• Innu envers et contre tous

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    Tu é moi / Entrevue avec Marco Collin 

    Innu envers et contre tous  

    MARCO COLLIN

     

    Marco Collin Photo : Myriam Baril-Tessier

    19 novembre 2013par Philippe Couture  
     
    Déchiré entre le respect de ses racines innues et l’inévitable conformisme occidental, Marco Collin réfléchit aux déchirements identitaires vécus par les Autochtones d’aujourd’hui dans sa pièce Tu é moi, une production du Théâtre Ondinnok. Conversation.

    Il est Innu. Comme bien des Autochtones, Marco Collin a un jour quitté sa communauté de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean, pour venir travailler en ville et devenir un communicateur (il a notamment travaillé pour APTN, le Réseau de télévision des peuples autochtones). Aujourd’hui comédien oeuvrant au sein de la compagnie Ondinnok et ayant récemment joué dans le premier long métrage d’Yves Sioui Durand (Mesnak), il a ressenti l’appel de la plume: un désir pressant d’écrire au sujet de son écartèlement identitaire et de réfléchir aux fractures générationnelles qu’il observe chez les peuples autochtones.

    «La pièce, dit-il, pose la question de la perte de soi, quand la modernité avale tout et fait oublier d’où on vient. C’est une question que se posent beaucoup d’Autochtones, désireux de garder leur culture vivante et d’honorer leurs ancêtres tout en étant happés par le monde moderne. Ce questionnement identitaire m’a habité personnellement.»

     

    MARCO COLLIN 2


     Photo : Martine Doyon

    On y rencontre Napeu, jeune homme en colère face à Kakussesh, qui a obéi aux sirènes du monde moderne et quitté les siens. La réaction de Napeu est drastique: il kidnappe Kakusseh pour le contraindre à avoir avec lui une vive confrontation. En parallèle se joue un autre drame: la relation complexe d’un grand-père québécois, aux tendances racistes, avec une kokum (grand-mère innue). En entremêlant les époques, Marco Collin veut réfléchir à l’évolution des rapports entre la culture autochtone et la culture majoritaire au fil du temps, pointant les conflits générationnels que cette situation provoque.

    «Je pense que le théâtre, à sa petite échelle, peut permettre de faire un premier pas vers l’élimination des fractures générationelles. Il faut opérer un rapprochement entre les générations d’Innus, mais aussi entre les deux peuples. La blessure des Amérindiens, il faut trouver un moyen de la guérir, peut-être en trouvant dans les échanges entre les générations de nouvelles manières de dialoguer avec la majorité québécoise.»

     

    Photo : Martine DoyonSuivre le travail d’Ondinnok permet en tout cas aux Québécois que nous sommes de porter un regard curieux sur les enjeux touchant les Premières Nations, lesquels sont trop souvent relégués au second plan de l’actualité.

    Marco Collin: «Je considère que ce texte, c’est ma manière de contribuer au mouvement Idle No More, c’est une action pour faire voir ma culture et pour réfléchir à la place de l’identité autochtone dans la culture canadienne. J’ai espoir que cette pièce crée, même à une échelle minuscule, un territoire d’échange entre les deux peuples. En tout cas, inconsciemment, c’est sans doute ce qui me guide dans cette démarche. Ça va amener à une rencontre, il faut se rejoindre quelque part, Québécois et Innus.» 


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