Nous avons croisé de nombreuses fois Carmen aux nations unies où elle poursuit son combat de militante avec les femmes autochtones. Nous avons profité de sa présence au stage de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), pour l’inviter afin qu’elle puisse témoigner. Carmen fait elle aussi partie de cette nouvelle génération travaillant sur le terrain au niveau international et diffusant l’information par le biais du Portail Indigène.

    Les peuples autochtones sont bel et bien vivants, et continuent de lutter en différents endroits

    Pour finir, nous vous présenterons Eriel Deranger athapasca chipewayan du Canada. Elle travaille sur les nombreux problèmes de l’environnement, et la protection des territoires.  

     

    CHILI

     CSIA octobre 2009

    Pati (CSIA- traductrice) et Pedro CAYUQUEO

    Bonsoir, mes frères et sœurs, bonsoir à vous tous,

    Mon nom est Pedro Cayuqueo, j’ai 33 ans, je viens du pays Mapuche et je suis journaliste.

    Mon passeport indique que je suis Chilien, mais je ne suis ni Mapuche du chili, ni Mapuche d’Argentine, je suis tout simplement Mapuche.

    J’ai la charge de coordonner correspondants et intervenants Mapuche, chiliens et argentins. Je suis également directeur du journal d’information " Azkintuwe " sur la thématique Mapuche du Chili et d’Argentine.

    Si je suis présent ici, c’est comme porte parole représentant de la lutte Mapuche. Nous sommes solidaires de tous les peuples autochtones des Amériques comme du continent, bien que notre combat reflète son propre particularisme.

    Cette spécificité là, rejoint le fait que nous soyons le deuxième peuple le plus représenté au Chili. Le premier étant les Aymara qui se répartit sur trois pays et qui quantifie trois millions de personnes. Le peuple Mapuche regroupe deux millions de personnes divisés entre le Chili et l’Argentine. L’histoire de notre lutte, même récente, date déjà d’un siècle, depuis l’invasion et la perte de notre territoire en tant que Nation. Mon arrière arrière grand père de son vivant, a grandi dans un pays Mapuche libre. Les relations avec l’état chilien et argentin étaient pacifiques, et aujourd’hui, nous caressons l’utopie de rétablir un pays Mapuche de la diversité !

    Cet élan et ce désir de consolider cette utopie, va à l’encontre des intérêts des gouvernements. La tendance de l’échiquier international économique, est de nier nos revendications culturelles basiques.

    Lorsque je dois sortir de mon pays comme c’est le cas ici, il me faut répondre aux interrogations sur la démocratie au Chili, alors que nous pensons que cela fait 128 ans que nous subissons la dictature !
    ...ce qui ne manque pas de surprendre, voire de choquer les chiliens exilés qui ont combattu cette dictature, et qui s’enorgueillissent aujourd’hui de représenter un pays libre.

    Mon but n’est pas de faire de la propagande gratuite, je veux simplement faire comprendre que le Chili est le seul pays d’Amérique latine qui ne reconnaît pas l’existence des peuples autochtones.

    Jusqu’en 2007, il était encore l’un des rares pays d’Amérique Latine à ne pas avoir ratifié la convention 169 de l’OIT qui reconnaît des droits aux peuples autochtones. Bien au contraire, ses méthodes, en particulier les lois héritières datant de Pinochet, ne font qu’étouffer et réprimer le mouvement Mapuche actuel !

    Ce scénario d’un peuple, d’une nation qui a été spoliée, usurpée depuis plus d’un siècle, a eu évidemment des répercussions et a provoqué un sentiment très fort de nationalisme. Il a renforcé l’identité, et ce, notamment chez les jeunes générations, sans oublier les anciennes, contre un état qui tend à défendre un système néo-libéral et capitaliste.

    Notre peuple s’organise de différentes manières, en terme de contestation, d’expression, au niveau culturel et politique, face à un état oppresseur qui ne défend qu’un modèle économique, qui n’a pour fin, jusqu’à maintenant, que de transformer un territoire en un lieu de profits et de dépouillement des ressources locales. De tout temps, sur ce territoire, des crimes de jeunes militants Mapuche ont été commis, il s’exerce une militarisation pratiquement constante, et une stigmatisation de la presse chilienne, de la part d’une élite de droite, du centre droit, mais aussi d’une certaine gauche qui jamais n’a considéré notre histoire !

    Navré d’être aussi noir, mais ceci est LA réalité, nous ne sommes pas pour autant résignés, mais au contraire, plutôt en résistance, moi même, je suis engagé politiquement dans un parti qui veut reconquérir le pays de ses ancêtres !

    Nous sommes convaincus que notre cause, des 2 côtés de la Cordillère, ne pourra aboutir qu’en associant nos efforts avec les 2 pays chilien et argentin en parallèle, c’est pourquoi nous explorons diverses formes de co-partenariat avec des mouvements sociaux, eux mêmes victimes du système. Nous pensons qu’un changement radical, presque révolutionnaire, ne pourra venir que d’une alliance des plus opprimés, et pas seulement du peuple Mapuche. Il faut absolument une refonte de ces 2 états !

    Je vais arrêter là mon intervention en remerciant évidemment les membres du CSIA qui m’ont invité et permis d’être parmi vous. Je terminerai juste en rappelant que, si la décolonisation a existé en Afrique, d’autres peuples autochtones sont en lutte. Encore une fois, notre peuple de deux millions de personnes, veut exister comme nation culturelle, et j’aimerais que ma fille et mes petits enfants grandissent dans cette nation….merci à tous ! 

     COLOMBIE

    CSIA octobre 2009

    Karmen Ramirez Boscan - Wayùu

    Mon nom est Karmen Ramirez, je suis wayùu et je fais partie du mouvement des peuples autochtones wayùu depuis 2003, en particulier du rassemblement des femmes wayùu, et de diverses organisations telles que le réseau des femmes pour la biodiversité, ainsi que du portail internet de la confédération et des organisations indiennes. 

    Avant d’évoquer la situation en Colombie et dans la région, je voudrais juste approuver les propos du compagnon et frère Mapuche, sur les changements qui s’opèrent actuellement, comme une réponse à la défense de notre Mère la Terre.

    En Colombie, nous assistons à un champ de bataille pour les ressources naturelles, sur le territoire des peuples indigènes. Dans la communauté wayùu où j’habite, existe la plus grande mine de charbon à ciel ouvert au monde. Des multinationales veulent le contrôle géostratégique de cette zone.

    La réaction autochtone en Colombie ne s’est fait pas attendre, puisque les peuples indigènes dans le wayùu luttent aujourd’hui pour l’autonomie et l’auto détermination. La constitution colombienne prévoit un droit au territoire et à la juridiction indigène. Mais ce droit, en pratique, n’est pas garanti, pire, puisque l’état colombien, sous la pression des lobbyes, se fait complice de crimes contre ses opposants.

    La persécution de la police, la répression, les exécutions extra judiciaires, font malheureusement partie du quotidien des peuples indigènes colombiens, mais aussi des nombreux acteurs et militants sociaux.

    Depuis longtemps, la Colombie, et la politique totalement arbitraire de son président criminel Uribe Velez, en ouvrant grand ses portes aux multinationales, offre une garantie pour leurs intérêts, sans se soucier le moins du monde, de ceux de ses propres habitants, politique soi disant dictée au nom de l’intérêt national…..aussi, les peuples indigènes ont choisi de ne plus accorder de crédit à ce système anti démocratique !

    Nous sommes considérés non seulement en Colombie, mais dans toute l’Amérique Latine, comme des terroristes, des sujets de désordre engendrant le trouble, simplement parce que nous avons décidé d’élever la voix.

    De l’année 2000 jusqu’à nos jours, on a comptabilisé 2200 assassinats d’indigènes……27 personnes étaient de ma famille. Mon cousin a été victime de cette violence parce qu’il a refusé de laisser rentrer les paras militaires sur le territoire wayùu. J’ai, avec un membre de ma famille, porté plainte, car 250 cas d’atteinte à la dignité humaine pour les Wayùu ont aussi été recensés. De nombreuses personnes sont tombées pendant ce conflit, des victimes ne provenant pas seulement de la guérilla comme le prétend le gouvernement, mais surtout des paras militaires et de l’armée colombienne.

    Dans notre pays vivent 18 peuples indigènes d’une population chacune de moins de cents habitants, prémice, hélas, d’une extinction de plus en plus latente, le conflit actuel n’étant pas étranger à ce phénomène.

    Ce refus du gouvernement colombien de reconnaître notre lutte, soutient indirectement cette impunité, dont jouissent les criminels, mais rien d’étonnant à cela quant on sait qu’il a refusé en 2007, de signer la déclaration des peuples indigènes souscrite par l’ONU, tout comme les Etats Unis, le Canada et l’Australie….suffisamment significatif !

    Ce refus est compréhensif, puisque cette déclaration prévoit notamment que l’on consulte au préalable, les communautés indigènes concernées par l’exploitation et l’extraction des ressources naturelles (articles 24, 19 et 32)

    L’article 30 également, précise que toute incursion militaire sur un territoire, doit faire l’objet d’une demande au peuple autochtone concerné, or, 7 bases viennent de s’installer sans aucune consultation, laissant le champ libre à toute exaction !

    Nous, peuple Wayùu, refusons la violence pour nous défendre, nous préférons la parole, depuis que le mouvement guerrillero Quintin Lame, a déposé les armes autrefois !

    Cette prise de position nous a valu d’être aujourd’hui reconnu dans la constitution, bien que pourtant nous soyons toujours indésirables.

    Nous tentons de puiser notre force dans la spiritualité et la conservation de notre culture, une stratégie que nous voulons payante !

    Vous mêmes, soyez solidaires pour sauver notre Mère la Terre, car elle se trouve dans un état déplorable.

    Cette semaine a commencé la"Minga" pour la Mère Terre. Ce mot vient d'un peuple en Colombie qui veut dire travail collectif. Il ne concerne pas seulement les peuples indigènes, mais nous tous dans le but d’agir pour le respect de la planète. Mon vœu serait que vous souteniez chaque action en faveur de sa protection.

    Je vous remercie de m’avoir écouté, merci aux organisateurs !

     CANADA

     

    Eriel DERANGER - Athapasca  Chipewayan

    Bonjour je m’appelle Eriel Sailor Deranger, mon nom Diné est Thunder Women (femme tonnerre), et mon nom de famille signifie navigateur. Pendant la colonisation nos familles se sont vues donner des noms chrétiens, d’où le nom Deranger pour la mienne, peut être parce que nous aimons déranger les gens (rires dans la salle).

    Je suis là pour vous parler du nord de l’Alberta et de Fort chippewa, une communauté colonisée par les britanniques en 1788. Elle était initialement occupée par les Cree et Chippewayan. 

    Les chippewa vivaient notamment, du commerce des fourrures, jusqu’à ce que les britanniques de la baie d’Hudson récupère cette activité commerciale et la monopolisent. 

    Mon peuple Diné, et celui des Cree continuent de mener une vie traditionnelle, en accord avec notre mère la Terre, basée sur la pêche et la chasse, avec des gibiers tels que l’orignal, le cerf et le daim. C’est avec ce mode de vie que j’ai grandi, et où l’on pouvait boire directement l’eau à sa source.

    Ces 10 ou 15 dernières années, ont vu la destruction de cet environnement d’une très grande diversité, avec le projet appelé, " les sables bitumineux du Canada " ou " sables bitumineux d’Athapasca ". 

    Cet environnement était intact, il y a encore très peu de temps, il est sacrifié pour l’extraction de ce bitume. Il existe un écosystème spécifique sous C’est une forme de végétation qui filtre le réseau hydrique donnant l’eau la plus pure du Canada, et qui met des siècles à se former.

    On exploite du sous sol, ce pétrole, mais ce n’est pas du brut léger, c’est un goudron mélangé avec de la terre et de l’argile, d’où l’utilisation de produits chimiques pour l’extraire des très grandes profondeurs du sol. 

    Intervention d’Edith pour les personnes dans la salle qui commençait à traduire en plus de Mathieu : (je le mets dans ce débat car je pense qu’il est important de le préciser et de mettre en avant le travail de traducteur)

    Je me permets d’intervenir pour vous signaler, que Mathieu fait de son mieux pour traduire l’intervention, ce n’est pas son métier, et rien n’est facile, merci de respecter ses efforts. Les délégués sont des militants exceptionnels depuis plus de 30 ans, ne l’oublions pas !

    J’en profite également pour remercier la jeune fille qui nous aidé à la traduction tout à l’heure. Les propos ne sont peut être pas retranscrits dans leur intégralité, mais l’essentiel et le fond y sont, restons unis car c’est bien ce qui compte avant tout.

    Eriel : Welcome !!!

    Si quelqu’un dans la salle pense se sentir plus l’aise dans cette fonction, il est le/la bienvenu !

    Edith reprend la traduction derrière Mathieu.
    Si nous manquons quelques détails, ne nous en voulez pas, je ne ferai certainement pas mieux que Mathieu, ceci dit, le débat est ailleurs…..

    Pour ceux qui le souhaitent, j’ai des documents spécifiques à votre disposition, à la suite de ce débat.

    Ce projet a été catégorisé comme l’un des plus destructeurs. C’est une contamination à tous les niveaux, de la faune et de la flore, et un drame pour les peuples Diné, Cree et Métis, victimes, sur les lieux mêmes de leurs terres ancestrales.

    Il conduit tout droit à la déforestation totale, à l’exploitation à ciel ouvert, et à la fin des ressources hydrauliques. 

    Depuis 5 ans, les peuples autochtones d’Alberta réclament l’arrêt de ce projet, il y a trois ans nous avons demandé et exigé un moratoire. Le gouvernement, jusqu’à présent, a ignoré cette demande.

    A Fort Chippewa, dans la communauté, on voit s’accroître de façon considérable de très graves problèmes de santé : taux de cancer en augmentation, maladies respiratoires…

    Bien évidemment, le gouvernement nie et refuse de reconnaître un quelconque rapport entre les apparitions de cancer et l’expansion du projet (situé seulement à 200 kilomètres du lieu de vie de la communauté.)

    N’obtenant rien du gouvernement, bien sûr, la communauté, a engagé ses propres experts de façon à mener l’enquête. Nous avons pu apporter la preuve que les taux de cancers sont parfaitement liés à l’existence de produits à haute toxicité comme le mercure, l’arsenic… Il y a pas mal de procès en cours en ce moment contre le gouvernement, les transnationales, les compagnies minières et les institutions qui délivrent les permis. Nos communautés travaillent sur tous les fronts. Concernant celui contre le gouvernement, nous appuyons notre cause sur cette base des traités signés avec les premières nations.

    La réalité, c’ est que le gouvernement canadien à une obligation fiduciaire vis-à-vis des communautés, des peuples autochtones, il doit reconnaître et préserver leurs droits de chasse, de pêche, mais malheureusement rien n’ est fait, bien au contraire. 

    Avant la mise en route de ce projet, les communautés autochtones étaient autosuffisantes à 80%. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus boire dans les cours d’eau, ni les lacs, ni consommer de poissons. Quant aux gibiers ils sont bourrés de toxines, de produits chimiques. 

    Nos anciens ne peuvent plus cueillir les plantes utilisées dans la médecine traditionnelle depuis des millénaires, par peur de la contamination !

    Nos communautés en sont là aujourd’hui, nous ne savons plus quoi faire. Nous faisons appel au public, à la communauté nationale et internationale, afin de faire pression sur le gouvernement canadien. 

    Notre autosuffisance est notre socle économique, nous ne pouvons pas aller acheter des boîtes de conserves au petit supermarché du coin. Si ce projet n’est pas stoppé c’est l’ethnocide, la fin de nos cultures…..c’est la mort. 

    Pourquoi suis-je obligée de voyager si loin ? Parce que dans ce méga projet est impliqué la communauté internationale, la grande Bretagne, Total Fina pour la France, la Chine. Implicitement, la communauté internationale est totalement responsable, et ce projet est en violation de nos droits garantis par le traité au Canada, une atteinte à nos droits humains fondamentaux.

    Nous voulons insister sur le fait que les communautés autochtones n’ont absolument pas été consultées, et le concept garanti par les Nations Unies de consentement libre et informé est totalement bafoué. Actuellement, le gouvernement Canadien poursuit une propagande nous accusant d’être une véritable menace pour la sécurité économique du Canada.

    Ce gouvernement au lieu de s’allier avec les premières nations pour mettre un terme au projet, propose simplement d’employer un certain nombre de technologies, censées gommer l’impact négatif des sables bitumineux !

    En réalité, il manipule la communauté internationale.

    Il est très difficile de percevoir la monstruosité de ce projet. J’ai ici un powerpaint qui pourra vous montrer la réalité des choses. 

    Un des premiers effets pervers de la colonisation dont les peuples premiers du Canada souffrent est d’avoir été coupé de leurs territoires ancestraux, et isolé dans ce qu’on appelle une réserve. C’est seulement dans les années 60 que les peuples autochtones ont obtenu le droit de vote. Mais encore une fois, nos voix au Canada ne sont pas entendues, nous n’avons pas de véritable représentation, hormis celle du " secteur des affaires indiennes et du nord " qui nous isole et nous maintient à l’écart de l’ensemble de la population canadienne, contribuant ainsi à l’érosion de nos droits.

    Tout ceci m’amène à lire quelques lignes de ce livre : 

    " Nous avons un problème, il y a deux paradis spirituels bien distincts et une culture dominante. Disons une culture dominante avec un appétit énorme pour les ressources naturelles.

    Les animaux, les arbres, toutes les plantes et même les minéraux que l’on trouve sous le sol, l’eau des lacs, les cours d’eau tout a été exproprié, tout a été volé dans les territoires autochtones.

    Cette terre, dont ont été dépossédés les peuples autochtones, soi par la force ou par la loi des colonisateurs, a été la base d’une infrastructure industrielle et maintenant c’est la base d’un niveau de vie qui consomme le tiers des ressources du monde.

    Plus de 75% de nos territoires sacrés a été enlevés à notre juridiction et à notre amour.

    Et aujourd’hui on est arrivé à cette situation où les peuples autochtones doivent demander l’autorisation de l’utilisation de leurs sites sacrés. Et la plupart du temps ces sites sont soi détruits, soi profanés. "

    Je veux transmettre à mes enfants. Déjà, toutes nos lignes de trappes ont été détruites, et je ne suis plus en mesure de leur enseigner une partie de ce mode traditionnel.

    Pour conclure, je souhaite que, tous ensemble, afin de préserver notre culture et la terre, nous en finissions avec cette folie furieuse, en mettant fin à ce projet !

    Merci 

    EDITH :

    Deux mots s’il vous plait : des personnes viennent chaque année nous voir pour témoigner ; nous en sommes à la 30ème édition de cette journée de solidarité avec les peuples autochtones, en opposition à la célébration de Christophe Colomb. 

    Nous avons réussi avec certaines organisations et associations à mettre en place cette grande semaine, malgré quelques conflits en interne, mais beaucoup d ‘évènements à venir, auxquels nous vous invitons à participer. Peut être que la mobilisation a tardé, mais elle existe aujourd’hui, et nous l’accueillons avec bonheur

    Cà n’a pas été facile, mais finalement nous y sommes arrivés. Cette réussite nous ramène à 1977, où pour la première fois, les délégations avaient enfin réussi à pousser la porte aux Nations Unies à Genève, et demandé que le 12 octobre soit célébré comme une journée de solidarité avec les peuples autochtones.

    Il est important, lorsqu’on parle des peuples autochtones, qu’eux mêmes aient des représentants et portes paroles autochtones, il faut s’en donner les moyens.

    Ce n’est pas que nous n’ayons rien à dire, au contraire, mais quel meilleur message que celui porté par leurs voix ?

    ……c’est pourquoi, c’est toujours un honneur de les accueillir chaque année !

    Merci beaucoup

     QUESTIONS 

     

    Bonjour, je voudrai remercier tous les intervenants pour leurs paroles. En entendant la jeune femme Diné du Canada, je pensais à la ré-élection de Stephen Harper qui défendait les sables bitumineux. Il me semble que les citoyens canadiens se désintéressent de ce drame, alors qu’il est difficile de l’ignorer. La personne du peuple Mapuche disait que l’état Chilien devait changer. Alors à chacun de vous, comment venez vous vers le peuple blanc, comment travaillez vous avec eux ? Comment ressentez vous peut être quelques fois l’indifférence ou le racisme ? j’ai l’impression que partout, tout doit se faire avec la volonté de la population blanche entière. Y a-t-il un espoir ?

    Eriel

    Oui, d’une manière globale, nous essayons toujours de toucher le reste de la société civile canadienne, et d’obtenir du soutien et de la solidarité. Mais il est clair que les transnationales ont des moyens tels en termes financiers et de propagande, qu’il est très difficile pour nous de sensibiliser les gens. Nous y parvenons, malgré tout, progressivement, tant au niveau national qu’international.

    Pedro

    Dans le cas du Chili et de l’Argentine, il y a une responsabilité qui vient du peuple Mapuche, et nous n’allons pas forcément communiquer et aller vers les blancs. 

    Quand il s’agit de faire de la politique, disons, traditionnelle, la majorité du temps, un repli ethnique s’opère, et nous, les nouvelles générations, c’est une donnée que nous avons énormément de mal à comprendre et a accepter. En ce qui nous concerne, cette vision n’est pas la nôtre car nous croyons que les problèmes indigènes affectent tout le monde, et nous tendons à une société multiculturelle et pluriculturelle.

    Karmen

    Pour la communauté colombienne, la stratégie consiste à s’allier avec d’autres secteurs qui ne sont pas forcément autochtones, elle s’est révélée payante. 

    Sur la question de la façon dont nous percevons les blanc, du point de vue Wayùu, nous ne les appelons pas des blancs, ce qui est tout à fait différent. Nous vous définissons comme des personnes qui n’ont pas été engendrées dans une communauté ou un ventre Wayùu, car nous sommes matrilinéaires.

    Différencier ne signifie pas que nous soyons ethnocentristes , que nous excluons les autres, au contraire, nous considérons simplement que cette différence ne doit pas nous empêcher d’être des sujets politiques de droits, c’est aussi la raison de notre présence ici

    José

    Cette différence avec les blancs est un peu gênante pour nous, les peuples autochtones. Pourquoi ? Parce que nous n’avons jamais compris cette différence de couleur. Quand on parle d’un blanc, en fait il s’agit d’un esprit pâle, sans vie. Parce qu’il est convaincu par la mort, il veut tout. 

    Pour nous, les personnes avec une peau blanche, ne sont pas des gens différents. Ce sont des frères, c’est pour cela que tout à l’heure, je vous invitais à penser, à devenir maya, pour chasser cette pensée dominante qui a régné jusqu’alors…..certainement qu’il aurait fallu débattre plus profondément sur ce point.

    Vous avez parlé de la militarisation et de la répression en Colombie, quelle relation avez-vous avec le mouvement armé des FARC et quelle est votre position ? Sur le sujet de la mine à ciel ouvert, une intervenante du Venezuela parlait du même problème, y a-t-il des relations entre les wayùu de Colombie et ceux du Venezuela ?

    Karmen 

    Sur la première question, nous avons été clairs !

    Concernant les mines, c’est un problème qui concerne autant les wayùu de Colombie que du Venezuela.

    Il faut savoir que ces deux nations ont séparé le peuple wayùu par une frontière, mais nous restons wayùu d’un côté comme de l’autre, et payons les pots cassés des différents entre Etats.

    Nous revendiquons nos droits dans les 2 pays, et dénonçons les violations de ces droits et les assassinats.

    Nos demandes concernant les mines de charbon valent également pour le Venezuela, en particulier la sierra Perijà.

    Nous voulons lutter contre les propositions malhonnêtes des états, comme celle de présenter ce projet comme non polluant, entrant dans le programme de réduction des gaz à effet de serre voulu par l’ONU , via le protocole de Kyoto. 

    Beaucoup de projets existent comme les constructions de barrages qui servent les intérêts de mutinationales, ou celui soutenu par la banque mondiale pour le développement propre, basé sur l’énergie de l’éolienne, mais qui tente de s’implanter dans les endroits les plus beaux et les plus sacrés de notre territoire, et où vivent les âmes des wayùu.

    Ce projet produit de l’énergie propre, certes, mais ni les wayùu, ni les communautés aux alentours, n’en bénéficieront.

    Nous, peuples indigènes de Colombie avons décidé depuis très longtemps de ne pas lutter avec des armes. Je rappelle qu’il fut un temps, le mouvement Quinti Lame, a effectivement pris les armes, et beaucoup d’indigènes ont soutenu les guerillas colombiennes. Mais actuellement notre autonomie, non reconnue par le gouvernement, est au premier plan, et nous à permis d’affirmer haut et fort notre pacifisme.

    Nous ne méconnaissons pas les idéaux et les objectifs politiques de la guérilla, mais aujourd’hui, la lutte a perverti et corrompu ces idéaux, et trop d’assassinats et d’atrocités ont été commis, notamment par les groupes paramilitaires soutenus par les gouvernements. 

    Certains peuples indigènes guerriers, comme le mien possèdent des armes à feu, héritage des conquérants. Quand les espagnols sont entrés dans le territoire wayùu, nous avons combattu avec les armes à notre disposition, et lorsque des pirates, comme les hollandais, sont arrivés, à leur tour, sur nos côtes, nous avons échangé des perles contre des armes, et avons lutté avec force, sans jamais nous soumettre contre les espagnols et tous ceux qui voulaient nous avilir ! 

    Il n’existe aucune corrélation entre le peuple wayùu, et les idéologies de Marx, contrairement aux guérilleros, nous basons notre lutte sur certains principes de survie de protection de la terre et de l’environnement. 

    Merci

      

    INTERVENTION DE SYLVAIN POUR LEONARD PELTIER

    Nous avons choisi de vous présenter le film « no more smoke signals » qui vient de sortir et qui présente un programme issu des années 70 : Kili radio. C’est une radio communautaire sur la réserve de Pine Ridge. Dans le film vous verrez des jeunes et des anciens, l’affaire Léonard Peltier y est également mentionnée. Il était important, à notre sens, de montrer la réalité du terrain. 

    On y traite de la lutte au quotidien, mais aussi de la vie en général. C’est un honneur pour nous, de vous le présenter en avant première. 

    Pour rappel, Léonard Peltier est un prisonnier politique qui entre dans sa trente quatrième année d’incarcération pour un crime qu’il n’a pas commis. Malgré tous les efforts entrepris au niveau international, Léonard reste toujours enfermé dans un pénitencier fédéral de Pennsylvanie. 

    Bill Clinton s’était engagé à le gracier, mais son revirement dû à son manque de courage politique, n’a finalement pas permis de le libérer. Récemment, nous avions lancé avec son comité de défense aux Etats Unis, une campagne pour sa conditionnelle. Malheureusement, encore une fois, les Etats Unis ont choisi de le maintenir en prison, pour des raisons obscures soi disant en rapport avec la nature du crime pour lequel il a été condamné. L’étude de son dossier et d’une éventuelle relaxe, ne pourra reprendre que dans…..15 ans, soit lorsque Léonard aura 84 ans ! ! 

    Avec la campagne de Clinton, l’espoir était réel, et ce refus, a presque été plus mal vécu par ses sympathisants, J’étais avec lui aux Etats Unis à ce moment, et c’est l’attitude de Léonard lui même, toujours aussi combatif, qui nous a redonné du courage.

    Sa famille nous avait informés que tout avait été mis en œuvre pour l’accueillir : sa communauté d’origine de Turtle Mountain, lui avait offert un logement et un emploi. Il aurait été incorporé dans le cadre du cercle des anciens pour aider les jeunes autochtones et la vie sur la réserve. 

    Ses avocats avaient travaillé dur comme fer pour obtenir cette libération, puisqu’après 30 ans, un prisonnier fédéral peut obtenir une conditionnelle, même si en principe, depuis les années 90, les demandes, au niveau fédéral, sont systématiquement rejetées, ce qui veut dire que lorsque vous êtes condamné, vous effectuez la peine complète.

    La suite de sa campagne de soutien, est de poursuivre les démarches au niveau juridique, et d’obtenir les documents cachés par le FBI, plus de trente ans après l’affaire. Je rappelle qu’en 81, grâce à la liberté d’information, les avocats avaient réussi à obtenir 12 000 pages dans lesquelles étaient inscrite la preuve formelle de son innocence, puisque dans un document du FBI, était noté noir sur blanc, que son arme n’était pas celle du crime. Mais le gouvernement américain voulait un bouc émissaire pour le meurtre de ses deux agents, et ne souhaite plus, aujourd’hui, reculer !

    ….à moins que le président Obama fasse un geste, tout est dans ses mains !

    Ben Cames (Choctaw d’Oklahoma), un des chefs d’une danse du soleil, a jeûné 20 jours devant la maison blanche, afin de remettre sur le devant de la scène, la campagne de libération et obtenir cette grâce souhaitée ! 

    Nous avons appris hier que le président Obama a obtenu, le prix nobel de la paix, alors qu’il ne figurait pas parmi les favoris. J’espère qu’il rejoindra la dizaine de prix Nobel qui se sont déjà exprimés pour la libération de Léonard et qu’enfin, lui, ait le courage politique d’agir concrètement et efficacement, pour en finir avec cette injustice, et ouvrir la route vers la réconciliation  avec les peuples autochtones.

    Léonard est un symbole fort parmi tous les combats, et voir Karmen se faire prendre en photo devant la banderole de Peltier, participe à cette image représentant les luttes de toutes les communautés en Amérique ou ailleurs dans le monde, et nous invitant à la mobilisation !

        

    CSIA octobre 2009

    CSIA octobre 2009

    CSIA octobre 2009

     

    CSIA octobre 2009

    REPORTAGE DE  

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