• ESPACE MANUEL TOMAS LUJAN

     

     Manuel Tomas Lujan

    Indien Apache-Tarahumara

    incarcéré à la prison d'Etat de Eyman (Florence), Arizona

     

    La tribu Calumet voudrait saluer et soutenir une grande dame ou une dame au grand cœur, Mme Pelletier.

    Emue par le sort réservé à cet homme, elle décide de monter bénévolement un comité de soutien afin de lui venir en aide, améliorer ses conditions d’incarcération et l’assister dans ses démarches administratives.

    Ce soutien est ô combien précieux à Manuel, et disons le tout net, est le seul qui lui permet de survivre à l’enfer de son emprisonnement dans des conditions indignes d’un pays dit « démocratique », mais bafouant les droits de l’homme !

    Vous pouvez vous aussi aider Manuel en achetant ses créations originales représentés sous formes de cartes. Chaque geste, aussi minime soit-il, est une lueur de vie pour lui au fond de sa cellule du quartier de haute sécurité.

    Son histoire

    sans-titreUn parcours difficile dès l'enfance…

    Parents divorcés, décès d'une grand mère à qui il était confié et l'errance dans laquelle s'installe peu à peu le disfonctionnement et la délinquance.

    Agé de 19 ans en 1978, il est incarcéré, jugé et condamné à mort.

    Inexplicablement sa peine est commuée un an plus tard en réclusion à perpétuité sans possibilité de liberté conditionnelle avant 25 ans.

    Il vient de faire le compte : il a passé un an et 44 jours en Population Générale et 32 ans et 60 mois en Quartier de Haute Sécurité où il est toujours. A 52 ans en 2011, il est enfermé depuis 34 ans.

    Dès le début, en Population Générale, il est confronté à la mouvance malsaine cautionnée par l'univers carcéral où les prisonniers sont divisés, se battent et s'entre tuent pour des questions raciales soutenues par les gangs.

    En 1987, Tomas s'y voit dénoncé comme ayant soit disant poignardé un prisonnier membre d'un gang rival du sien qui, bien que Tomas le réfute, a justifié son transfert en Haute Sécurité. Même si nous n'avons aucune preuve irréfutable de l'innocence de Tomas, l'administration pénitentiaire américaine ayant une réputation qui n'est plus à faire, la condamnation de Tomas est plus que douteuse et disproportionnée.

    Ce qu'il faut savoir des SMU (Quartiers de Haute Sécurité US).

    En 1991, l'observatoire des Droits de l'Homme conclut dans son rapport sur les conditions de vie dans les prisons américaines que de nombreux détenus sont maintenus en SMU uniquement en raison de leur ethnie et de leurs convictions.

    D'éminents psychiatres américains, à la même époque, publient leurs travaux sur le même sujet où ils dénoncent des méthodes inhumaines ayant pour but de déstabiliser les prisonniers militants ou réputés difficiles par un délabrement spirituel, psychologique et physique causé par une trop longue isolation sensorielle. Tomas en est victime le 1er février 1996 quand après presque 10 ans de privations et dans un état hallucinatoire il tente de se suicider en se tailladant profondément les poignets. Recousu à l'hôpital et ramené dans sa cellule il n'aura aucune autre aide sur le plan médical que sa détermination à sortir de cet état.

    La situation de Tomas a été connue à cette époque de Valerie Scott, indienne Canadienne spécialisée dans la défense des droits religieux des Indiens prisonniers, qui en a averti le CSIA avec qui elle était en contact.

    Aussitôt après la Comité de Soutien à Manuel Tomas Lujan a été créé par Geneviève Pelletier, du CSIA. En avril 2003, il porte plainte pour traitements cruels et inhumains contre le SMU où il est enfermé depuis 1987 et il demande son retour en Population Générale. Le CSIA soutient sa démarche par courrier au juge et campagne de pétitions. Sa plainte a été jugée recevable en novembre 2003, ce qui l'a poussé à s'investir particulièrement dans sa défense. En juin 2005, motion rejetée et le jugement prévu en juillet n'aura pas lieu sous prétexte que Tomas ne fournit aucune preuve de mauvais traitement en violation du 8e amendement.

    Mai 2006, Geneviève Pelletier et Françoise Simon rendent visite à Tomas. Hormis son gardien et un vieil oncle qui l'a visité une fois, il n'a vu personne depuis 10 ans.

    Durant 2 heures pendant lesquelles chacun s'exprime de part et d'autre d'une vitre blindée, c'est un partage réel chargé de respect et d'émotion.

    Françoise et Geneviève réalisent alors le prix de ce à quoi elles se sont engagées. Les courriers de Tomas qui suivront le leur prouveront encore et elles constateront le pas énorme qu'il vient de franchir dans la façon de se défendre en exprimant qu'être devenu quelqu'un pour des personnes vivant à des milliers de km, cela change tout.

    L'échec de sa plainte de 2003 faisait suite à ceux de ses demandes de reclassification en Population Générale et plus récemment à 2 refus de demandes de liberté conditionnelle, seul droit auquel il puisse encore s'accrocher ; audiences organisées avec une mise en scène préparée d'avance et une mauvaise foi flagrante, prouvant un déni total de l'être humain.

    Geneviève et le Comité de Soutien sont donc actuellement dans l'attente d'autres convocations du même ordre pour lesquelles ils continueront à l'aider à répondre.

    Dans l'immédiat (année 2011) 5 membres du Comité de Soutien lui adressent un mandat regroupé tous les 2 mois, lui permettant, en dehors de frais courants, l'achat de suppléments alimentaires complétant ses repas de famine et faisant peu à peu cesser les symptômes de carences. Cette aide reste donc les seules ressources du prisonnier. Abandonné par sa famille dès son incarcération, le vieil oncle qui lui envoyait irrégulièrement de modestes mandats ne donne plus signe de vie. Les seules personnes qui actuellement lui assurent un minimum continuent également à rechercher un maximum de contacts pour vendre des cartes réalisées à partir de ses dessins.

     

     

    POUR LUI ECRIRE :
    Manuel Tomas Lujan # 38752
    Arizona State Prison - Eyman - Browning Unit 4-K-14
    PO Box 3400
    FLORENCE, AZ 85132
    USA
     
     

     


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