• 7ème Prayers'day le 20 juin 2010 à Brûlon - Sarthe

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    7ème Prayers day
    le 20 juin 2010 à Brûlon

    Nous voilà de retour sur le camp des tipis du bonheur de vivre pour le 7ème prayer’day. C’est derrière une équipe soudée et professionnelle, que nous avons assisté à une superbe fête. Malgré un temps peu clément la veille et le matin, c’est sous un ciel nuageux, que le soleil à fini par pointer timidement son nez.

    Timidement, timidement, peut être, mais bonjour les coups de soleil, car sur les photos qui suivront, l'on pourrait croire, que certains ont abusé de " plantes médicinales ", mais non. 

    Comme toujours, à chaque fois que les natives dansent sur ce site, il ne pleut pas…encore, une fois, cette prédiction s’est révélé exacte.

    Nos hôtes, Jean et Agnès, mettent comme à chaque fois, un point d’honneur à défendre la culture des premières nations, à ne pas autoriser les indianistes sur le camp. Certains les décrieront, voire les discréditeront, mais peut importe, leur récompense, c’est de voir que régulièrement pour cet événement, les natives sont au rendez vous. Soit, ils ne sont pas aussi nombreux qu’au Pow Wow d’Ornans, et ce n’est pas leur souhait, la structure n’étant pas adaptée, mais les fidèles sont toujours au rendez-vous, d’année en année avec d’autres proches. Il n’est pas aussi facile que cela de pouvoir les réunir, la disponibilité de chacun est un casse tête de tous les instants, alors merci pour eux, continuez ce que vous faites, n’écoutez pas les moqueurs " blancs ". 

    Enfin, les portes se sont ouvertes, et pour donner le ton, un café québécois est offert aux spectateurs.

     

    Le programme :

    Une conférence avec Philippe Sauve, écrivain voyageur, qui vient nous présenter son dernier livre et nous conter sa dernière aventure, à savoir 2000 kilomètres en canoë et en solitaire, à la rencontre des Sioux…la présentation des natives avec un débat, un spectacle équestre " Le cheval et les amérindiens ", une démonstration de danses amérindiennes par les natives, un concert avec le groupe " Macon ", une animation " Les p’tits Sioux " pour les enfants, une présentation des rennes de Laponie par la société " Laponia Dream " (http://www.laponiadream.fr/default.htm), sans oublier les expositions permanentes " Chemins de sagesse " et " On les appelait Sauvages "….voilà les moments forts de cette journée !

     

    JEAN

    Bonjour Philipe, tu dédicaces en ce moment ton dernier livre, mais tu en as apporté un autre qui s’intitule… ?

     PHILIPPE

    C’est un ouvrage que j’ai écrit, il y a quelques temps, « le scalp de l’homme blanc ». J’étais revenu de plusieurs périples chez les sioux, dans les réserves (mot utilisé aux Etats Unis) amérindiennes du sud du Dakota, j’étais assez jeune à l’époque 18 – 19 ans. 

    J’ai été très touché par ce que j’ai pu y voir et en rentrant, j’ai eu envie d’écrire une sorte de pamphlet, un coup de gueule sur ce qu’avait pu faire les américains contre les premières nations.

    C’est un peuple qui m’a énormément touché, j’ai perçu la souffrance, et voulu remettre sur le papier, toute cette peine que j’avais pu glané au cours de ce voyage.

    Le titre de ce livre n’est pas anodin, une sorte d’inversion des rôles pour bien saisir l’horreur du mot !

    JEAN

    Juste une chose : tu dis que tu es un sédentaire et un angoissé de la vie, avec toujours cette envie de partir. Qu’est ce qui t’y pousse ? Tu as fait, le tour du monde à pied à 18 ans pendant 2 ans, le Canada et la Sibérie en canoë, d’où la sortie d’un livre et d’un film «Sibéria ». Qu’est ce qui te motive à chaque fois ?

    PHILIPPE

    Je pense être comme tout le monde, un homme qui a envie de liberté. Notre société nous considère comme des consommateurs, alors que nous sommes avant tout des individus avec des capacités qui ne demandent qu’à se développer. Ces aptitudes sont à mes yeux complètement anéanties par l’appât permanent du gain et de tout un tas d’éléments négatifs.

    Lorsqu’on part en voyage, on comprend vite que les sens s’éveillent, on perçoit un peu mieux son entourage, on ouvre les yeux pour contempler les merveilles autour de soi. Il n’y a que lorsqu’on s’engage longtemps dans un périple que l’on arrive à se « nettoyer » l’esprit, un peu comme une cure de désintoxication, parce que je suis un drogué de la vie,  et quel meilleur terrain que la nature pour réapprendre à devenir un individu libre.

    JEAN

    J’ai entendu hier soir des réflexions lors de la projection de ton film : « mais jusqu’où va-t-il… », car tu es souvent à la limite de l’extrême. Tu mets quand même ta vie en danger !  faut il aller jusque là pour en tirer les bénéfices que tu décrivais ?

    PHILIPPE

    Oui, je me rappelle que lorsque je suis parti de chez mes parents à 18 ans, j’étais déjà idéaliste et croyais à la réalisation de mes rêves ! je leur disais : « ne vous inquiétez pas, si je n’ai plus rien pour survivre, je mangerais des racines ». Cela résume mon engagement. 

    Quand vous partez en voyage avec cette envie, c’est un peu comme si vous étiez une machine avec un unique bouton pour la mettre en mode « play », vous ne pouvez alors que repousser vos limites, car vous n’avez plus de garde fou. Si vous commencez à avoir peur, vous reculerez forcément. Il existe des barrières psychologiques  très intéressantes à franchir.  

    JEAN

    Nous allons parler de ton nouvel ouvrage « Horizon Dakota ». Tu es parti de Fort Benton dans le Montana avec très peu d’argent, en achetant tout sur place, y compris ton canoë et jusqu’à faire confectionner ta tente. Je ne crois pas me tromper en disant que tu parti avec les yeux d’un homme blanc. Tu avais déjà voyagé là bas, mais tu y es allé pour découvrir encore plus.

    Qu’est ce qui t’as le plus marqué sur les réserves ? Attention, concernant ce mot j’entend encore des bêtises. Parfois, certains les imaginent comme des camps surveillés, mais pas du tout, les territoires sont par exemple aussi grands que la Sarthe. On y trouve des villes, des villages, il faut prendre sa voiture pour s’y déplacer, ce n’est pas une prison. 

    Je vais aussi préciser que l’année dernière, ton film a engendré une polémique en France, parce que certains pensaient que tu exagérais sur la violence qu’il régnait sur les réserves. 

    PHILIPPE

    Le plus surprenant, c’est de parcourir 2000 kilomètres sur le Missouri sans jamais rencontrer d’amérindiens près de la rivière. J’ai rencontré des américains assez riches sur des bateaux de luxe qui arpentaient les lacs des montagnes rocheuses, devenues un peu la french riviéra ou côte d’azur des américains, ou ceux des plaines.   

    Tout se passe dans le Nord des Etats Unis, sur trois états, le Montana, le sud et le nord Dakota. Le Missouri fait 4000 kilomètres, il coule jusque dans les états comme le Mississipi.  J’ai parcouru une section de la rivière assez dénaturée par l’homme blanc puisqu’il y avait beaucoup de barrages. Ces constructions surdimentionnées anéantissent la biodiversité.

    Le fait d’être en canoë a été une bonne approche pour entrer dans ces territoires amérindiens. J’ai été surpris par l’accueil chaleureux des américains qui vous invitent, vous protègent, mais dès que l’on aborde le sujet des amérindiens, il y a des réflexions dures. Je me souviens de celle, surréaliste, d’un des pêcheurs que l’on voit dans le film, quand je lui ai posé la question sur le sujet, et qui m’a répondu qu’un bon indien est un indien mort. Et c’était pourtant quelqu’un de très sympa qui m’a vraiment aidé, et  avec qui je me suis lié d’amitié.

    JEAN

    Comment peux tu expliquer qu’un américain puisse, encore de nos jours, prononcer une telle phrase ? 

    PHILIPPE

    C’est difficile à dire, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a des villes pas très loin des territoires amérindiens, à environ 30 kilomètres,  Les amérindiens ne sont pas vraiment acceptés dans ces villes, et les américains non jamais mis les pieds non plus dans une réserve…. ils ne savent même pas comment vivent les autochtones. C’est probablement de cette ignorance que naît la peur et l’appréhension. Il faut rappeler que près de 95 % de la population amérindienne a disparu à cause de l’extermination par l’homme blanc, ce qui est énorme. Lorsque vous questionnez les gens sur l’histoire, sur certaines batailles, ou sur le tristement célèbre massacre de wounded knee, et bien ils refusent de répondre, comme s’ils voulaient oublier. Les américains n’ont pas vraiment d’histoire sauf celle basée sur un génocide, c’est pourquoi est très difficile d’aborder le sujet.

    QUESTION

    Bonjour, vous n’avez pas répondu à la question à propos de la violence…..

    PHILIPPE

    Pour revenir sur le sujet de cette polémique, j’ai passé un mois dans le territoire de Fort Peck , en allant dans différents villages, et, effectivement, j’ai eu beaucoup de témoignages de personnes amérindiennes ou non, sur la violence qu’il pouvait y avoir au sein des familles.

    Pour un gros pourcentage d’entre eux, ce sont les conséquences de ce génocide, qui génèrent des dépressions, c’est en tout cas une des raisons avancées, et Dakota disait que les réserves sont perçues encore comme des camps de concentration.

    J’ai pu constater, lors d’une interview, que certaines personnes en France sont restées sur l’image du folklore et de la sagesse amérindienne, aussi quand on leur parle de violence, ils sont choqués. C’est aussi la raison pour laquelle, j’ai fait venir en France Dakota High Hawk, pour moi, le prolongement de cette aventure en canoë, du film, du livre, c’était la rencontre avec un amérindien, car je n’en suis pas un, et je voulais qu’il puisse parler de ses conditions de vie. Il est venu, et nous avons participé à 15 conférences/débats, avec des questions parfois tordues. Certains pensaient que j’avais sorti de la forêt, un amérindien à exhiber.

    La polémique a tellement enflé que la seconde tournée a dû être annulée, à cause de français amoureux des peuples des premières nations, qui ont réussi à stopper sa venue. La vérité n’est pas toujours belle à admettre…

    JEAN

    Je voulais parler de cette polémique, parce qu’il existe des blancs qui se disent rouge à l’intérieur. Vous pouvez voir des festivals avec des individus qui se font passer pour des amérindiens et obtenir ainsi, une certaine reconnaissance. 

    Nous avons des spécialistes du monde amérindien ici même qui connaissent le problème. Les natives en ont assez de voir des pseudos cérémonies, vous avez aujourd’hui des chamanes qui organisent des huttes de sudation à 200 euros la demie heure pour chasser les mauvais esprits de votre corps. Fuyez ces escrocs ce sont des usurpateurs, ne cautionnez pas ces pratiques !  

    L’autre jour, Agnès était en larmes, à propos de l’émission « Des gens extraordinaires » Il y a deux ans, pendant les vacances de noël, une personne, agent immobilier, se prétendait descendant de Sitting Bull, il portait une coiffe et un pagne, partait en boîte de nuit et au supermarché, habillé ainsi.  Elle a appelé TF1, a envoyé un mail, mais évidemment, nous n’avons eu aucun retour. Ceci n’est plus possible, c’est un manque de respect vis à vis des Natives, le débat est sans fin…

    L’oppression continue : le 1er mai dernier, à midi (HL), trois hélicoptères de combat du 7ème régiment de cavalerie ont survolé le site de Wounded Knee dans la réserve Lakota (sioux) de Pine Ridge (Sud Dakota). L’un d’eux s’est même posé à 15 mètres du cimetière, mais c’est sous un déluge de pierres que les Lakotas les ont forcé à redécoller. 

    Nous ne sommes pas là, pour dire que les blancs sont mauvais et les indiens gentils, non ! Comme chez eux, il y a des bons et des mauvais esprits.  Chez les blancs, certain(e)s vont oeuvrer, comme Patricia avec son association « La Tribu Calumet » comme plein d’autres, comme toute la « Team » qui me soutient. 

    On me demande parfois comment aider, et comme j’en parlais avec Patricia tout à l’heure, il est très difficile de monter un projet, car certaines associations pas toujours fiables, ont tendance à tirer la couverture à elle, les indiens çà fait rêver. 

    On s’est battu pendant un mois pour Philippe, on l’a défendu. Très honnêtement, il y a des mots que je ne peux pas répéter ici, Il s’est fait traiter de tous les noms sur internet.  Kevin (nation Crow), lui même, nous a confirmé cette réalité des réserves, même si tout n’est pas noir, loin de là, et son livre nous le raconte fort bien. 

    PHILIPPE

    En partant dans les territoires sioux, je me suis dit, quelque part, que j’allais ressortir de cette expérience, avec un peu de leur sagesse, cette sagesse dont nous avons besoin, nous les occidentaux. Mais, en tant que blanc, est ce qu’en « m’invitant » avec ma caméra, je ne reproduis pas le même processus « d’envahissement » ?

    Quelle démarche faut-il avoir ? C’est pour cela que j’ai voulu tout d’abord vivre une expérience personnelle, et qu’ensuite j’ai posé ma caméra devant les personnes que je croisais.  Kévin a dit une chose qui m’a touché en m’expliquant que ma démarche avait permis d’amener les européens aux natives. C’était mon but, leur laisser la parole, puisqu’il n’est pas toujours facile pour eux de venir à nous.

    Il est vrai que nous marchons toujours sur un fil, on ne sait pas toujours quelle est la bonne démarche, c’est un sujet brûlant.

    QUESTION

    Quel est ton prochain défi ?

    PHILIPPE

    Comme on a pu le voir dans le film, je ne crois pas que je remonterai dans une embarcation. A force de pousser ses limites, à un moment donné, on ne passe pas très loin de la catastrophe. 

    Je ne partirai certainement plus si longtemps, comme vous avez pu le constater je ne suis plus tout seul, j’ai aujourd’hui un enfant de 9 mois, cela fait réfléchir. 

    Mais les voyages continueront. Je dois traverser l’Islande au mois de septembre avec un ami non voyant. Ce qui va être intéressant c’est qu’il n’emmène pas son chien guide, on va se retrouver main dans la main, je serais son guide pendant 450 kms, et ce, pendant un mois. J’ aimerais tourner un film, pour savoir comment il peut percevoir l’univers autour de lui. 

    J’ai aussi d’autres projets de réalisations avec des acteurs. Le prochain va s’appeler « la grotte », je n’en dis pas plus, mais ce sera comme une porte secrète qui ouvrira sur le monde naturel. 

    Le maire de Brûlon Daniel Coudreuse

    Le petit mot d’abord, c’est que Brûlon s’excuse de ne pas vous apporter le soleil. Je l’ai bien cherché ce matin…  
    en vain ! Mon deuxième petit mot, c’est pour remercier Jean. Cela nous fait chaud au cœur de voir autant de monde autour de nous, de sentir l’authenticité du camp.
     

    Nous avions rêvé ce camp, puis l’avons créé, ce n’était pas un long fleuve tranquille, mais nous pouvons parler maintenant de réussite

    Voilà enfin le soleil. 

    Chacun a parlé de son expérience, je vais vous parler un peu de la mienne. Brûlon est une commune de 1511 habitants, nous comptons 700 emplois, Notre côté insolite est bien sûr ce camp indien, le plus grand d’Europe, mais nous avons aussi une cabane dans les arbres, sa fréquentation tourne bien une roulotte et bien d’autres choses à découvrir. A brûlon, vous êtes au berceau de la communication moderne. J’ai publié un livre sur le sujet pour ceux qui seraient intéressés.

    Ici, est né Claude Chappe, l’inventeur du télégraphe, et du télégraphe est né le portable. Il y aurait beaucoup à dire, mais je vais m’arrêter là. Merci à Jean, à Agnès, aux natives, et à vous tous, si j’avais une prière à faire en ce jour du Prayer's day, elle irait à Jean pour qu’il reste encore longtemps ici avec nous. 

    Merci

    comme tous les ans Nora ouvre cette journée

      Jean Drussel (le maître des lieux), p'tit loup (Cédric Charpentier-adopté depuis son plus jeune âge par un native), Kevin Dust (Crow), Kendall Old Elk(Crow)
    Kevin Wiley Mustus (Stoney), Darcy Singer (Blackfeet), Timothy Reevis (Blackfeet)

      

     

    Jean

    Je voulais remercier p’tit loup qui nous aide, afin que le camp gagne en notoriété avec les natives. Merci à Kévin qui s’investit vraiment dans le camp, nous avons appris à nous connaître encore mieux cette année. Il vient souvent en ami passer des week-end avec nous. Maintenant, nous avons Wiley sur les week-end amérindiens. 

    J’espère que les personnes qui ont une casquette " Native Pride " savent à quoi cela correspond, et que d’avoir des natives pour ami(e)s se mérite. C’est une route compliquée, et comme tu me le faisais remarquer Daniel, dans l’ancien camp j’avais une native. Je me suis battu pour qu’ils se sentent ici chez eux, et lorsque j’ai rencontré Agnès, nous avions tous les deux la même envie. Lorsque Kave vient ici, il nous dit souvent que c’est sa seconde " home ", cela nous fait plaisir. 

    Un peu de discipline Mr Dust, justement regardez un indien aujourd’hui, il est comme vous, il porte un tee shirt, un pantalon, (regardant dans les poches de Kevin), tiens il y a même un portefeuille.

    Kévin :

    Héhé !!!! arrête. 

    Kave (Kévin) et Wiley adorent être avec les enfants. J’aime quand ils se présentent à eux en disant : " regardez moi, çà c’est du Native ". Je me rappellerai toujours d’une anecdote avec Kave, quand je suis allé le chercher à la gare, nous sommes ensuite entrés dans un magasin à Sablé, et à la caisse il y avait une femme qui le regardait , alors s’adressant à elle : " touche, c’est du native ". 

    JEAN

    Nous allons accueillir Maeva, qui danse en France pour la première fois. Peux tu nous dire de quelle nation tu es ? 

     

    MAEVA

    Bonjour, Je vis en France et je suis ojibway du Canada, de Hull à côté d’Ottawa. 

    JEAN

    Vous la retrouverez tout à l’heure avec les autres pour les démonstrations de danses amérindiennes. Je vais vous dire également que Kave est le seul Native que nous avons voulu massacrer, Agnès et moi. Il est venu dormir à la maison. Nous avons un chien, c’est un bouledogue français, et tout le monde sait qu’il respire très fort et ronfle terriblement. Et bien nous avons trouvé pire, Kave ronfle comme un bison. 

    KAVE 

    Oui, mais nous savons que l’homme blanc ment, c’est Agnès et le chien qui ronflent, et comme c’est aujourd’hui le prayer’day, nous interprèterons une chanson de plus pour le chien. 

    JEAN

    Avez-vous des questions ? Tim, viens nous parler de ton nom indien, quel est il  ?      

    TIM  

    4ème fils du tonnerre 

    JEAN  

    Justement en parlant de noms indiens, y a-t-il un mythe sur les noms, est ce folklorique, sérieux ???? Pourquoi et comment vous sont ils attribués ? 

    TIM    

    Cela dépend de la personne, il faut le mériter et c’est très sérieux. Tu as aussi un nom quand tu deviens un homme. 

    JEAN

    Je ne sais pas si vous pouvez voir la carte que je tiens à la main, elle appartient à Tim. Il est inscrit bien sûr " blackfeet indian reservation " son nom : Tim Reevis, son numéro, mais là, où il y a une chose qui me choque, c’est le degré de sang. Peux tu nous expliquer ! Cette carte est en plus ta carte d’identité américaine

    TIM

    C’est une carte que tu reçois quand tu déclares que tu es indien. Il y a des tests sanguins pour connaître ton pourcentage de sang indien dans les veines

    JEAN

    Vous imaginez que nous ayons la même chose sur notre quota de sang breton, corse…

    Question 

    Qu’est ce que cela change d’avoir plus ou moins de pourcentage de sang ? 

    JEAN

    Moi je peux répondre par rapport aux Lakotas. Il y a eu 65 traités signés et non respectés. La cour des Etats Unis d’Amérique demande aux amérindiens s’ils veulent déposer un recours en justice, par exemple, pour des terres volées, mais pour cela, ils doivent prouver 4 générations de sang pur.

    Un procès a été gagné l’année dernière, dans la réserve de Pine Ridge, où justement une femme a pu prouvé sa lignée sur 4 générations. 

    Question 

    Combien de tribus reste-t-il exactement ? 

    KENDALL 

    Il existe 500 tribus différentes partout aux Etats Unis qui ont leurs propres noms et dialectes. Ce chiffre est probablement plus proche de 300 aujourd’hui. 

    JEAN

    Oui, en effet, 8 millions et demi d’amérindiens ont été exterminés. On peut parler de génocide. Nous avons une exposition exceptionnelle qui est à demeure maintenant. Elle m’a été donnée à Dinard lors d’un festival, elle a fait 70 000 visiteurs en un mois. Son thème " on les appelait sauvages ". Je sais que Tim et Kave ont été très touchés. C’est Kave qui l’as inauguré. 

    Vous allez y trouver des choses ahurissantes. Des personnes en ressortent effondrés sur tout ce qu’ilS ont pu y découvrir : la guerre bactériologique, le scalp….etc…  

    Question ….du secrétaire de La Tribu Calumet 

    Comment doit-on les nommer : native, amérindien, autochtone ? nous avons, Patricia et moi même, un ami Mohawk très fier qu’on l’appelle sauvage. Comment, nous européens, devons nous les définir ? 

    KAVE 

    On nous appelle native américain, c’est le nom le plus populaire que je connaisse, sinon indien. Mais nous préférons native américain. Le mot indien d’une erreur historique lors de la venue de Christophe Colomb. 

    Question 

    J’aimerai savoir comment se positionne la jeune génération par rapport à leur culture, sont ils conscients qu’ils peuvent transmettre et que la culture peut se perdre ? 

    TIM 

    Ma génération est consciente de l’importance de garder notre culture, notre tradition, et notre mode de vie…comme il est important que notre langue obligatoire dans l’école publique de la réserve, soit maintenue. Si un français vient chez nous, il pourra l’apprendre. 

    Question 

    J’ai eu l’occasion de voir Kevin pratiquer la Hoop Dance. J’aimeraiS savoir de quand date cette danse ? 

    KENDALL

    Cela fait depuis 50 à 60 ans qu’elle existe, Elle est de plus en plus populaire. Ce sont les Taos Peublos dans le sud ouest de l’Amérique qui ont commencé à la danser. Elle est devenue tellement populaire, qu’à Phoenix Arizona, il existe un concours spécifiquement dans cette catégorie. 

    JEAN

    Il y a des femmes qui pratiquent également la Hoop Dance, et nous espérons aussi pour l’année prochaine en avoir une, mais ce n’est pas facile de faire correspondre les disponibilités de chaque native. 

    Kave, tu fais tout à l’heure cette dance avec combien de cerceaux ?

    KAVE 

    19 ou 50 peut être…. 

    Question 

    A la fin du 19ème siècle, la danse des esprits inquiétait le gouvernement américain. J’aimerai savoir si elle est toujours pratiquée aujourd’hui.

    JEAN

    Les amérindiens ont fait croire que les balles ne pouvaient pas les traverser. Ceux qui géraient les réserves ont pris peur. On a ordonné l'arrestation de Sitting Bull pour stopper cette danse, c'est à ce moment qu'il a été assassiné, mais un flou subsiste quant aux responsabilités, qui n'a jamais été vraiment élucidé.

    TIM

    Oui, elle existe toujours dans certaines cérémonies. Elle ne se danse pas pendant les Pow Wow, parce qu’elle est sacrée et privée. Elle était très populaire, un peu moins aujourd’hui, mais elle se danse toujours.

    Après le mini débat entre les Natives et le public, eut lieu l’après midi les démonstrations de danses amérindiennes. Après l'entrée, nous eûmes droit à la…..
    grande prière…enfin…si l’on peut dire, puisque Kendall demanda solennellement aux spectateurs (certaines debout sur une chaise), de se tourner vers l’Est, puis la main sur le cœur, de tendre le doigt vers l’horizon, en répétant consciencieusement « I am…. »…et tandis que l’assemblée disciplinée répétait les paroles sacrées, il continua « I am E.T… »….stupeur passagère, et hilarité générale…nous venions d’avoir un aperçu de ce qu’est l’humour amérindien, mais place aux photos des danseur(e)s

     

     

    LES 7 PHOTOS AU DESSUS ONT ETE PRISES PAR PATRICK FAUSTINO  

    Le maire : Daniel Coudreuse

                                                                                                Photos de droite de Patrick Faustino

    SPECTACLE EQUESTRE SUR L'IMPORTANCE DU CHEVAL CHEZ LES AMERINDIENS

                                                                                                                                                     

    photo de Patrick Faustino

     

     Un grand remerciement à Jean et Agnès, pour avoir organisé la tombola de ce Prayer’s day, en faveur de notre association, un geste qui nous a touché !<o:p></o:p>

     REPORTAGE DE

     

     

     

      

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