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20 Mai 2012, St Bernardin
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ESPACE MANUEL TOMAS LUJAN ET LINO FLORES

 

 Manuel Tomas Lujan

Indien Apache-Tarahumara

incarcéré à la prison d'Etat de Eyman (Florence), Arizona

 

La tribu Calumet voudrait saluer et soutenir une grande dame ou une dame au grand cœur, Mme Pelletier.

Emue par le sort réservé à cet homme, elle décide de monter bénévolement un comité de soutien afin de lui venir en aide, améliorer ses conditions d’incarcération et l’assister dans ses démarches administratives.

Ce soutien est ô combien précieux à Manuel, et disons le tout net, est le seul qui lui permet de survivre à l’enfer de son emprisonnement dans des conditions indignes d’un pays dit « démocratique », mais bafouant les droits de l’homme !

Vous pouvez vous aussi aider Manuel en achetant ses créations originales représentés sous formes de cartes. Chaque geste, aussi minime soit-il, est une lueur de vie pour lui au fond de sa cellule du quartier de haute sécurité.

Son histoire

sans-titreUn parcours difficile dès l'enfance…

Parents divorcés, décès d'une grand mère à qui il était confié et l'errance dans laquelle s'installe peu à peu le disfonctionnement et la délinquance.

Agé de 19 ans en 1978, il est incarcéré, jugé et condamné à mort.

Inexplicablement sa peine est commuée un an plus tard en réclusion à perpétuité sans possibilité de liberté conditionnelle avant 25 ans.

Il vient de faire le compte : il a passé un an et 44 jours en Population Générale et 32 ans et 60 mois en Quartier de Haute Sécurité où il est toujours. A 52 ans en 2011, il est enfermé depuis 34 ans.

Dès le début, en Population Générale, il est confronté à la mouvance malsaine cautionnée par l'univers carcéral où les prisonniers sont divisés, se battent et s'entre tuent pour des questions raciales soutenues par les gangs.

En 1987, Tomas s'y voit dénoncé comme ayant soit disant poignardé un prisonnier membre d'un gang rival du sien qui, bien que Tomas le réfute, a justifié son transfert en Haute Sécurité. Même si nous n'avons aucune preuve irréfutable de l'innocence de Tomas, l'administration pénitentiaire américaine ayant une réputation qui n'est plus à faire, la condamnation de Tomas est plus que douteuse et disproportionnée.

Ce qu'il faut savoir des SMU (Quartiers de Haute Sécurité US).

En 1991, l'observatoire des Droits de l'Homme conclut dans son rapport sur les conditions de vie dans les prisons américaines que de nombreux détenus sont maintenus en SMU uniquement en raison de leur ethnie et de leurs convictions.

D'éminents psychiatres américains, à la même époque, publient leurs travaux sur le même sujet où ils dénoncent des méthodes inhumaines ayant pour but de déstabiliser les prisonniers militants ou réputés difficiles par un délabrement spirituel, psychologique et physique causé par une trop longue isolation sensorielle. Tomas en est victime le 1er février 1996 quand après presque 10 ans de privations et dans un état hallucinatoire il tente de se suicider en se tailladant profondément les poignets. Recousu à l'hôpital et ramené dans sa cellule il n'aura aucune autre aide sur le plan médical que sa détermination à sortir de cet état.

La situation de Tomas a été connue à cette époque de Valerie Scott, indienne Canadienne spécialisée dans la défense des droits religieux des Indiens prisonniers, qui en a averti le CSIA avec qui elle était en contact.

Aussitôt après la Comité de Soutien à Manuel Tomas Lujan a été créé par Geneviève Pelletier, du CSIA. En avril 2003, il porte plainte pour traitements cruels et inhumains contre le SMU où il est enfermé depuis 1987 et il demande son retour en Population Générale. Le CSIA soutient sa démarche par courrier au juge et campagne de pétitions. Sa plainte a été jugée recevable en novembre 2003, ce qui l'a poussé à s'investir particulièrement dans sa défense. En juin 2005, motion rejetée et le jugement prévu en juillet n'aura pas lieu sous prétexte que Tomas ne fournit aucune preuve de mauvais traitement en violation du 8e amendement.

Mai 2006, Geneviève Pelletier et Françoise Simon rendent visite à Tomas. Hormis son gardien et un vieil oncle qui l'a visité une fois, il n'a vu personne depuis 10 ans.

Durant 2 heures pendant lesquelles chacun s'exprime de part et d'autre d'une vitre blindée, c'est un partage réel chargé de respect et d'émotion.

Françoise et Geneviève réalisent alors le prix de ce à quoi elles se sont engagées. Les courriers de Tomas qui suivront le leur prouveront encore et elles constateront le pas énorme qu'il vient de franchir dans la façon de se défendre en exprimant qu'être devenu quelqu'un pour des personnes vivant à des milliers de km, cela change tout.

L'échec de sa plainte de 2003 faisait suite à ceux de ses demandes de reclassification en Population Générale et plus récemment à 2 refus de demandes de liberté conditionnelle, seul droit auquel il puisse encore s'accrocher ; audiences organisées avec une mise en scène préparée d'avance et une mauvaise foi flagrante, prouvant un déni total de l'être humain.

Geneviève et le Comité de Soutien sont donc actuellement dans l'attente d'autres convocations du même ordre pour lesquelles ils continueront à l'aider à répondre.

Dans l'immédiat (année 2011) 5 membres du Comité de Soutien lui adressent un mandat regroupé tous les 2 mois, lui permettant, en dehors de frais courants, l'achat de suppléments alimentaires complétant ses repas de famine et faisant peu à peu cesser les symptômes de carences. Cette aide reste donc les seules ressources du prisonnier. Abandonné par sa famille dès son incarcération, le vieil oncle qui lui envoyait irrégulièrement de modestes mandats ne donne plus signe de vie. Les seules personnes qui actuellement lui assurent un minimum continuent également à rechercher un maximum de contacts pour vendre des cartes réalisées à partir de ses dessins.

 

 

POUR LUI ECRIRE :
Manuel Tomas Lujan # 38752
Arizona State Prison - Eyman - Browning Unit 4-K-14
PO Box 3400
FLORENCE, AZ 85132
USA
 
POUR AVOIR LES CARTES AVEC LES DESSINS DE MANUEL AINSI QUE L'ARTISANAT DE LINO
PRENDRE CONTACT AVEC kochiz@wanadoo.fr

IL VOUS SERA EGALEMENT PROPOSE D'AUTRES CREATIONS

LINO FLORES

lino 2007Je m'appelle Lino Flores. Je suis un Natif Américain, membre officiel de la tribu Yaqui d'Arizona. Je suis aussi un prisonnier incarcéré à la prison d'Etat d'Arizona, enfermé dans la Special Management Unit (Browning), essentiellement unité d'isolement en Haute Sécurité Maximum.

Je fus répertorié par l'administration pénitentiaire comme appartenant à un gang de la prison, appelé Mafia Mexicaine, bien que je sois d'ascendance indienne, habitude concernant le profil racial, le harcèlement racial mais aussi d'autres sortes d'abus.

Le SMU détient uniquement des supposés ''membres de gangs'', gangs de prison ou gangs des rues ; une fois en SMU un prisonnier va rester indéfiniment en isolement permanent. La seule et unique façon d'en sortir est de moucharder en renonçant à son appartenance à un gang, c'est à dire en abandonnant sa propre volonté à l'administration pénitentiaire pour une conversion idéologique, se condamnant soi-même en étant contraint à donner des renseignements sur soi et des copains détenus. Si un prisonniers résiste à soumettre sa volonté, son isolement total à long terme demeure jusqu'à sa libération conditionnelle ou, s'il est condamné à perpétuité, jusqu'à la perte totale de ses facultés mentales ou sa mort.

La seule alternative pour obtenir la libération de ce régime brutal du SMU, sans trop de dommages mentaux et physiques, est de passer par la voie juridique. Cela nécessite d'attaquer en justice. Le SMU fut opérationnel en 1996. Le Arizona Department of Corrections (ADC) ayant déclaré aux USA que le SMU était l'unité de contrôleen isolement maximum la plus sûre,le personnel commença à regrouper les prisonniers, les marquant comme du bétail en ''membres de gangs'' et les envoyant en SMU simplement pour occuper les lits, les soumettant aux conditions de détentioninconstitutionnelles de l'isolement à long terme, de toute évidence au mépris des conséquences de telles violations :

1 - Privation sensorielle, torture psychologique, dégradation physique, dommages psychologiques permanents

2 - Cellule éclairée 24/24 heures

3 - Isolement 24/24 heures

4 - Manque d'exercice extérieur suffisant (sans lumière du jour, impossibilité de faire travailler les muscles importants du corps, aucun équipement sportif, placement dans une cellule aux murs de 6 m de haut et au plafond en crépis appelé espace de plein air, pas de vêtements pour temps froid

5 – Menu basses calories causant une perte de poids, différenceincontestable de la population générale, pas d'accès à l'épicerie

6 - Racket sur les soins au rayon des médicaments, fournis à moindre coût aux autres prisonniers

7 - Bruit excessif

8 - Privation de sommeil

9 - Manque d'accès au tribunal, le personnel lisant le courrier juridique sortant, refus de matériel suffisant de recherche et/ou assistance par d'autres détenus ou paralégaux pour porter plainte contre les conditions de détention en isolement en SMU II, ou contester une condamnation ;

10 - Aucun programme d'éducation ou de thérapie

11 - Pas de procédé de doléances significatif

12 - Pas de réexamen significatif de classification des détenus tous les 180 jours, afin d'informer les prisonniers, s'ils peuvent espérer quitter le SMU ou s'ils doivent y rester confinés indéfiniment, même sans acte de mauvaise conduite.

Dans le cas Koch versus Lewis, le tribunal de l'Arizona informa le ADC que la vie en SMU était sinistre, que la prison de plus haute sécurité des USA imposait des épreuves hors du commun à tous les prisonniers, leur refusait toute procédure légale et leur causait au contraire des conséquences psychologiques.

Plutôt que de changer les conditions d'isolement dans le SMU, ou de réexaminer le cas de tous les prisonniers, le ADC déplaça seulement Koch, puis accentua la dureté des conditions de détention afin de faire comprendre aux détenus demeurant en SMU que la plainte de Koch serait sans suite.

Je suis en prison comme punition d'un crime dont j'ai été jugé coupable ; je ne cherche pas à éviter la dette que j'ai pour ce crime. Cependant, je n'ai pas été envoyé en prison pour être torturé psychologiquement, affamé ou déshumanisé jusqu'à la destruction mentale. Je suis un être vivant, et comme tel j'ai le droit fondamental à être traité avec décence. Je suis maintenant en prison depuis 32 ans dont 28 passés dans diverses unités de contrôle, jusqu'à cette cellule d'isolement d'acier et de béton destinée à ma déshumanisation mentale, physique et sociale.

J'attire votre attention sur mon combat juridique pour sanctionner une administration injuste, pour une grave erreur judiciaire contre un innocent, en espérant éviter les effets nuisibles de l'isolement à long terme et appelle à votre humanité pour me soutenir et m'aider dans mon combat juridique afin de mettre fin à cette souffrance permanente, privation sensorielle cruelle et terrible, brutalité, torture psychologique, faim, toutes violations des droits de l'homme mais aussi violations de la décence humaine fondamentale.

Je n'ai aucune ressource financière ni soutien. Je suis limité, du fait d'être en prison, dans d'autres types de matériel ou ressources. Cependant, étant un artiste je veux essayer de vendre mon art et mon artisanat afin d'aider à lever les fonds nécessaires à ma défense. Je compte sur des associations ou des individus souhaitant aider des prisonniers dans ma situation particulière.

J'espère avoir des nouvelles de ceux d'entre vous qui souhaitent m'aider dans mon combat légal pour la justice et la liberté d'un innocent et contre un traitement injuste et inhumain.

Depuis que je vieillis j'essaie d'apprendre plus sur nos croyances traditionnelles parce que d'un côté on nous demande de croire et nous comporter d'une façon étrangère et de l'autre de croire et nous comporter d'une manière traditionnelle, façons qui sont en conflit et nous font perdre nos repères.

Par exemple, en parlant de mon expérience, j'ai tellement voulu faire partie d'une société qui ne voulait pas m'accepter comme égal que j'en suis même venu à refuser ses lois comme elle l'a fait de ma tentative d'être accepté ; j'y ai tristement perdu ma voie traditionnelle, je suis devenu autodestructeur. J'ai maltraité des gens, abusé des drogues et de l'alcool et ce n'est que depuis quelques années quand j'ai abandonné cette rébellion et retrouvé mon héritage traditionnel que j'ai trouvé la paix et mon chemin Yaqui.

POUR LUI ECRIRE :
Lino Flores # 040338
ASPC Eyman - Browning, 4-L-47
P O Box 3400
Florence, AZ 85232 - USAcollier1 lino

 earrings juillet 20210
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
photo lino 2

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J'kaz !
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Le Vendredi 13 Janvier 2012
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